TEMPÉRATURE
Ces observations n'avaient porté que sur une partie de l'année. Elles avaient été faites en un lieu chaque jour différent, et dont le plus méridional était séparé par une distance de dix degrés du plus septentrional. On ne pouvait donc pas songer à tenter de formuler une théorie d'ensemble sur la température des pays nouvellement découverts.
Toutefois, des chiffres relevés se dégageaient déjà quelques conclusions.
La température moyenne était de 30 à 31° centigrades, très voisine par conséquent de celle qui régnait à Khartoum, un peu supérieure seulement. On avait vu le thermomètre monter au chiffre considérable de 42°. — Mais presque chaque année on constatait de pareils chiffres en mai et juin à Khartoum, où on a même observé une fois 46°.
Réciproquement, on avait constaté des abaissements de température non moins remarquables que ces élévations. «& De Khartoum [jusqu’Jau 13°, les nuits sont froides, » écrit Thibaut (1). € Les nuits sont fraîches sur cette rivière [le Sobat|, beaucoup de matelots et soldats sont enroués, » écrit d’Arnaud à son tour le 16 mars 18/41. Le thermomètre descend à 18° ou même à 17°. Mais ce sont là encore des variations auxquelles les habitants de Khartoum sont habitués, puisqu'on y constate des températures de 12° ou même de 10°.
En résumé, les conditions climatériques des pays qu'ils
visitèrent ne surprirent pas les membres des expéditions.
(1) Journal, p. 21.
Ils ne les trouvèrent pas très différentes de celles auxquelles ils étaient habitués.
Au vrai, quand plus tard on y regarda de plus près, on constata certaines différences entre la température de Khartoum et celle de la Province équatoriale (1). Mais en 18/2, elles échappèrent, et ce fut surtout des ressemblances qu’on
fut frappé.
Pluies.
Pendant la 2° expédition, les voyageurs ne reçurent la pluie que deux fois. Le 5 mars 1841, d’Arnaud écrit dans son journal: € Il survient une peute pluie d’un quart d'heure de durée, qui fait disparaître le petit vent qui nous servait. » Il plut également le lendemain 6 mars.
Pendant la 3° expédition on constata :
En octobre 1841, 9 jours de pluie.
En septembre 1841, 2 jours de pluie.
En décembre 1841, rien.
En janvier 1842, des grains de pluie, 2 fois.
En février 1842, ren.
En mars (jusqu'au 6), rien.
Y avait-1l, sur le Haut-Nil, comme à Khartoum, de mai à octobre, une saison de pluie, un Xharif, c'était vraisemblable et un chef indigène l'avait laissé entendre (2). On
(1) Lado appartient à l'hémisphère austral, bien que située par 502 lat. N. Les mois les plus froids sont juillet-août et les plus chauds février-mars, tandis qu'à Khartoum le mois le plus froid est janvier et le plus chaud juin. Haxx. Handbuch der Klimatologie, p. 271, de.
(2) Lacono, chef des Bari, dit que la pluie commence à tomber fin mars ou au début d'avril, Were. Expedition zur Entdeckung, p. 326.