‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 9 sur 130 · I. — LA NUBIE · texte numérisé non relu

I. — LA NUBIE

Depuis le début de la domination turque, c’est-à-dire depuis 1917, la frontière méridionale de l'Égypte dépassait à peine la première cataracte du Nil. Q El Ouah est le dernier endroit de la domination turque », écrit Lenoir du Roule en 1704 (1), et d’après Burckhardt, l'Égypte cessait

. (x) Lenoir du Roule à Pontchartrain. Lettre datée de Siout, 10 septembre 1704, citée par Bonnet. Bull. géogr. hist. et descr., 1891, p. 806.

bh LE SOUDAN ORIENTAL VERS 1820

à Birbé (1). Or ces deux villages sont situés à une faible distance en amont de la première cataracte, l’un sur la rive gauche du Nil, l’autre sur la rive droite.

Cependant depuis la même époque, la contrée qui s’étend d’Assouan à Ouady Halfa, et même au delà jusqu'à l’île de Say, la Nubie, appartenait, pour employer une expression de notre langage politique, à la zone d'influence de la Turquie. Les habitants, & les Barabras payent au Grand Seigneur ou du moins à ceux qui commandent en son nom un tribut de dattes sèches et d'esclaves noirs » (2). Des soldats turcs ou plutôt bosniaques avaient été envoyés au xvi° siècle pour tenir garnison à Ibrim et à Say et leurs descendants avaient encore en 1813 conservé des traits assez caractéristiques pour être aisément distingués des Nubiens qui les entouraient(3). L'ile de Say est désignée dans un texte du début du xvur* siècle comme « premier lieu appartenant au Grand Seigneur » en venant du Sud (4). Néanmoins au xvir siècle « l'autorité de la do-

minalion ottomane élait assez souvent méconnue » par les

(x) Buroxnarpr. Travels, p. 5.

(2) Gosraz. Mémoire sur la Nubie et les Barabras. Description de l'E gypte. V. p. 4or.

(3) « Nous sommes Turcs, non Nubiens », disaient les habitants d'Ibrim. BurcknarDr. Travels, p. 34.

(4) Un certain frère Justin, capucin, avait. été envoyé par B. de Maillet pour seconder Lenoir du Roule. À la nouvelle du désastre de la mission, le gouverneur du Dongola donna l’ordre de l'arrêter et le fit poursuivre. Le capucin rencontra un janissaire de l'ile de Say, premier lieu appartenant au G. Seigneur, qui le sauva. Déclaration faite par le frère Justin, capucin du Caire, touchant son voyage en Nubie, 14 septembre 1706. Aff. Etr. Le Caire.

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