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Lg » bre d'idées par des signes ...... Les mimes romains » en sont un exemple. On sait qu’un roi barbare, » frappé de la vérité de leur langage par gestes, de- » manda à l'empereur d'en emmener deux dans ses » états... L'écriture s'associe à la parole, et par la » parole . à la pensée, mais elle peut aussi retracer » directement la pensée, sans l'intermédiaire de la » parole, témoins les écritures hiéroglyphiques, dont » le caractère est entiérement idéographique (1). »
Jérôme Cardan avait également entrevu qu'on peut conduire les aveugles à lire par le tact, et il cite à cette occasion quelques faits rapportés par Erasme. Mais après avoir jeté, comme au hazard , des indications qui promettaient des conséquences dignes de tant d’attention, et qui demandaient un développement propre à des rendre applicables , il s'arrête , suivant son usage , et passe à d'autres sujets. |
Mais nous ne pouvons reconnaître la véritable décou* verte de cet art, que dans les travaux des hommes qui ont appliqué dans toute leur étendue les principes sur lesquels repose l'éducation des sourds-muets , et cette gloire appartient à un -Bénédictin d'Ona, au royaume de Léon, nommé Pierre Ponce. Nous n'avons rien de lui; mais heureusement deux de ses contemporains nous ont transmis , sur son compte , des indications d’un grand prix. L'un est François Vallées , auteur d’ une Philosophie sacrée.
« Pierre Ponce : moine de É , mOn ami, dit- » il, chose adinirable, enseignaït aux sourds-muets de » naissance à parler. Il n’employait à cet effet d'autre
(1) De utilitate capienda ex adcersis bb. u, cap. T, : / De subtilitate, lib. xiv. |
= 08. — moyen que celui de leur apprendre d’abord à écrire,en leur montrant du doigt les’objets qui étaient exprimés
par des caragtères écrits; ensuite , en les exerçant à
». répéter par l’organe vocal les mots qui correspondent
à.ces caractères... Cest ainsi que ceux, qui sont privés . de l’ouie , peuvent remplacer la parole par l'écriture,
: etarriver à la connaissance des choses divines, par
le moyen de la vue, comme les autres le font par le .moyen de l’ouie; ce dont j'ai été temoin dans les élèves de.mon ami.
Ambroise Morales, de ses Antiquités d Espagne,
nous apprend aussi qu'il a été témoin des succès de Pierre de Ponce. « Pedro de Ponce, dit-il , enseigna
aux sourds-muets à parler avec. une perfection rare. Il est l’inventeur de cet art. Il a déjà instruit de cette
. manière, deux frères et une sœur du connétable , et
s'occupe actuellement de l'instruction du fils du gou-
.verneur d'Arragon:; sourd-muet de naissance , comme
les précédents. Ce qu’il y a de plus surprenant dans
son art; c'est que ses élèves tout en restant sourds-
» muets, parlent, écrivent et raisonnent très bien. Je » conserve de l’un d'eux, dom Pedro de Velasco, frère ». du connétable, un écrit dans lequel il me dit que
c'est au père Ponce qu'il a lobligation de savoir parler. »
Le registre des décès du ane des Bénédictins de
San - Salvador d'Ona s'exprime en ces. termes : « L'an
. 1585, au mois d'août, s'endormit dans le Seigneur le frère Pierre de Ponce, bienfaiteur de cette mai-
son, qui, distingué par d'éminentes vertus , excella principalement dans l’art d'enseigner aux sourds-
” muets à parler et obtint dans tout l’univers une juste
célébrité, »
Te
Dans les archives du méme couvent, on trouve l'acte d'une fondation d’une chapelle , fait consigné par Pedro de Ponce , lequel atteste que :« les sourds-muets, ses » élèves, parlaient, écrivaient, calculaient, priaient » à haute. voit, servaient la nresse, se. eonfessaient ; x. parlaient le grec, le latit, l'italien, et raisonnaient + trés bien sur la plrysique et l'astronomie. Quelques- » uns sont même devenus d’habiles ‘historiens. Ils se » sont, dit-il... tellement distingués dans les sciences, » qu'ils euésent passé pour des gens de talent aux » yeux d’Aristote. »
Castaniza, auteur d’une vie : e Saint-Benott , . qui parut à Salamanque, en 1688, parle eü plusieurs eh: droits de la méthode de Ponce, pour donner aux sourdsmuets l'usage de la parole.
