CONCLUSION GÉNÉRALE
Le grain de Sorgho se prête à la fabrication de la bière et de l'alcool avec un rendement favorable.
Les glumes plus ou moins foncées, résidu de battage, de meunerie, de brasserie ou de distillerie, contiennent une matière colorante qui donne, avec des mordants variés, toute une gamme de teintes aux tons chauds qu'il serait intéressant d'appliquer aux travaux d’art, en tapisserie et dans le vêtement.
Les Sorghos sont aussi des fourrages de premier ordre. Certaines variétés ont l’avantage d’être beaucoup plus résistantes à la sécheresse que le Mais. D’autres résistent mieux au froid que ce dernier.
On peut cultiver le Sorgho sucré hâtif de Minnesota jusque dans la région parisienne, le Douro ou Dari y mûrit ainsi que plusieurs autres variétés hâtives, par les années favorables.
Le seul inconvénient, c’est qu'il ne faut jamais faire consommer aux animaux les Sorghos jeunes et non passés fleurs. Ces plantes, qui contiennent un glucoside cyanogénique, sont toxiques pendant leur jeune âge. Cette toxicité disparait après la floraison. Le danger a complètement disparu au moment où le grain est en pâte épaisse. Le Mil à chandelles, qui est un excellent fourrage, a l'avantage de résister à la sécheresse et de n'être jamais toxique. Il mûrit également dans la région parisienne par les années favorables.
Les Sorghos sucrés produisent également une appréciable quantité de sucre qui permet de les utiliser pour la fabrication du sirop de Sorgho, des confitures, des boissons fermentées et de Palcool,
Le résidu de cette fabrication donne une pâte à papier qui serait très intéressante si on y ajoutait quelques fibres plus longues, et qui telle quelle est analogue aux pâtes de paille et de Mais.
Le Sorgho à balai, cultivé dans les vallées du Rhône et de la
. Garonne, gagnerait à être développé en Afrique du Nord qui en importe pour ses petites fabriques d'Oran, d’Alger, de Constantine et de Bône.
. La culture du Sorgho devrait être améliorée dans nos colonies.
En Afrique occidentale française, où c’est possible, on ferait du Sorgho comme assolement de l’Arachide et du Côton. Les noirs devraient être dotés de petites charrues légères traînées par des ânes et d’un petit matériel agricole approprié à ces animaux : herses, semoirs ete... L’homme quintuplerait ainsi son rendement et nous pourrions importer du Sorgho de ces régions.
Il faudrait compléter cet outillage agricole par une petite meunerie peu encombrante, mue à l’éolienne ou au moteur à gaz pauvre, alimenté par un générateur vivant sur le pays, aux coques : d’Arachides, à la paille de Mil et aux déchets divers, ou encore au moteur à huile végétale.
Il faudrait également construire là-bas des silos désinfectés pour conserver les grains à l’abri des parasites. |
Nous aurions ainsi en Afrique occidentale française un grenier à grains de premier ordre qui nous permettrait de libérer nos terres à Blé, d'importer moins de l’étranger et d'améliorer notre change.
Je sais bien que ce programme n’est pas l’œuvre d’un jour, mais c’est en semant des idées et en agissant qu’elles’ se Lie et que la vie s'améliore.