‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 40 sur 128 · STATISTIQUE DES INSTITUTIONS POUR LES AVEUGLES · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES INSTITUTIONS POUR LES AVEUGLES

L'institut de Paris fut érigé par M. Haüy. Dans l'été de 1785 , un orchestre de dix à douze aveugles, jeunes encore pour la plupart, excita l'admiration du public parisien. Les pauvres musiciens avaient placé des lunettes devant leurs yeux fermés et affectaient de lire. La singularité de ce spectacle, jointe à une exécution passable, augmenta la foule des curieux. M. Haüy ayant été un jour témoin de ce spectacle, en resta frappé et chercha dès ce moment les moyens d’instruire cette classe entière d'infortunés. Il rassembla donc tous les renseignements que fournissait l'histoire de quelques aveugles-nés sur les procédés particuliers dont ils s'étaient servis. Tous les procédés d'instruction étaient déjà connus à l'exception de l'impression en relief: mais toutes ces tentalives étaient isolées et éparses : M. Haüy les discuta et en forma une méthode suivie et complète ,et l'institut de Paris fut formé.

Vers le même temps, en 1791, un simple citoyen fonda à Liverpool, avec le secours de souscriptions , un asile pour instruire de jeunes enfants, appartenant à cette classe, dans les travaux manuels et la musique. L'établissement prit avec le temps une importanee toujours croissante, en 1832, on y comptait 111 élèves.

Une autre institution de ce genre fut fondée, en 1804, à Vienne en Autriche, par M. Klein, qui n'avait aucune connaissance de la méthode d'enseignement appliquée à Paris. Il créa les procédés à mesure que l’exigeaient les progrès de l'élève qu’il avait pris chez lui, et ses succès

furent étonnants. L'institution de Vienne est sans contestation une des plus remarquables de l’Europe.

Tous les autres établissements pour les aveugles furent établis sur le modèle de celui de Paris, qui « s'appuyant sur un droit d'ancienneté, dit M"° Niboyet (1), dort sur sa vieille gloire et croit pouvoir servir encore de modèle à ceux qui se sont fondés depuis et d’après lui. Mais à l'invention succède la perfection et les instituts américains , fondés récemment, sont, sous beaucoup de rapports, bien supérieurs à l'institut de Paris. Les Américains, dit-elle ailleurs (2), nous ont dépassés, l'élève est devenu plus fort que le maitre. »

La justesse de cette assertion ressortira clairement - de la comparaison que je vais établir entre l'institution des jeunes aveugles de Paris et celles des autres pays.

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