‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 33 sur 128 · DATE · texte numérisé non relu

DATE

| de la GENRE

à ENSTITUTIONS. pi sf TON. DIRECTEURS.

| ; | Vasselin. , .., » Externat uni à une Ù école primaire.

À Saint-Étienne. . | 4815 | Départementale .

. Branche.

le .. | Murat... ..:

Saint-Étienne. . | 1828 | Zdem . ....... | Cong. de femmes.

. | L'abbé Plasson .

+ | Cong. de femmes.

os 4824 | Idem ...,..

! Poitiers. . + | 1853 | Pensionnat . ..

; Chatellerault , . | $ »

Orléans. . ... » Pensionnat. . . , . . | Cong. de femmes. | La Chartreuse. . | » Idem ...,..,.|Idem...... | Angers . . ... | 1780 | Privée. , ...... Mile Blouin . ..

te LS *

| Auray. . . . .. | 1807 | Pensionnat. . . . . . | Cong. de femmes. La +. + + + | 1820 | Externat uni à une

école primaire. . . | Sénégond . »

Negent-le-Rotrou | 1808 DiprbeRiale . … | L'abbé Beulé . . » Caen . ...,. | 1816 | Zdem . .. . . . . . | L’abbé Jamet. » Condé-sur-Noireau » Privée. se Dudésert . +. » Li Naney. . . . . . | 1828 | Départementale . . . | Piroux . . . .. » Langres, . . . . | 1818 | Idem ..,,..... | MlePothier. . . » Goux . . ... . | 1835 | Privée. . . , , . . . | L'abbé Chaillet . | 6 ane. Besançon . . . . | 1819 | Départementale . . . | La sœur Rousot . » Besançon . . . . | 1824 | Zdem. . ....... | L'abbéMartin. . 8 Colmar . .... | » Pensionnat privé et

soutenu par la ville.} Jacoutot . . . . »

Strasbourg . . . | 182% |Extern.privéet gratuit.| Reussner. . . . » Arras, . .... : 1817 | Départementale . Desongnis. . .. » Lille . ..... | 1834 } Soutenue par la ville. | Massieu (sourd-m}| »

A Monsieur L'abbé Canron, Directeur de l’Institut des Sourds-Muets ot des Aveugles, à Bruges.

Monsivun Lx Dingcraun,

D est à remarquer qu'il n'y a pas, en Belgique, de sourds-muéts qui veuillent combattre pour leur cause et pour leur honneur, ce sont donc nous, M. Berthier et moi, sourds-muets français, qui les avons défendus contre les opinions de MM. Dufau et Alex. Rodenbach sur leur position

respective, afin d'éclairer le jugement des amis de l'humanité et des lecteurs du Souar-Mosr, ces Messieurs ont mal jugé les sourds-muets en leur ptignant la tristesse, la souffrance et la gravité et en contestant aux aveugles la gaité; cette peinture ne me paroit pas exacte, car pour moi, Jamais je n'ai senti et je ne sens cette tristosse, cette souffrance et cette gravité. Dieu merci, je puis en être bien heureux, quand je dis que

| — 166 — la position des sourds-muets représente la vivante et la gaie image de id nèture et l'expression des yeux; les aveugles'sont trop malheureux, je ne veux pas augmenter le mal de leur situation en la leur faisant conñoître et je respecte leur illusion, car elle n'ôte pas au bonheur des

sourd-muet est libre de tout ce qui dépend de lui, ou lui plait. Le cœur d'aveugle est aussi bon que celui de sourd-muet sous les auspices de leur caractère moral et physique, je’ n’ai point de haine pour les aveugles ; : cette haine est étrangère ou plutôt inconnue à mon cœur; mais nous

si précieux.

Vous savez bien, Monsieur le: Directeur, qu'on ne rencontre la tristesse chez le sourds-muets ainsique chez les aveugles que quand: les misères de l'humanité et les convenances le permettent ou plutôt l'exigent, comme vous l'avez dicté dans votre estimable Journal, en réponse à ma lettre du 1er mars dernier. . . .. .. RES Les sourds-muets sans instruction doivent être malheureux et tristes, car j'en ai rencontré plusieurs qui ont témoigné, par signes, beaucoup dé chagrin pour n'avoir pas reçü une éducation comme moi, d'est säns doute par la négligence de leurs parents ou par le défaut de leur fortune, cés infortunés se font bien entendre cependant par leur intelligence. naturelle, leurs signes ne sont pas étrangers à la conception d’un sourdmuet instruit et ils ont un langage qui leur est familier, au reste là : tristesse se manifeste rarersent chez eux. ® ne Je suis grandement étonné, Monsieur le Directeur, que vous disiez . qü’évidemment ni les sourds, ni les aveugles ne peuvent juger de ce du'ils ignorent. Erreur bien excusable, car je -Uéclaré ouvertement que les sourds-muets peuvent juger tout comme. d'autres hommes et non les aveugles qui ne voignt pas ce, qu’ils font. . Æst-ce qu'on aime mieux être äveugle qué sourd-muet? J'ai adieské cette question ‘à plusieurs petsonnes de ma Eüntolssance qui‘ partagent’ mpn opinion, elles ptéféreroient beaucoup avoir “mon ! infirmité ‘plutôt: que celle d'être aveugles. ” Veuillez bien, Monsieur le Directeur, mettre ma lettre sous les yeux : des Lecteurs du Souro-Muer, et agréer mes salutations respectueuses, : © Eucène GEORGE, de Cherbourg, Ancien élève de l'institut royal des sourds-muete sn à 1... … , de. Paris, et précepteur à Mons. Mons, le 10 juin 1837. |

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