Les témoignages unanimes ‘des contemporains ne hisent donc aucun doute sur le succès vraiment prodigieux de P. De Ponce; on ne pourrait les JE 4 tout au,.plus, que d'u peu d'exagératiün.
It est assez naturel de supposer que l'admiration qu'a. dà exciter un phénomène inconnu et jusqu'alors oui, leur a fait.exagérer ce succès. Ceux qui sont un peu’ familiarisés avec les sourds-muets, savent combien il est facile d'attribuer à leur intelligence, ce qui est l’effet de leur mémoire , et combien il faut procéder avec prudence," si on ne veut pas charger leur mémoire sans développer leur esprit.
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Essai. sur. | l'éducation, 4 este sur vel : du : sourd-muet,, pari M. Désiré. Ordinaire, directeur - de l'institut royal. des courds-muets etc. étc. etc. . Paris, .‘heg::L. Hachette, 1856. DURE ‘
sous’ le. modeëte title d'Essac, cet ouvragé est ,'sans éontredit, le plus remarquable; ‘qu'on ait écrit sux ceite matière,. depuis le aélèbre traité de M. De Gérando: De l'éducation des sourds -muets.. Ge n’est pas ici une nouvelle méthode, ce n’est pas même un ouvrage uniquement destiné insfitutems des: sourde muèts. Ses méditations: sur’ ces infortünés l'ayant ! forcé de, remontgr à la sourcg de tout enseignement, ses remax ques seront d’une immense ‘utilité pour tous: : CEUX qui s'intéressent ‘à l'édücation ‘de l” enfance , et principalement pour les instituteurs qui cherchent à se rendre ouipte de l'importance, de:la' rhiséion qui leur est sapfée, 84 qui-ont à -cœur/de da remplir: : : 1: « 1] Les, observations de M. Ordinaire sw, l'éducation dénotent en lui up “éondaissance approfondie ‘du développement de l'intelligence humaine ? étui eiprit éfninémrhent ÿhibsophique et pratique ;‘it prend la nature sur le fait. J'ai été obligé, dit-il aux mères, deremonter jhsqu’à vous! our. trouver: d'application de ce que la: Providence. nous prescrif en faveur de l'enfance ; mais Si, “Plus que la science, vous êtes restées Eflèles &' là watüré, "evést à'a puissince dé votre instinct, plus qu'à fa ilumière: de svotra intelfigance : que! sous ‘et: sdhitnes: redévables SAR Re si voire raison n’a pu égarer votre.cœur, os n'est pas. & vous, g'est 3 celui qui a bien fait toutes -chpses , que. j'en rends râce. IL -sérait’ impossible de fre ‘udée 4 dnalyse complète ‘d'un ouvrage aussi ee tathorai. depéñidad® dé: présehten dédié’ un'‘des port numéros, uue idée de lente des yugs, de l’auteur. | Hs 4e vien Eh
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at À Histoire et statistique de l’éducation des sourds-muets, par Ferdinand Berthier, professeur sourd-muet à l'institut: royal. Paris, 1836.
