‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 77 sur 128 · DE LA MAISON · texte numérisé non relu

DE LA MAISON

1797 | » 513- 6- 711 154- G- 7 | 3587-15-11 1802 | » 1966-19- 9 438-19- 6 611-19- 7 1808 | » 2526- 3- 4 | 1044- 2-10 | 1998-16- 8 1810 | » 9472- »- 4 | 1088-11-11 | 2145- 3-10 1811 | » | 2662-13- 8 | 10359- 7- 3 | 1917-14- 8 1812 | » 2408- 14- 4 948-14- 7 | 2085-12- 8 1821 |! 20 | 2168-17- 2 904- 6- 5 | 1730-10-10 1822 | 91 | 2383-192- 1 265- 4- 9 | 1594- 6-11 On a dépensé 1893 | 23 | 2091- 9- 8 762- 9-10 | 1806-19- 6 our le nouveau 1824 | 22 | 2187- 8- 4 | 924- 1- 5 | 1763-14- 0 Éétiment pendant 1826 | 25 | 2006-17- 9 975-19- 2 | 1782-15- 4 1827 | 98 | 1961- 3- 7 999- 0- 5 | 1899- 8- 8 |l'année. Liv. st. 1853 | 83 111772-14- 9 906-12- 6 | 1977- 6-10 1834 1 39 110595- 3- 3 992-11- 2 | 1841-14- 7° | 1834. 1999-03-06 1835 | 40 110164-14- 4 | 1019- 7- 3 | 2202- 8- 0 | 1835. 5205-00-05 1836 | 43 | 9041- 7- 4 | 1138- 1- 8 | 1971-13-10 } 1836. 6662-01-02

Les paroisses ou les particuliers qui placent des

aveugles dans l’asyle, payent trois shellings par semaine pour les garçons et deux pour les filles , et fournissent leurs habits, mais après cinq années d'apprentissage, tout ce qu’ils gagnent leur revient. L’asyle place les garcons en pension dans des familles honnéies du voisinage et paie neuf shellings par semaine pour leur nourriture. On ñne recoit pas d'élèves au-dessous de neuf ou au-dessus de trente ans. Le cours ordinaire

(1) Ce qui n'est pas depensé cette année, paraît comme revenu l’année prochaine.

est de sept ans, mais un grand nombre quitte l'institution avant l’accomplissement de ce terme. On a introduit l’enseignement de la lecture au moyen de livres imprimés en relief d'après le système de Glascow ; la musique y est enseignée, plusieurs éléves apprennent à toucher l'orgue, et tous s'exercent deux fois par semaine au chant religieux. La vannerie est l'occupation principale des élèves, et les productions de cet établissement surpassent dans ce genre tout ce que j'ai jamais vu faits par des aveugles.

L'école de Londres pour les aveugles indigents fut érigée, en 1799, par MM. Ware, Bosanquet, Boddington et Houlston. Le but qu'on se propose est d'enseigner aux élèves un métier, afin qu'ils puissent gagner en tout ou en partie leur subsistance. Il n’y avait , en 1800, que 15 élèves et l’institut fixa peu l'attention publique. Mais de généreuses souscriptions et des legs pour plus d'un million et demi de francs permirent d'étendre l'action bienfaisante de la maison. À présent il y a 122 aveugles dans l'institution, dont 60 hommes et 62 femmes, et on compte en porter peu-à-peu le nombre jusqu’à cent. de chaque sexe. On n’admet pas d'élèves au-dessous de 12 ans ou au-dessus de 30, et on les préfère généralement de 12 à 18 ans. Pendant le cours de leur instruction, les élèves sont logés, nourris et habillés dans la maison. On les y retient jusqu'à ce qu’ils aient acquis une habilité suffisante dans un mélier, ce qui exige ordinairement de quatre à cinq ans, mais dépend nécessairement de la capacité de l'élève. Alors ils quittent l'établissement avec une portion de leurs gages et un assortiment complet d'instruments nécessaires au métier qu’ils ont appris. Depuis son institution, 252 aveugles y ont été reçus, et plusieurs

