‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 49 sur 130 · L'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

L'ADMINISTRATION

troupes, maintiennent la sécurité, recueillent les impôts, rendent la justice. Les gouverneurs ou les moudirs restaient rarement plus de quatre ans en place.

Chaque moudirié était divisée en districts, commandés par des kachefs. La levée des impôts, dont ils portaient ensuite le produit à la moudirié, constituait leur principale fonction (1).

Dans la moudirié de Khartoum. par exemple, 1l y avait un kachef à Keneri, un autre à Mandjera (emplacement de l’ancien arsenal), qui gouvernait les deux rives du Nil Blanc jusqu'à la frontière des Chillouks. Dans celle du Kordofan, les kachefs résidaient à Abu Haraz, Bara. Tejara, Uachle, Sakra (2).

Le gouvernement égyptien maintint en place les chefs indigènes qu'il trouva établis lors de la conquête. Cette politique, suivie dès 1820-22 par Ismaïl, fut aussi celle des gouverneurs qui se succédèrent au Soudan. Les chefs de Nubie, de Dongola, de Berber, d'Halfaya, de Rosères, de Fazoql, le roi de Sennar demeurèrent dans leurs pays respecüfs (3). Les descendants de Ja famille Adelan furent

installés dans le Beroun (4). Ces chefs portèrent le titre

(1) Ordres de Son Allesse le Vice-Roi aux nouveaux gouverneurs des cinq provinces du Soudan, 1857. Cités par AgBare. De l'Afrique centrale ou Voyage de S. A. Mohammed Saïd Pacha dans les provinces du Soudan. Paris, 1858. — Dans ces ordres, par lesquels Saïd introduisait certaines réformes, il est fréquemment fait allusion à l’état du Soudan à l’époque de Mehemet Ali,

(2) Korscux. Pelerm. Mitteil. Ergaenzungsband, H, p. 13.

(3) Carcriaup, Voy. à Meroë, Il, 236. — Bowie, Report on Egypt., p. 202, 204.

(4) Harrmaxx. Zeitsch. f. allgem. Erdkunde, 1863, 1, p. 83.

de cheik, ou de cheik el kébir. Ils conservèrent l'insigne de leur dignité : le bonnet de soie bariolée, orné de cornes pendantes (1). Leurs fonctions consistaient à juger les petits différends, à lever l'impôt au profit du gouvernement égypüen, etle cas échéant à amener un contingent d'hommes armés (2). Les cheiks des nomades, Chukuriés, Hassaniés, Kababich, Dar Hammer, par exemple, restèrent également à la tête de leurs tribus respectives (3), si bien que Bowring définissait très justement ce régime : un système de protectorat (4).

Ces cheiks se succédèrent de père en fils dans leur dignité. En 1884, ils constituaient encore un pouvoir assez respecté pour que le gouvernement égyptien ou plutôt le gouvernement anglais, en quête d’un expédient quelconque pour arrêter le développement du soulèvement mahdiste, ait pensé à « remettre le pays aux mains des

anciens petits sultans, qui pourraient peut-être former une confédération (D) ».

(1) Juxker. Reisen, I, p. 101 note.

C2) Id. Zbidem. — Hanruaxx. /hidem. — Rurrez. Reisen in Nubicn, p- 28.

(3) Ordres de Saïd Pacha, cités par ABBarTe. De l'Afrique centrale, etc. — Were. Feldzug von Sennar, etc., p. 200.

(4) Bownixc. Report on Egypt., p 202.

(5) Lord Granville à sir Evelyn Baring. Blue books Egrpt., 1884. — L'intention de Gordon était bien de rétablir ces anciens petits sultans. On en a une preuve dans une lottre de Marquet à Emin datée du Caire, 21 mars 1884 et que M. Chelu bey a bien voulu me communiquer. Marquet l'envoya au Consul de France à Zanzibar avec prière de la faire parvenir dans la province

Equatoriale. Celui-ci se déclara incapable de faire cette commission et renvoya la lettre

à Marquet. Voici le passage auquel nous faisons allusion : « Je rencontre Gordon à Luxor se rendant à Khartoum, je remontais une

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