‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 49 sur 128 · IX · texte numérisé non relu

IX

L'écriture est bien plus difficile pour un aveugle qu'on ne le pense : il ne peut pas se servir d'encre, car il ne saurait pas la distribuer : il emploie donc le crayon ou un stylet avec du papier métallique noirci. La largeur et la hauteur des lettres, l’espace entre les lettres et les mots sont autant de points quil ne parvient à observer qu’à force d'attention et de bonne

(1) La terre y est unie, tandisqu'on distingue la mer par des lignes tracées sur sa surface. Ensuite la mer ainsi que les rivières se trouvent en creux, ce qui paraît d'abord très-naturel ; mais l'expérience a déjà prouvé que le creux est moins sensible que le relief, Les villes y sont marquées par une lettre et par une ligne et un point diversément posés pour indiquer la population. La marge dg la carte donne le nom en entier de la ville.

volonté; il y parvient cependant, et la beauté déi fac-simile de leur écriture, que J'ai trouvés dans Îes rapports des institutions érigées en Amérique m'ont convaincu , que les aveugles ne doivent pas être privés de ce moyen de communication qui a pour eux de notables avantages. À Paris, il n'y a que 5 où 4 élèves qui sachent écrire. Quant aux procédés pour leur apprendre à écrire, nous n'avons encore rien de plus simple ni rien de mieux que la planche de métal de M. Dufau (1) dans laquelle sont coupées des lignes dentelées en haut et en bas et d'une largeur correspondante à la grandeur qu'on veut donner aux caractères,

Mais comme les aveugles ne peuvent pas relire cette écriture, on a essayé d’autres procédés.

Dans quelques instituts d'Allemagne on se sert de petits morceaux de bois carrés et oblongs sur lesquels chaque lettre est figurée au moyen de pointes et qui, appliquées à un papier placé sous un châssis, y pénètrent et y laissent l'empreinte de la lettre piquée.

L'emploi de ce procédé pour écrire entraîne une perte de temps qui ne permettra peut-être jamais de l’introduire dans nos institutions. Il est un autre alphabet en points, inventé par M. Ch. Barbier et simplifié par un répétiteur de l'institut des jeunes aveugles de Paris, qui remplit bien mieux le but.

C’est de celui-ci que les élèves à Paris se servent pour écrire leurs devoirs, et pour copier des livres. Il en est même qui se font une petite bibliothèque des livres qu'ils ont ainsi copiés.

Je parle au XIII paragraphe d’un changement que j'ai mtroduit dans cet alphabet et qui, de l’aveu de

(1) Essai sur les aveugles-nés, Par M. Dufau, Page 180.

plasieurs juges compétents, est une véritable amélioration. Le désir d’affranchir les aveugles de la nécessité d’avoir recours aux clairvoyants pour lire la musique « fait rechercher diverses manières de la noter. La plus simple est encore celle de l'écrire en points.

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