CHAPITRE PREMIER
Les limites territoriales du Soudan Égyptien sous Mehemet Ali.
Si considérable qu’en fût l'étendue, les territoires conquis en 1822 ne formèrent que le noyau du Soudan Égypüen.
Pachas puis Khédives augmentèrent continuellement l'étendue de leur domination en Afrique. Et même à l’instant où le Mahdi commençait déjà à ébranler tout l'édifice, et le faisait chanceler sur ses bases, on l’accroissait de constructions nouvelles (1).
Pendant les trois premiers quarts du xix° siècle, les puissances européennes ne convoitèrent pas les contrées
africaines avec l’âpreté dont elles témoignent présentement.
(1) Ce fut en 1881 que le district de Mombouttou, sur la rive gauche du haut cours de l'Ouellé, fut annexé à la Province Equatoriale. Vrra Hassan. Die Wahrheit über Emin Pascha, I, p. 85. — Hassexsreix. Bohndorffs Reisen. Petermann's Mittheilungen, 1885.
Elles n'avaient point encore conclu entre elles ces conventions, grâce auxquelles la carte politique de l'Afrique reflète, pour ainsi dire, celle de l'Europe occidentale et centrale. Tandis qu'aujourd'hui les progrès d’un simple explorateur provoquent l'attention des chancelleries, les Égyptiens pouvaient s’avancer hardiment et à leur guise, sans crainte d'émouvoir les diplomates.
Aussi Mehemet Ali se considérait-il comme le possesseur virtuel des immenses contrées inconnues de l’Afrique (1) et s’ilse limita, ce fut uniquement par convenance personnelle. |
Sous son règne, le Soudan Égyptien s'agrandit seulement d’une manière notable vers l’orient, entre le Nil bleu et la mer Rouge.
Ni vers l’ouest ni vers le sud en effet ses limites ne
furent reculées.