‹ Le Soudan Égyptien sous Mehemet AliChapitre 93 sur 130 · PLUIES · texte numérisé non relu

PLUIES

n'en avait cependant pas la certitude, puisqu'on n'avait pas voyagé dans le pays pendant cette période de l’année, mais On savait du moins qu'il y régnait de novembre à avril, une saison sèche, el seff. Cette observation fut ultérieurement confirmée. D'après Pruyssenaëre, entre le 9°30" et le 6° lat. N., sur le Nil, la saison sèche dure du commencement de novembre au 15 mai(r) et M. Adolf Schmidt conclut des différents chiffres qu'il a comparés : « À Lado, pendant Jes mois de décembre, de janvier et de février, les précipitations sont rares, et si, par exceplion, il s’en produit, elles sont faibles » (2).

Les explorateurs remarquent encore qu'à parür des parages du 0° et dans le Sud, l'air est très chargé de vapeur d'eau. « L’humidité est extrêmement forte, écrit d’Arnaud dans son Journal, le 15 décembre 1840, le pont est mouillé le matin comme après une pluie ».

L'hygromètre de Saussure qui marque 15° à midi, indique 75° la nuit (3). La rosée intense mouille mes fusils, bien que les fenêtres soient à peine entr'ouvertes, dit Werne à son tour le 20 décembre (4).

Cette observation fut également confirmée plus tard et

(x) Peterm. Mitt. Érgänzungsheft, n° 51, p. 27.

(2) Ibidem, n° 93, p. 85. — À Ouadelaï, en un point sensiblement plus méridional que celui atteint en 1839-42, Emin a fait des observations pluviométriques pendant trois ans et demi. Supan a calculé d'après elles que la hauteur moyenne de pluie tombée annuellement dans celte station est de 107 centimètres. Or, les précipitations de décembre, janvier, février, ne contribuent à cette somme totale que pour Q centimètres. Emin Pascha’s Meteorologisches Tagebuch. Peterm. Mitt., 1890, p. 129.

(3) D'Arnau», 13 décembre 1840.

(4) W£grxe. Expedition zur Entdeckung, p. 159. — Cf. p. 152.

H. DEuÉRaIx. 19

RÉSULTATS GCÉOGRAPHIQUES

M. A. Schmidt a remarqué que dans les journaux de route tenus par les explorateurs postérieurs à ceux de 1839-42, l'expression € fort brouillard » se rencontrait fréquemment (1).

Pratiquement, les notions suivantes se dégageaient de ces observations.

En quittant Khartoum au mois de novembre pour remonter le Nil blanc, les barques couraient grande chance d'avoir presque constamment le vent dans leurs voiles. A la descente, au mois de mars, ces mêmes vents du nord leur étaient, il est vrai, contraires, il fallait avancer à la rame ou à la cordelle, mais il régnait parfois en cette saison des vents du sud, dont le cas échéant les barques profiteraient.

La chaleur n'était pas sur le Haut-Nil plus forte que celle qu'on était habitué à supporter à Khartoum.

Enfin il y régnait une saison sèche de novembre à mars. Les riverains du Nil, habitant en aval de Berber, qui redoutent tant la pluie pouvaient donc y pénétrer alors sans inquiétude.

On verra plus loin les conséquences économiques qu'eu-

rent ces notions, quand elles se furent répandues.

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