‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 89 sur 130 · NAVIGABILITÉ DU NIL BLANC · texte numérisé non relu

NAVIGABILITÉ DU NIL BLANC

ütue un humus dans lequel germent d’autres graines. Bientôt un véritable sol est formé, assez solide pour porter non seulement des hommes, mais même des troupeaux de bœufs (1).

Les points extrêmes où le zedd a été constaté sont la bouche du Sobat au nord (2), et Gaba Chambé au sud (3). On constata la formation du zedd pour la première fois, en 1865; en 1870-71 il gêna beaucoup l'expédition de Sir Samuel Baker: de novembre 1878 à avril 1880, il arrêta tout rapport entre Lado et Khartoum.

D’Arnaud et Werne avaient bien remarqué de petites îles d'herbes qui passaient au fil de l’eau. Ils eurent l’intuiion que ces îles flottantes pouvaient & être fort gêénantes et entraver quelquefois la navigation » (4), mais ils ne les supposèrent pas capables de boucher complètement le Nil par leur masse, pendant plusieurs mois,

Tout compte fait, et en balançant les facilités et les difcultés de la navigation 1l n’en reste pas moins acquis que le Nil blanc est une belle route fluviale. Maintenant encore après la découverte de l’admirable réseau que constituent le Congo et ses affluents, après la reconnaissance du grand bief du Niger par le lieutenant de vaisseau Hourst, le Nil blanc demeure une des principales voies navigables

d'Afrique. A plus forte raison, la prisait-on hautement en

(x) Junxer. Reisen, IT, p. 74 75.

(2) On ne l'a jamais vu en aval de la bouche du Sobat. Frogenics. Die Heidenneger, p 20.

(3) Emin le rencontra en ce point en 1878.

(4) Voir ci-dessous le tableau hydrographique du Nil Blanc, observations.

1842, à une époque où l'on ne connaissait pas sa pareille en Afrique, et où l'était en outre porté (par ignorance de la durée des barrières de zedd) à surestimer quelque peu sa valeur.

Cette Afrique, si difficile d'accès, si accore diraient les marins, et qu'on ne savait par où pénétrer, recélait elle aussi en ses profondeurs mystérieuses, des étendues navigables, comparables à celles de l'Amérique et de l'Asie. La découverte du bief du Nil blanc a donc été, il faut le répéter, un fait de grande portée dans l’histoire contem-

poraine de l'Afrique.

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