ER Den sont sortis de la maison, bien reconnaissants pour l'instruction qu'ils y avaient reçue et capables de contribuer à leur entretien pour une part notable. Quelquesuns de ceux qui, par leur travail, pouvaient gagner leur vie, ont été maintenus dans la‘maison pour l'aider à fournir son commerce, et en conséquence d'un magnifique legs de 250,000 francs, fait par M. Tillard, quelques autres, qui n’auraient pas pu parvenir à gagner leur vie y sont nourris «t logés pour un temps non déterminé et on les nomme la classe de Tillard, de sorte que celte institution commence à participer. peu-à-peu de la nature d’un asyle.

On doit à l'institution de Londres une excellente idée et qui diminuera évidemment les inconvénients des écoles: on permet aux élèves sorlis de cet établissement d’y envoyer leurs produits et on les paie d’après un tarif. En 1832, on en avait déjà reçu pour Liv. sterl. 257, en 1836, pour 378-14-9, et on peut aisément prévoir que ces achats continueront à augmenter d'année en année.

On érige à présent un bâliment splendide pour cette école, lors de ma visite il était déjà presque achevé; aussi est-elle la plus richement dotée de l'Angleterre, Elle n'a pas moins de 300,000 francs de revenus par an et des propriétés foncières de la valeur de plus d’un milliüon et demi de francs. Les métiers y sont variés, J'en parlerai plus en détail dans le chapitre suivant, mais quelques-uns me paraissent mieux calculés pour montrer ce qu'un aveugle, à force de patience et de soins, peut parvenir à exécuter, que pour leur faire trouver les moyens de pourvoir à leurs besoins par le travail. Il y a plusieurs cordonniers aveugles dans la maison.

Les ventes ,en général, montaient, pendant 1832, à

- 1345 Liv. et, en 1836, à 1469-14-1, et les dépenses

ordinaires à Liv. 5568-4-8.

Quelques aveugles apprennent la musique vocale, il y a des filles qui chant'nt très-bien. Une entre autres vous ravit pourvu qu'on ne la voie pas, mais elle perd lorsqu'on voit sortir cette jolie voix d’une figure aussi laide. La musique y est encore enseignée comme profession à utiliser, et on esptre qu'on formera des organistes.

Toute l'instruction se borne à la lecture, et ce sont les livres imprimés à Glascow qu'on emploie: les élèves cependant préfèrent ceux d'Édimbourg. On attache d’ailleurs si peu d'importance à l’enseignement de la lecture, qu'il y en avait à peine deux qui lussent d’une manière satisfaisante.

Les aveugles d'un rang plus élevé dans la société ont été assez souvent les premiers bienfaiteurs de leurs compagnons d’infortunes dans la pauvreté. C'est ainsi que l’école de Norwich a commencé. M. Tawell, aveugle lui-même, appela , le premier, l’attention de ses concitoyens sur cette classe abandonnée encore à l'oisiveté. 11 proposa donc de céder une large maison avec un jardin de trois arpens détendue, pourvu quon püt trouver les moyens de l'organiser. Une assemblée de citoyens convint le 17 janvier 1805 et on s’assura qu'une somme de Liv. 1000 serait nécessaire pour couvrir les frais de premier établissement et une autre somme annuelle de Liv. 700 pour son entretien, ce qu'on obtint de la libéralité publique. La maison est une école pour les jeunes aveugles et un hopital pour les aveugles âgés, ceux-ci doivent avoir atteint leur cinquante-cinquième année, ayant de pouvoir être reçus, ceux-là ne sont pas admis au-dessous

