‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 76 sur 130 · PREMIÈRE EXPÉDITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE EXPÉDITION

vembre 1839. La flottille se composait d’après Thibaut, de huit dahabiés armées chacune de deux pièces de canon, de deux caïasses et de quinze canots (1). Elle emportait des munitions de guerre et des vivres pour huit mois. L'expédition était commandée par deux officiers égyptiens, le Bimbachi Selim, et le cachef Soliman, ami du gouverneur du Soudan Achmed Pacha. Un seul européen, Thibaut, ÿ participait (2). Outre les équipages un corps de troupes fut embarqué: 400 hommes d’après Thibaut (5), 800 selon d'Arnaud (4).

Les Égyptiens se dirigèrent vers le sud jusqu’au 26 janvier 18/40.

Ils arrivèrent alors en un point où ils virent le Nil se bifurquer. Dans le bras qui venait directement du sud, l’eau était profonde, le courant très rapide, mais les berges si rapprochées que les dahabiés ne pouvaient pas y manœuvrer. On tenta alors d'avancer dans l’autre bras qui venait de l’est. IL était large et coulait lentement, mais

contenait si peu d'eau que les dahabiés talonnaient à

(1) Journal, p. 11, — Quatorze dahabiés ou barques, d’après d'Arnaud, Carte du Bahr el Abiad, note. Sur son Journal, d'Arnaud a dessiné ces dahabiés, elles sont semblables à celles qui actuellement, en Égypte, naviguent sur le Nil. Ce sont de longues barques, dont l'avant est non ponté et l'arrière surmonté d’un rouf. Un grand mât se dresse à l'avant et un petit à l'arrière. Tous deux sont munis de voiles latines.

(2) Werxe. Feldzug von Sennar, p. 64. — Tarsaur. Journal, passim. — Un Suisse, au service de Mehemet Ali, et qu'on nommait Hamet capitan, était venu d'Alexandrie pour prendre part à l'expédition. Il mourut au Soudan, le 29 avril 1839. Id. /bid., p. 10.

(3) Journal, p. 11.

(4) Carte du Bahr el Abiad, note.

tout instant. Les officiers se réunirent en conseil et décidèrent de redescendre à Khartoum (1).

Thibaut estimait que l'expédition s'était avancée jusqu’au 6°33 de lat. N. (2). En réalité, le point extrême qu'elle atteignit et qu'il est très aisé de reconnaître sur la carte de d'Arnaud est situé par 6° 10” lat. N.

Auretour, l’ “otre pénétra dans le Sobat (16 ra ' 6 mars). Elle s’avança aussi loin que possible, jusqu’à un point où le manque d’eau et l'abondance des bancs d’'huitres empêchaient toute navigation (3). Elle revint à Khartoum le 30 mars 1840.

Les Égyptiens eurent avec les indigènes de fréquents engagements. Thibaut prête à Mehemet Ali une allocution qu'il aurait prononcée devant les officiers de l'expédition réunis, avant leur départ, dans le divan de Khartoum. Il recommandait la douceur, voulait qu'on fit des présents dignes de lui, de façon à gagner ces peuples sauvages, et repoussait toute idée de conquête (4). En fait, les coups de feu partis du bord des dahabiés balayèrent fréquemment les rives du Nil, et quand, au retour, on passa une revue des munitions, on constata que près de huit mille cartouches avaient été brûlées (5).

Les peuples du Haut Nil(6) se montrèrent toujours

(x) Tarsaur. Journal, p. 81.

(2) lbrd Sp tSr

(3) 1bid., p. 86-92.

(4) Journal, p. 8.

(5) Jbid., p. 100.

(6) Nous réservons l'expression de « Haut-Nil », à la section du Nil Blanc, qui s'étend entre le lac Albert et le ro de lat. N., confluent du

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