CONCLUSION GÉNÉRALE
Il semble que le genre Sorghum doive être séparé du genre Andropogon.
Le genre Sorghum “est caractérisé par une inflorescence en panicule ;
Le genre Andropogon par une inflorescence en faux épi. Tous les Sorghos produisent dans leur jeune âge un glucoside cyanogénique, la « dhurrine »,
D'autre part, Fimportance-de ce groupe et de ses nombreuses variétés entre lesquelles tous les intermédiaires existent, plaide en faveur de cette manière de voir.
Nous admettrons dans le genre Sorghum deux espèces":
19 L’une sauvage, le Sorghum Halepense, Pers. ;
20 [autre cultivée, le Sorghum vulgare, Pers.
Ces deux espèces donnent de très nombreuses variétés qui ont été énumérées plus haut.
Le Sorgho est une des plantes les plus anciennement cultivées. Comme le Blé et le Riz, elle a été modelée par les hommes suivant leurs besoins.
De Candolle penche pour une origine africaine. Un Sorgho sauvage trouvé par Schmidt dans des terrains arides de l'ile San- Antonio, de l'archipel du cap Vert, lui parait être la véritable origine des Sorghos cultivés.
Aug. Chevalier a trouvé au Soudan un Sorgho sauvage, voisin
du Sorgho annuel du Cordofan de Souakine, Sorghum halepense æthiopicum, Hackel, de Schweinfurt, qu'il croit être l’ancêtre des Sorghos cultivés. Plusieurs Sorghos sauvages cités ici sont dans ce cas.
On peut dire que l'Afrique renferme à peu près toutes les formes des Sorghos cultivés.
L'Inde et la Chine ont aussi de grands espaces cultivés en So. ghos depuis la plus haute antiquité.
Bien que les Egyptiens n'aient pas figuré ces plantes dans leurs tombeaux, on peut penser qu’elles ont dû servir à la nourriture de leurs classes pauvres.
Il semble que dans les bas-reliefs du palais de Sennachetib, rapportés de Kouyoundjik (ancienne Ninive) au Musée britannique par Layard, on trouve un très intéressant document figuré de ces plantes (pl. 1, A) et aussi du Mil à chandelles var. Mil en massue (Pennisetum typhoiïdeum Rich.) (pl 1, A).
Par leur abondance et leur régularité dans les motifs sculpturaux On voit bien qu'il s’agit de plantes cultivées très familières aux populations de ces époques reculées.
Aujourd’hui on peut dire que le Sorgho est répandu dans presque toutes les parties chaudes et tempérées du monde entier. Les Américains en ont fait un sujet d’acclimatation rationnelle et de sélection de valeur telle, qu'ils ont pu rendre habitables et prospères des pays desséchés, impropres au Maïs et au Blé.
Les Sorghos à grains se prêtent en effet à la culture en terrains secs. Certaines régions de notre Midi et de nos colonies gagneraient à développer Pacclimatation des meilleures variétés.
Les grains de Sorgho ont une valeur alimentaire intermédiaire entre le Blé et l’Avoine. :
90 kilogrammes de Sorgho valent 100 kilogrammes d° Avoine et 100 kilogrammes de Sorgho valent 90 kilogrammes de Blé.
La farine de Sorgho seule n’est pas panifiable, mais mélangée jusqu’à 20 et 25 p. 100 dans la farine de Froment elle se prête très bien à la fabrication du pain. Nous en avons mangé pendant la guerre et en Italie on en incorpore encore dans le. pain.