de 12. Pendant quelque temps on les admeltait dés l'âge de dix ans, mais on est revenu à l'âge exigé d'abord. Les pauvres ordinaires ne paient rien pour leur admission et leur séjour dans l'établissement, mais si les aveugles sont de ceux qui sont à la charge des paroisses, on exige trois shillings par semaine. On retient les enfants jusqu’à ce qu'ils aient appris un métier mais jamais au-delà de trois ans. L'établissement ne fut érigé d’abord que pour les aveugles de la ville de Norwich; on admit ensuite tous ceux du comté de Norfolk et, en 1819, on l’ouvrit aux aveugles de tout le royaume , afin de pouvoir accepter un dun de 500 guinées que M. Henshaw de Oldham leur offrit à cette condition. La direction publie annuellement des rapports dans lès journaux de la ville, mais elle les fait rarement imprimer séparément, de sorte qu'il est difficile de se procurer des notions exactes sur son état et ses progrès. D'après un rapport publié en 1833, la maison a admis depuis son ouverture 153 jeunes aveugles et 48 aveugles âgés. De ce nombre 77 ont quitté l'école afin de travailler pour eux-mêmes; 12 n'ont pu être instruitss 4 ont quitté la maison sans permission; 13 en ont été renvoyés pour irrégularité dans leur conduite et 16 l'ont quitté volontairement ; 48 y étaient morts et 36 sent encore dans l'établissement en 1833.

En 1857, il y avait dans l'institution des aveugles de Norwich cinquante élèves; 35 jeunes aveugles et 15 âgés. Les aveugles âgés ne sont pas obligés de travailler, car on les considère comme étant dans un hopital, ce qui, ce me semble, au lieu d’être un avantage, doit singulièrement contribuer à leur rendre la vie dure.

Le Souar-Muer nr L'AYEUGLE. 2e année. 8

ER

‘‘Les dépenses de la maison, depuis son origine, ont

à-peu-près toujours balancé les revenus. Elles “étaient <a nombres ronds,

ex 1805 de 1.st. 1767

ex 1812 | 1818 | 1814 1817 | 1818 del.st. 1269 | 1189 | 908 | 967 | 1217 | 1251 | 998

‘ On a vendu en 1818 pour liv. sterl. 250-1 1-1 d'objets fabriqu‘s par les trente-irois élèves que cpntenait alors la maison et on ne vend pus plus cher qu'ailleurs, L'occupation principale est la vanperie , aussi bien-pour les filles que pour les garçons. Les filles iricatent encore et font d’autres petils ouvrages. Les gages sont de deux sbillings et six pences, à cinq shillings par. semaine, Comparé à celui qu'on accorde dans d'autres instiluls, ce salaire pourra paraître bas, mais le rapport de.1819 fait observer que le trawail est-moins retribué à Norwich que dans les. autres villes du royaume, qué les matériaux y sont plus chers. et les prix des productions moindres. On enseigne aux élèves la psalmodie; ils chantent en parties et plusieurs aveugles jouent des instruments de musique et s’y exercent tous les soirs. Les livres imprimés à Glascow y ont été introduits pendant l’année 1837. Une douzaine d'élèves s’appliquait alors à la lecture. L'éducation intellectuelle y.était peu soignée mais la direction actuelle semble animé d'un bon esprit et il est à espérer que dans peu d’autres améliora-

se BE

tions y seront introduites. L'asyle de Norwich est le seul de l’Angleterre que je n'ai pu visiter lors du voyage que j'y ai fait en 1837, pour étudier cette branche de l'instruction , mais des enseignements, que le surintendant de la maison a bien voulu me communiquer, m'ont mis à même de publier cette note sur cette institution , qui est la seule formée sur ce plan en Angleterre,

L'asyle de Glascow doit aussi san origine à la bienfai. sance d’un riche atteint de cécité. Feu M. Jean Leitch, marchand à Glascow , legua liv. 5,000 pour la fondation d'un institut. des aveugles, qui devait être annexé à l'infirmerie royale; mais on jugea que l'intention bienveillante du donateur serait plus complètement réalisée en l'établissant séparément. Le parlement accorda l’autorisation nécessaire et on bâtit dans une belle situation le superbe bâtiment qui sert à présent d'école pour les Jeunes aveugles et d’asyle pour les aveugles âgés. Au commencement cette institution ne reçut pas l'approbation générale et fut même en butte, pendant quelque temps, aux traits de la médisance et du ridicule. Heureusement M. Alston, le trésorier et le père de cet asyle, eut le courage de les mépriser et porta la maison à un tel dégré de prospérité, que les plus envieux furent forcés d’applaudir.

