‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 30 sur 130 · LIMITES MÉRIDIONALES · texte numérisé non relu

LIMITES MÉRIDIONALES

région montagneuse qui s'étend au sud d'El Obeïd, mais il n'en résulta pas d'occupation définitive: Vingt fois la montagne Daher fut prise; vingt fois elle fut reperdue (1). Elle était si peu conquise, qu'à El Obeïd régnait l'usage d'enchaîner les esclaves, au lieu de les laisser, comme ailleurs vaguer en liberté: tant on redoutait qu'ils ne gagnassent ce proche asile d'indépendance (2).

Le chef de toute la région nommée Tekele ou Tagala et située au sud-est du Kordofan avait consenti à payer tribut au gouvernement égyptien. Avant 1821, 1l était de même tributaire du sultan du Darfour. Mais les Égyptiens insatiables ne sachant pas borner leurs exigeances, 1l rompit tout rapport avec eux. D'EI Obeïd plusieurs expéditons furent dirigés contre lui, mais elles échouèrent et le Tekele recouvra une indépendance complète (3).

Des expéditions furent, comme l'on sait, envoyées par Mehemet Ah sur le Haut-Nil blanc.

On verra par la suite, qu'en raison de leur importance, une parie notable du présent ouvrage est consacrée à leur histoire et à leurs résultats. Mais leurs chefs avaient ordre d'explorer, non de conquérir. Aussi ne s’ensuivit-1l point

d'occupation de territoire. Sur ce fleuve la limite de la do-

(1) Pexey. Rev. d’Ethnographie, , p. 515-516.

(2) Horroy». Report on Nubia, cité par Bowring. Report on Egypt.,

(3) Russeccer. Reisen, IL, p. 154. — Parrue. Travels, p. 170-1. — Psxey. Loc. cit. — « Le Tégélé est un pays célèbre pour les combats qu'il

a soutenus contre les Égyptiens. » Munzinger, Ostafrikanische Studien, p. 258. — « Il est facile aux habitants de Kerad de gagner avec tout leur avoir le Tekele indépendant. » 1839. Korscuy. Pelerm. Mitteil. Ergänzungs-

band I, p. 512.

minalion égyptienne, peut être approximativement fixée au village d'EI Aës, situé par 14° de latitude nord (1). Quand, en remontant le Nil, les soldats égyptiens arrivaient en ce point, ils se considéraient en pays ennemi et chargeaient leurs fusils (2). Des Arabes nomades, qui paissaient leurs troupeaux en celte contrée, les uns, ceux qui parcouraient la rive gauche du Nil, payaent tribut à Mehemet Ali, les autres, ceux de la rive droite, s’y refusaient(3).

D'autre part, « dans leurs pirogues, qui vont aussi vite que les poissons }, les Chillouks indépendants osaient bien descendre jusqu'aux îles qui émergent du fleuve en cet endroit pour y chasser l'hippopotame et le cas échéant y

piller les nomades, mais non s’aventurer en aval (4).

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