PROJET DE NOUVELLES EXPLORATIONS
En 1856, sous Saïd Pacha, une nouvelle expédition organisée à grand bruit intitulée fièrement: « Expédition définitive », fut placée sous les ordres de d'Escayrac de Lauture qui avait accompli un voyage au Kordofan et au Sennar, el publié sur l'Afrique des études, qui aujourd'hui encore sont lues avec profit.
Treize Européens, et un Américain devaient y prendre part. Elle emportait trente-six chariots démontables. Saïd Pacha mettait deux vapeurs à sa disposition. Des équipes de pontonniers, de sapeurs, de charpentiers y figuraient: 300 hommes composaient l’escorte. Un questionnaire très précis avait été rédigé par une commission composée de membres de l'Instütut (1). Mais l'expédition se disloqua avant même de quitter l'Égypte, et cet échec donna raison à Petermann qui avait toujours douté du succès (2).
Estl besoin de rappeler d’où vint la solution du problème des sources du Nil? Beke en Éthiopie, Krapf en Afrique orientale avaient l’un et l’autre entendu parler par les indigènes de l'existence d’une grande mer intérieure. Krapf n'avait pas hésité dès 1851 à déclarer que c'était Là qu'il fallait chercher l’origine du Nil. Très frappé de la concordance de ces aflirmations d’origine
diverse, deux anglais Speke, et Burton, déjà rompus aux
Nous ignorons si ces mesures furent prises; en tout cas, elles furent inefficaces. D'ailleurs, Lemoyne, consul général de France en Égypte, « laissait peu d'espoir » à Jomard sur l'envoi d'une nouvelle expédition.
(1) Voir une longue notice sur cette expédition. Bull. Soc. géogr., 1856,
(2) Miütteilungen. 1856, p. 342. — Peney informe la Société de géographie de Paris de l'échec de l'expédition. Bull., 1858, XVI, p. 447.
explorations, le premier par son voyage dans l’hinterland de Las Gori, à l'extrémité de la « Corne de l'Afrique », le second par son voyage au Harrar, résolurent d’en vérifier personnellement le degré d’exactitude. On sait qu'ils découvrirent ensemble le Tanganika, puis que Speke part seul pour le nord, découvrit le 30 juillet 1858 un second lac, qu'il nomma Victoria. Dès ce jour, il était convaincu que l’eau qu'il voyait là, sous l'équateur, et celle qui féconde l'Égypte, passe au Caire et se déverse dans la Méditerranée, étaient la même.
De retour à Londres, sa première visite fut pour le Président de la Société Royale de Géographie, Yéminent Sir Roderick Murchison. Il lui expose ses conjectures, lui explique ses croquis et réussit si bien à le convaincre, que Murchison finit par s’écrier: Speke, nous allons vous renvoyer là-bas » (1).
Speke repartit avec Grant en 1860. Ils atteignirent Kazé (Tabora), suivirent la rive occidentale du lac Victoria et séjournèrent dans l’Ouganda. Le 98 juillet 1862, Speke voyait le Nil sortir du lac Victoria et franchir la chute qu'il baptisa Ripon Falls: « Maintenant, écritl, à cette date dans son journal, l'expédition a accompli sa tâche. Je sais à n'en pas douter que le Nil, l'ancêtre auguste, nait dans le Victoria Nyanza. Ce lac, comme je l'avais prédit, est la grande source de la rivière sacrée » (2).
Speke vit le Nil une seconde fois en novembre 1862, à
(1) « Speke we must send you there again. » Journal of Discovery, phiar (2)-Ibid., p. 467.