ASPECTS DE LA VÉGÉTATION
la fréquence des bois, sur la chaba (1). Les explorateurs de 1840 ne soupçonnèrent pas l'existence de ces singulières galeries, de ces rubans de forêts qui dans le pays du Haut-Nil, accompagnent chaque cours d’eau, et dont Schweinfurth, Emin et Junker ont donné plus tard des descriptions tout ensemble si scientifiques et si pleines de poésie. Ils ne connurent pas davantage la sombre forêt vierge, dont la limite septentrionale oscille entre le 3° et le 4° Lat. N.
Ce qu'ils eurent sous les yeux, c'est la forme particulière de végétation, caractérisée par des alternances de bouquets de bois et de savanes. Werne définit le pays : & Une région boisée parsemée de clairières » (2). Ces bois restent à 200 ou 300 mètres du fleuve, parfois & ils s’avoisinent jusque sur une des rives » (3). Pendant ses longs voyages dans ces contrées, Junker eut fréquemment l’occasion de traverser des pays de cette nature, Ce mélange irrégulier de grandes prairies et de bouquets de bois éveille en son esprit une comparaison, qui nous aide à mieux comprendre ce paysage : «Cette campagne, dit-1l, ressemble à un parc
anglais » (4).