I. — ASPECT GÉNÉRAL
Khartoum (2) était construite dans une plaine unie et
spacieuse, dont rien ne rompait la monotonie, ni une
(1) Wegxe. Expedition zur Entdeckung der Quellen des Weissen Nil, p-44-5.
(2) La langue de terre, au delà de laquelle s'unissent les deux fleuves, se nomme Ras el Khartoum, d’où le nom de la ville.
Le KHARTOUM
ondulation de terrain, ni un bouquet d'arbres. Elle ne s'élevait pas exactement au confluent des deux Nils, mais quelque peu en amont, sur la rive gauche du fleuve Bleu. Lorsqu'elle eut atteint son complet développement, Khartoum eut environ une longueur de deux kilomètres et demi le long du fleuve, et de quinze cents mètres de la berge vers l’intérieur des terres (1). À l'époque de Mehemet Ah sa forme était très irrégulière. Deux groupes d'habitations d’inégale superficie étaient séparés l’un de l’autre par une échancrure, dont une ligne brisée dessinait les contours. On pourra s’en rendre comple, en jetant les yeux sur le plan ci-joint. Plus tard, ce vide se remplit, de sorte que Khartoum affecta la forme d’un parallélogramme.
Son aspect différait peu de celui des grands villages d'Égypte. Les maisons bâties en briques d'argile séchées au soleil, ne comportaient pour la plupart qu'un rez-dechaussée sans étage. Elles étaient entourées d'une cour, qu'un mur en terre séparait de la rue (2).
Ces constructions manquaient de solidité. Sous l’action des pluies violentes de juillet et d'août, Q l'argile fondait comme du sucre » et les maisons s’écroulaient. Pour les rendre plus résistantes on avait l'habitude de crépir les murs d'un mélange de boue et de fumier (3), mais cette
étrange précaution ne prévenait pas les effondrements.
(1) Lieut.- colonel Srewarr. Some Notes on the Town of Khartoum, ils Population, Position, Manufactures, Trade and Education. Blue books Egypt., 1883, n° ES SD 20)
(2) {bidem, p. 31.
(3) Srewarr. Ibidem, p. 3x.
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