La maïson contenait au 1 janvier 1838 64 aveugles ; les enfants y sont recus de l’âge de 10 à 16 ans. On leur montre hors du temps de leur instruction, à tricoter des filets pour couvrir les arbres fruitiers, à coudre des sacs et tels autres travaux faciles, auxquels on les juge. les plus aples, jusqu'à ce que leur éducation soit achevée et qu'ils aient acquis assez de forces pour commencer l'apprentissage d'un mélier spécial. Le cours est de trois’,

ee — ns. On paie annuellement six livres et six pentes pour la pension des jeunes aveugles. Les habits doivent être fournis par les parents. Celui qui contribue, seul . ou en société avec d'autres, pour une somme de liv. st. 50 aura l'avantage de pouvoir placer deux enfants dans l'asyle à raison de liv, 8 et 3 shillings pour chacun, ou d'y faire atmettre un seul gratuitement. Les corpora- , tions et les paroisses ont les mêmes avantages moyennant une somme de liv. sterl. 100.

Les filles aveugles au-dessus de 18 ans sont admises dans l'établissement comme journalières. Elles arrivent à 10 heures et y restent jusqu’après la prière du soir. Elles dînent dans l’asyle et reçoivent des gages chaque semaine. Le montant de ces gages varie. Celles qui dévident de la laine filée reçoivent un shilling cinq pences, par semaine. On accorde deux pences et demi par fusée à celles qui dévident le fil pour le tissage des sacs.

Tout aveugle, en état de travailler et qui demeure à Glascow ou dans le voisinage, chez lui ou chez ses amis, peut étre admis dans l’asyle.

Ceux qui, à leur entrée, ne connaissent pas un des métiers dont on s'occupe dans la maison, ont le choix ou de payer deux livres et cinq shillings pour leur apprentissage, ou de travailler trois mois sans recevoir aucun salaire.

On n'alloue d'abord que trois shillings et six pences pour rétribulion du travail que font les aveugles, et l’on augmente cette rétribution d’après leur production, jusqu'à ce qu'ils aient fini leur apprentissage : alors chaque semaine, une somme fixe leur est accordée, mais on exige qu'ils produisent une certaine quantité de travail qui est soigneusement marquée. À la fin de chaque mois, on fait un état de ce qu’ils ont produit, s'ils ont travaillé au-delà de ce qui était exigé, le surplus leur est payé, et comme

= 07 — récompense de leur industrie, on leur accorde encore un shilling, par semaine, au-dessus de leur salaire ordinaïre et extraordinaire. Mais s'ils n’ont pas achevé leur tâche, ni produit la quantité de travail exigé, ou s'il est mal exécuté, ils conservent le salaire reçu chaque semaine , mais on leur refuse le shilling d'encouragement qu'on accorde aux autres.

On conçoit aisément la conséquence de cette mesure et l'influence qu’elle a dû exercer ; une amélioration bien marquée dans la qualité et dans la quantité des pro. duits a été aussitôt constatée. Voici ce que les adultes peuvent gagner dans l’asyle de Glascow.

Les vanniers. . . . . . .. par semaine, shill. 11-00.

Les cordiers, , . ... .. x 8-00 Les tisserands. . . . . . x » 8-00.

Ceux qui fant des nattes. . n »x 11-00 Ceux qui font des matelas. ». » 9-00

En 1835 le salaire extraordinaire et les récompenses

accordées chaque semaine, montaient à liv. st. 68-15-2. Une espèce de caisse d'épargne et de société de,

garantie mutuelle a été érigée par les soins du trésorier.