Cerre petite brochure de 28 pages est un article que l’auteur a publié dans le journal mensuel de l’Znstitut historique, et qui contient une
à a — esquisse rapide de l'hisieire de l’art d'instrüire. les sourds-muets, L'auteur. nous y communique qüelques détails sur une entreprise assez curieuse qu'il poursuit avec persévérance depuis longtemps, avec le serrétaire perpétuel de l’Institut historique, M. Rugène de Monglave, mais dont le suceës me. parait très-douteux et l'utilité. très-problématique. Un des plus grands désavantages des signes, c'est qu'ils n’ont pas d'expression Permanente, en ne peut pas les fxer. L'immutabilité et la permanence de l'instrument de communication rendent des services que ne feront jamais les signes fugitifs et transitoires. Les signes écrits sont seuls capa< bles de fixer et de captiver l'attention; seuls aussi, ils permettent da faire une fouke de combinaisons, en distribuant diversément les mots , en les opposant les uns aux autres, et en leur faisant subir d’autres changements, qui s'adaptent parfaitement aux opérations de l'esprit. C'est op qu’a senti M, De Rébian, l'apologiste le plus ardent des signes mimiques, et qu'il: a. tâché d'obtenir par sa mimographie. Je vais en présenter une idée, d’après un rapport de M.le baron Cuvier et les observations de M. De Gérando. :
Comme. on a. analyeé la langue articulée, jusqu'à le réduire à un nombre déterrhiné d'éléments, qui, en se combinant, peuvent exprimer tous les :sons qu’on prononce, ainsi M. De Bébian a tâché de rappeler-à un certain nombre d'éléments tout le. langage mimique. Pour écrire doht cette langue, il avait à signaler l'organe en jen, %le mouvement exécuté, et.5° la position donnée. Pour exprimer l'organe en jeu, il en a dessiné les coùtours, qui, quoique très simples et fort. reduits, conservent pourtant quelque analogie avec le membre qui fait le sigue,. Les mouvements sont exprimés par des lignes courbes, sinueuses ou draites, et par des. accents, afin de pouvoir indiquer les modifications que subit le mouvement; enfin il a dû admettre des points physionomiques pour représenter les expressions si délicates et si vives, que prend souvent la physionomie ,.et qu'il est impossible d'analyser et d'exprimer. Îl groupe alors ces, divers signes et en forme des mots et des phrases.
On peut déjà, d'après ce seul exposé, juger de l'immense difficulté ge cette mimographie. .Le nombre de ces signes est déjà considérable ; ik 3 eu à 150, et on est loin d’avoir épuisé tout le jeu des organes, Ces signes , d'ailleurs, sont quelquefois si subtile, qu'ils échappent facilement à l'attention ; les traces de l'analogie .en sont parfois très faibles at s'effacent même souvent entièrement, de maaière qu’alors ils n’ont auçun avantage sur tout autre signe, En outre, l’utilité de cette mimographie est totalament subordonnée à l'hypothèse que soutient l’auteur: que les signes mimiques, avec leur. développement en signes méthodiques, sont l'instrument essentiel de l'éducation du sourd-muet; or, on sait à quoi s'en tenir sur ce système. On ne peut donc cousidérer cet essai que. comme un travail ingénieux, qui ne pouvait être réduit en pratique-et
dertit échouer , parcë qu'il est basé sur deux principes à peu. près inéom« pétibles , la simplicité des formesiet les traits de l’analogie. À :f : MM. De Monglave .et Berthier en out jagé autrement. Un dietionnaire dé sigues. écrits w'offrirsit, selon M. Berthier, pas moins d'avantage aus Mmitres qu'aux élèves; les uris y trouveraient les signes naturels des idées, ét Les autres la signifivation des mots; eomme les enfints des eoilègos trouvènit dans ut dictionnaire; à: côté: des mots français, le senn des moie Jtfüs ou 'grees qu'ils «e conmafssint pas. Il pense aussi que le eouteitiusb ke plus ignorant (page 14) pourrait apprendie , par ce: moyen, en huit éx dix jours, à peindre sa pensée our le papier. J'aurai'lieu enoare dé pérler de cet esmai, quand je srki parvenu aux travaux de M..Be Béhian: ““On"trouve dans ce petit ouvrage '&e M. Berthfor quelques dssertions quil à 'ellés étaient exactes, donneraient une triste idée de l'état de l'insteuc4 tion dans l'institution royale de Paris. Heureusement on peut les attribuer 4h ‘hâte avec laquelle l'article paraît avoir été rédigé; elles lui seront échappées dans ün moment de distracttorr. us
« Après avoir reconnu, dit-il (page 2), que les sourds- muets doivent étte ‘les seuls maitrés vempétents ‘en: fuit de gestes, an lieu de rétevoir d'eux les signes tout faite, l'abbé, De L'Epée a eu le tort smpare donnable de vouloir leur imposer les viens. » « On né s’étonnera pas, ait-i1 (Ibid; 2e col. ), que de de poreilles erreurs aïent pu échèpper à àu homime d'un esprit aussi supérieur etc. Disons-le hautement (page 10); ét'dé n'est pas une tâche pour la mémoire de M. l'abbé De L'Epée ; eefat bien plus son- exemple que s0n satoir qui consokida son: institution des sourds-muets. » se.
