IV. — ROLE POLITIQUE ET COMMERCIAL
Malgré ses imperfections, Khartoum fut bien la capitale, la tête du Soudan égypüen. C’est à qu'étaient réglés tous les mouvements de ce grand corps.
Elle communiquait avec l'Égypte et avec les différentes parties du Soudan au moyen de lignes postales, dont le service très rudimentaire à l’époque de Mehemet Ali gagna plus tard en régularité et en rapidité (4).
Du Caire les lettres arrivaient deux fois par mois à
Khartoum : la distance de seize cents kilomètres était par-
(1) Feldzug von Sennar nach Taka, p. 4.
(2) Marquet à Rigolet, 12 avril 1879.
(3) Haxsaz. Oest. Monatsch. f. d. Orient, 1879. p. 125. En mai, lintérieur des maisons est inhabitable. On ne peut dormir que dehors, sur les terrasses. CaéLu. Le Nil, p. 100.
(4) Marwo. Oesterreichische Monatschrift für den Orient, 1876, p. 88.
courue en vingt-cinq ou vingt-huit jours (1). Dans tout le Soudan les courriers circulaient ou en bateaux sur le Nil, ou à chameaux. Au Darfour, le service subissait parfois des irrégularités pour un singulier et terrible motif : les hons y sont nombreux ; quand un courrier Voyageail seul la nuit, il était fréquemment suivi par un lion, qui épiait le moment où, vaincu par le sommeil, il tomberait du chameau. Pour se maintenir éveillés, les courriers chantaïent (2).
Khartoum devint aussi le centre d’un réseau télégraphique, dont les lignes se dirigeaient vers le nord, vers l'est et vers l’ouest (3).
Toute la vie politique du Soudan aboutissait à Khartoum. Les gouverneurs généraux y résidèrent. Les bureaux y étaient installés avec leur peuple de scribes. Les foncthionnaires, même les fonctionnaires subalternes, étaient de là répartis dans tout le Soudan (4). Avant leur départ, ils y recevaient leurs instructions, y complétaient leur équipement et leurs approvisionnements (5). Au retour ils y rendaient compte de leur administration (6).
(1) Marxo. Oesterreichische Monatschrift für den Orient, 1876, p. 88.
(2) Ch. Ricorer. Journal, 14 février 1870.
(3) Sur la ligne de Khartoum à El Obeïd, quelques poteaux étaient en fer. Mais en général, ils étaient en bois de palmier doum, ou d'essences européennes. Les poteaux étaient souvent renversés par les ouragans et les termites destructeurs, et les communications subissaient de fréquentes interruptions. Marno. /bidem, 1876, p. 88.
(4) Sruncmaxx. Mit. Emin Pascha ins Herz von Afrika, p. 349.
(5) « Je pars demain pour Shaka, sur la frontière du Darfour [comme moudir]. Notre temps se passe avec M. Messedaglia [moudir de Dara, puis de Facher|, pour nous approvisionner de toutes sortes de petites choses, dont on ne se fait pas l'idée. » Ch. Ricorrr. Journal, 8 janvier 1870.
: o À . p r . 1 ur D (6) En 1879, ce même Messedaglia fut accusé d irrégularités financières.