Chaque homme, à la réception des gages extraordi,

paires et des récompenses, donne un shilling et chaque femme un demi shilling. La somme qui provient de ‘ cette recette mensuelle, augmentée de dix liv. st. provenant de la vente d’une brochure publiée par M. Alston, est deposée à la banque et y reste en réserve Jusqu'à ce qu’un accident survient, qui donne le droit d’être. indemnisé ou aidé par le fonds commun. Le trésorier seul cependant a le droit d'y puiser.

Chaque semaine les aveugles déposent aussi une, petite somme pour payer le loyer de leur maison.

Le ‘bienfait de ‘cette heureuse économie de l’asyle s'étend hors de la maison à un grand nombre de personnes clairvoyantes. En 1836, cent-vingt personnes en profitaient , et, de cette manière, les aveugles, en se procurant une position honorable dans la société, ont encore le bonheur de pouvoir penser qu'ils recent d'autres heureux.

Cet asyle, contrairement à ce qui se pratique dans toutes les autres institutions, ne sollicite‘pas des souscriptions aunuelles, mais il se soutient par ses revenus, par des legs et des dons. Seulement on demande la. faveur du public pour l'achat des articles qu’on fabrique et-les prix n’en sont pas plus élévés que chez les autres marchands. De cette manière, disent les directeurs dans leur rapport de - 1838, nos concitoyens peuvent favoriser RAR sans faire le moindre sacrifice. à

L'institution de York a été ouverte le 6 octobre 1835, et doit son origine à une des plus nobles idées qu’on ait jamais réalisées pour Honorer la mémoire d’un concitoyen.

‘ Guillaume Wilberforce avait représenté le comté de York pendant six parlements successifs, le temps de vingt-huit années, et s'était jusqu'a sa mort devoué à sa patrie, Une assémblée de notables du comté convint, le 3 octobre 1833, pour chercher le moyen d'honorer dignement sa mémoire, et on prit les résolutions suivantes: que M. Wilberforce avait mérité la vénération de ses réprésentés; qu'un monument serait éigé pôur transmettre à la postérité la mémoire d'un caractère si digne d’être imité par ceux qui s'engagent dans la vie publique; que, tandis que l’as$émblée approuvait l'érection d'une coldnne, à Hull, sa ville

— 59 — natale , elle était d'avis qu'il convenait d'ériger un monument: dans lequel tous les districts, de ce grand comté fussent intéressés, et que la nature de ce monument

dépendrait du montant des souscriptions qu'on recueil

lerait.

Dans une assemblée suivante, on constata que l'opiniori du public était en faveur d'une école pour instruire les aveugles indigents et pour les former à des habitudes d'industrie, et dès le 10 février 1854, le comité central annonça que les souscriptions répondaient à ce qu'on

s'était promis et l'érection fut décidée. La maison s'est, :

dés son début, mise au premier rang de ce genre d'institutions, par les soins et le zèle du R. W. Taylor qui

en fut nommé surintendant. M. Taylor est un mathé-' maticien renommé, il est membre de la société royale

de Londres, membre honoraire de la société des arts :

d'Édimbourg etc. Dés 1820 il avait déjà entrepris l’éducation d’un riche aveugle et imprima dés-lors des petits

livres à l'usage de son élève avec des caractères de Paris. : Plus tard , lorsque la société des arts. d'Édimbourg eut reçu

des communications de la-plus haute importance en ré-

ponse à Ià question : quel est le meilleur alphabet à l'usage:

LE

des äâveugles, M. Taylor, dont on avait déjà bien apprécié les connaissances, fut choisi pour donner :

son avis, ée qu'il fit par un rapport des plus inté-

ressants et que læ société publia en l'approuvant. : La British association for the advancement of science le.

