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Le Sultan repoussa les deux demandes et Mehemet- Ali prenant pour prétexte une affaire de contrebande favorisée par son voisin le Pacha de Saint-Jean-d’Acre, jeta ses armées, en octobre 1831 sur la Syrie, 50.000 hommes et son fils Ibrahim. Celui-ci enleva Saint-Jeand’Acre (27 mai 1832) et Damas (14 juin 1832), puis le Sultan se refusant toujours aux concessions et considérant Mehemet-Ali comme un sujet rebelle, Ibrahim franchit le Taurus, passa en Asie-Mineure et infligea à Konieh (21 décembre 1832) une telle défaite aux Turcs qu'il put pousser ses avant-gardes jusqu'à Brousse et jusqu’à la mer de Marmara.
Mais la victoire d’'Ibrahim devait émouvoir l’Europe entière. En effet, le Sultan affolé, voyant déjà les Egyptiens à Constantinople, demanda l’aide du Tsar. Nicolas 1° envoya une escadre et 15.000 hommes qui occupèrent les rives du Bosphore. Cette occupation alarma au plus haut point l'Angleterre, la France et l'Autriche qui craignirent que ce ne fût le premier acte de l’établissement du Protectorat russe à Constantinople. Aussi pressèrent-elles le Sultan de désarmer Mehemet-Ali par des concessions. Le Sultan céda et par le traité de Koutaieh (5 mai 1833) il accorda à Mehemet-Ali le gouvernement de la Syrie et du district d’Adana.
Mehemet-Ali se trouvait ainsi à la tête d’un empire qui réunissait l'Egypte, la Nubie, le Haut-Nil (1818- 1820), l'Hedjaz (1811-1818) et la Syrie, véritable empire plus redoutable que l’Empire turc.
La signature de la paix obligea le Tsar Nicolas à rap- : peler ses troupes. Mais son intervention lui rapporta tout le profit qu'il en attendait : il signa à Unkiar-Ske-
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lessi (8 juillet 1833) un traité d'alliance, dans lequel il promettait au Sultan toutes les troupes nécessaires à sa défense. Le Sultan s’engageait de son côté à fermer la Mer Noire à tous vaisseaux de guerre autres que les vaisseaux russes et se transformait ainsi en une sorte de protégé russe. Cette alliance fut un des faits essentiels de la question d'Orient, car elle détermina la politique ultérieure des grandes puissances à l’égard de la Turquie, à savoir empêcher le Ysar de remplir son rôle de protecteur, en mettant à leur tour la Turquie sous leur propre sauvegarde. Ceci explique l'intervention de 1840, dans le second conflit Turco-Egyptien.
En effet, cinq ans plus tard, Mahmoud tenta de reprendre la Syrie. Mais dès son entrée en campagne, bien que réorganisée à l’européenne, l’armée turque forte de 100.000 hommes, fut en deux heures détruite à Nezib, sous les yeux de son principal instructeur, le futur maréchal de Moltke. Le vainqueur, Ibrahim, ramassa 12.000 prisonniers, 25.000 fusils, et plus de 160 canons (24 juin 1839). Quand la nouvelle du désastre parvint à Constantinople, Mahmoud venait de mourir (1” juillet), laissant pour héritier un enfant de seize ans, Abdul- Medjid. Le capitan-pacha, l'amiral de la flotte ottomane, conduisit ses vaisseaux à Alexandrie et les livra à Mehemet-Ali. L'empire Turc semblait sur le point de tomber au pouvoir du pacha d'Egypte.
Redoutant qu’en vertu du traité d’Unkiar-Skelessi la Russie n’occupât Constantinople, l'Angleterre et l’Autriche proposèrent en hâte une intervention collective des puissances et le règlement par ces puissances du conflit turco-égyptien. La France, la Russie et la Prusse ac-
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ceptèrent. Mais la France très favorable à Mehemet-Ali, cherchait à lui assurer de larges avantages. Par contre l'Angleterre était hostile au pacha, parce qu'elle ne voulait pas laisser former à mi-chemin de l’Inde un empire puissant où dominerait l'influence française. En fin de compte l'Angleterre l’emporta. Palmerston détermina le Tsar, mal disposé pour Louis-Philippe, et avec lui les gouvernements d'Autriche et de Prusse, à règler par le traité de Londres, à l’insu du gouvernement français, le conflit turco-égyptien.
Le traité de Londres du 15 juillet 1840, sanctionne l'indépendance de fait de l'Egypte vis-à-vis de la Turquie. Il confie à Mehemet-Ali, le gouvernement de l'Egypte à titre héréditaire et le gouvernement de Saint- Jean-d’Acre et le sud de la Syrie, à titre viager. Seulement l'acte séparé annexé à la convention, stipulait les conditions suivantes :
« Si dans le délai de dix jours, fixé ci-dessus, Mehemet-Ali n'accepte pas le susdit arrangement, le Sultan retirera alors son offre d'administration viagère du pachalik d’Acre, mais Sa Hautesse, consentira encore à accorder à Mehemet-Ali pour lui et ses descendants en ligne directe, l’administration du Pachalik d'Egypte, pourvu que cette offre soit acceptée dans l’espace des dix jours suivants, etc... » art. 2.
Mehemet-Ali, repoussa d’abord ces conditions, et en vertu de l’acte séparé, les puissances décidèrent de ne plus lui laisser que l'Egypte. Sous la menace du bombardement d'Alexandrie, il se soumit.
La situation internationale de l'Egypte venait ainsi d’être définie par le traité de Londres. Celle du Soudan
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allait bientôt être définie, par le Firman du 13 février 1841, qui sanctionne le susdit traité. Ce Firman est le premier acte juridique qui reconnaît à l'Egypte la possession du Soudan. Voici le texte traduit :
Constantinople, 21 zilhidje 1256.
(13 février 1841).
A mon vizir Mehemet-Ali pacha, gouverneur d'Egypte, à qui je confie à présent l’administration des provinces de Nubie, Darfour, Khordofan et Sennâar.
Ainsi qu'il à été dit dans une autre ordonnance impériale, j'ai jugé à propos de te réintégrer dans le gouvernement de l’Egypte comprise dans ses limites connues et d’y ajouter l’hérédité sous certaines conditions. De plus, j'ai pris la gracieuse résolution de t’accorder, sans l’hérédité, le gouvernement de Nubie, Darfour, Khordofan et Sennâar, avec toutes leurs annexes situées hors des limites de l'Egypte, e. J'ai rendu à ce sujet une ordonnance impériale.
« Tu t’appliqueras donc, par suite de ton habileté et de ta sagesse, à administrer et à faire prospérer ces pays, conformément à mes instructions pleines de justice, et à assurer le repos et le bien-être de leurs habitants. Tu soumettras aussi à Ma Sublime-Porte une liste exacte des revenus annuels desdites provinces. x
Les incursions que les troupes ont coutume de faire, de temps en temps, dans les villages des pays ci-dessus nommés, et par suite desquelles les individus jeunes et vigoureux des deux sexes sont faits captifs et restent entre les mains des soldats, en payement de leur solde, entraînent nécessairement la ruine et le dépeuplement de ces contrées et sont contraires à Notre sainte loi et aux maximes de la justice.
Comme donc cet usage, ainsi que celui de réduire quelquesuns desdits captifs à la condition d’ennuques est, sous tous les rapports, opposé à Ma Volonté Impériale, et qu’en général de