choisit encore, en 1837, pour le même sujet. J'en parle

plus :au-Tong daus le cinquième chapitre. M. Taylor :

n'est pas seulement un savant, mais il est un des hommes les plus ingénieux que j'ai jamais vus. Les machines qu'il a inventées ou perfectionnées à l'usage des aveugles l'atlestent de reste. La maison sous sa direction contenait,

en mai 1858, vingt-neuf aveugles dont treize filles. On admet les élèves dès l’âge de dix jusqu'à 16 ans. En mars 1838, dans une assemblée des directeurs de la maison, on a décidé d'admettre les enfants depuis l’âge de neuf ans. Îci, comme dans presque toutes les autres institutions de cette nature, l'éducation et le logement sont gratuits, mais on exige une rétribution pour la table, les habillements etc. La pension fut d'abord de quatre shillings par semaine; on la porta eusuite à trois shillings et six pences. La musique est enseignée à ceux qui ont les dispositions nécessaires et moyennant une augmentation de pension , à moins que l'élève ne soit pauvre et n'ait un goût décidé pour cet art. Tous les élèves apprennent l’arithmétique, la lecture, la géographie etc. Les métiers sont ceux qu'on a introduits ailleurs. Un des élèves, après un apprentissage de dix-huit mois, était en élat de gagner, comme vannier, onze shillings par semaine. Les ventes, depuis le commencement de l'institution jusqu’en mars 1837, montaient à L. st. 48-10-01. Les revenus, en y comprenant les donations et les souscriptions, montaient à L. st. 9002-02-00, et les dépenses à livres sterlings 3209-16-06. Je publie à la suite de ce mémoire le réglement général de cette. institution.

.Un autre éblement, a dû être ouvert, en mai 1838, à Manchester. M. Thomas Henshawv laissa, en 1810, un legs de 20,000 Liv. sterl. exclusivement pour l'entretien d'un asyle pour les aveugles, et sous la condition que le terrain serait acheté et la maison bâtie par d’autres; les habitants de Manchester souscrivirent pour près de 10,000 Liv. sterl. et, en 1857, j'ai vu le bâtiment presque achevé. Il est placé à côté de l'institut des sourds-muets. La chapelle sépare les deux institutions et les joint de

—. #4 — manière à n'en faire qu'un seul monument, grand et splendide, et dans le style gothique que les Anglais affec- . tionnent à présent. :

En 1837, M. David H. Wilson publia une lettre inté-. ressanie dans un journal de New-Castle, où à montra la possibilité et la nécessité d'établir un asyle pour Les infortunés aveugles ; sa voix a été entendue , et un établis sement y a été ouvert cette année.

Une large somme a été léguée pour l'érection d’une institution charitable pour les aveugles à Aberdeen et M. Alsion, dans une de ses publications, accuse, avec raison, de négligence les eurateurs qui tardent de satisfaire aux vœux du donateur. Une dame a légué , en 1837, . une somme de Liv. sterl. 5,000 pour l'établissement d'une pareille maison à Dundee. Mais le legs le plus’ considérable qu'on ait jamais fait pour une pareille institution est celui de feu M. Day, de Londres, qui laissa Liv. sterl. 100,000 , ou plus de deux millions et demi de francs pour la fondation d’une maison d'éducation pour les aveugles, qui sera placée dans la eapitale. Il y a encore une autre petite école pour l'instruction des aveugles-à Londres, mais le nombre des élèves est peu consi-. ‘ dérable. Je ne lai pas vue.

., En novembre 1835, feue M Walker forma une école pour donner une éducation préliminaire aux enfants aveugles destinés à entrer dans un asyle et pour montrer combien il est facile d'établir cette sorte de maisons même dans les moindres villes. Le nôémbre ordinaire . des élèves est de huit ; seize y ont déjà reçu leur instruction. Les enfants paient trois sbillings par trimestre. La maîtresse est aveugle. Les dépenses de la maison sont supporlées par le fils de M. Walker, et quelques sous-.

2. 40 criptions. Oh y enseigne la lecture , l'écriture ; Parithmétique, la géographie. Les enfants y apprennent à lire dans l’espace de quelques jours, plusieurs, après une instruction de quelques semaines, ant pu quitter l’école, capables de lire avec facilité.

En août 1837, M®° Greïg a publié le prospectus d'un institut qu’elle a l'intention d'ériger à Édimbourg pour l'éducation des enfants aveugles appartenant à la classe élevéé. de la société. M° Gteig a elle-même un enfant aveugle. Elle a visité presque toutes les institutions pour les aveugles de la Grande-Bretagèe , de la France et de l'Amérique, et adoptera les meilleures méthodes, Les premiers professeurs d'Édimbourg l’assisteront dans l'enseignement des différentes branches de l'éducation.

D'après leur. papacité et leur âge, les élèves apprendront la lecture , l'écriture, la grammaire , l’arithmétique, la tenue dés livres , l'algèbre, la géométrie , la géographie, l'histoire, la philosophie, les langues et la musique. La pension est de cinquante à cent guinées par an.

Vers 1830, M. Thomas Lucas ouvrit une petite école pour les’ jeunes aveugles, où il leur enseigne la lecture d'après son systéme slénographique d'impression en relief que je fais connaître dans le cinquième chapitre. La classe'est peu. nombreuse :et le succès est. ordinaire. Un des élèves, après une année de pratique, ne déchiffrait qu'avec peine une ligne que je lui assignais dans l'Évangile de St-Jean, publié: par M. Lucas, et Parree qu'en se méprenant :sowvént. |

: Tel est l'état'actuel des établissements pour les aveugles

en Angleterre et en Écosse, Les revenus sont immenses dans plusieurs institutions et les dépenses très-fortes.

J'ai calculé ce qu'un élève coûte par an dans la plupart des institutions, et j'ai trouvé que, sans compter les matières premièrés qu'il emploie dans:son métier ; mais en y comprenant les gages qu'il reçoit, et ‘toutes les dépenses de ménage ; de surveillance eto. Un aveugle,

en 1856, à Glascow, a coûté pers Fri 725.60

en 4834, à Edimboutg, : n : :783-0Q en 1856, à Londres, : 4000-00 en 1836, à Liverpool, | 4105-00 en 1836, à Bristol, , 1138-00 en:1836, à York, » 1512-00

Je dois faire observer quant a cette dernière institution que ses dépenses ont du être plus fortes que partout ailleurs, à cause de sa récente ouverture et le petit nombre de ses élèves. La sage’ organisation de, cetig maison et le talent du surintendant font espérer , avec fondement, que dans peu de temps elle se mettra à la tête des-établissements pour les aveugles en Angleierre.

On observera que l’économie avec laquelle les institulions d'Écosse sont conduites comparativement à celles de l'Angleterre, prouve encore une fois l'avantage des asyles sur les écoles.

Quelles qu’elles soient cependant, écoles ou asyles, les institutions pour les aveugles dans la Grande-Bretagne méritent de servir de modèle aux établissements à former dans les autres pays, et leur origine aussi bien que leur direction font beaucoup d'honneur au pays. ‘Une inépuisable philantropie, un luxe de souscriptions, a permis de bâlir des palais pour y établir ces institutions; on a eu cependant le bon esprit de ne pas

+ faire des seigneurs de cette classe d’infortunés . à l'exception de la propreté de leur personne, pour laquelle on prend des soins assidus, et qui n’est pas ordinaire dans la classe dont ils sortent, tout, à leur aspect, rappelle leur rang. Leur travail est soutenu et bien réglé, leurs habits sont très-communs et leur nourriture saine et abondante, mais telle qu'ils se la pourront procurer toujours s'ils réussissent dans leur instruction et s'ils n'abandonnent pas ces habitudes d'ordre et d'économie qu'on tâche continuellement de leur inspirer.

Les aveugles sont trés-sujets à l’abattement et parconséquent enclins à la présomption. Il y a de: institutions où par une inscription , on prie les visiteurs de s'abstenir de toute inutile expression d’étonnement sur ce qu'ils voient et de pitié de ce qu'ils sentent en présence de ee grand nombre d'êtres privés de la lumière. |

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