- L'éuteur dit que l'abbé Sicard avait peu éfndié le langage des gestes (page 12) , que son Cours d'instruction est, comme on l'a dit si jadiciee» ééinent, une sorte de romas philosophique, plutôt fait pour l'atrdsement dés: amateurs que pour l'instruction des maîtres. Ce cours cepundants ditil quelques lignes plus haut, est encore ds charte de nos écoles.
Il a avoué que l'abbé De L'Epée a eu le fort smpardonnable d'inventer Rs signes méthodiques, it a: déjà. parlé de ses érreurs; de son exerhiple flutôt que de son savoir; l'abbé Sicard connaissait pen le lénguge des gestes, l'auteur ne le vit jamais s'exprimer qu'avec des signes méthodiquers sa théorie des signes t'est qu’une longue suite de lourdes pértpPhräses, capables d’égarer ét ‘de rébuter la volonté même la plus forte. ‘ LCépendudt malgré ces assértions; :« les amis des sourds-muets doftent voir gré, dit-il (page 15), à M. Be Bébian, de ses efforts pour popirélarste la tradition ‘des principes conservateurs de labbé De L'Épée et de l'abbé Sicard, que certains esprits étroits ont la présomption dé »Volbir: détraire, pour édifier sut leurs ruines l’œuvre de leur orgueñ #üt de Tèur nullité. » | IÆn pasluht de l'articulation et de la lecture sur les lèvres (page 18), « il serait à désirer, dit-il, qu'on proscrivit, une bonue fois pour toutes,
voi À
» ces deux grands chevaux de bataille de la direction actuelle , et auxquèls » on demande que tout soit sacrifié. » Il reconnaît cependant que larti- culation cst un accessoire utile, un complément d'éducation pour les élèves qui y montrent de l'aptitude ; pourquoi done les proscrire? Je n'ai pas vu, pendant mon séjour à institution de Paris, qu'on sacrifiât tout à l’articutation et à la lecture sur les lèvres; au contraire, j'ai vu avec peine que les eflorts du directeur ne fassent pas asser secondés. D'ailleurs, une preuve flagrante de ce qu’on n'y sacrifie pas teut, c'est que M, Berthier, sourd-muet de naissance, est professeur et qu'il n enseigné Pas; sans doute. l’articulation ni la lécture sur les’ièvres.
Au reste, ces petites tâches n'ôtent rien au mérite sd id de M. Berthier, que je ne peux mieux faire ‘connaître qu'en transcrirarnt un passage du discours que M. Fotestier lui adressa, À l'occasion de l'anniversaire de la naissance de l'abbé D L'Épée, dont parle l'articie suivant: « Vous réunissez à une âme noble et élevée une haute raison « et un talent d'écrivain et d'orateur, Votre maitre, appréciateur du « mérite, yous avait si bien deviné, quand il vous avait proposé cohime « un sujet à conserver à l'institution royale de Paris, en disant que vous « pourriez lui rendre les plus grands services, ete. etc. »
La célébration de énvéaare de la naissance de l'abbé De l’Epée a eu lieu le 4 déeembre. pour. la troisième fois, chez M. Barraud, restaurateur, place du Châtelet. Cette fête a été terminée au milieu d’un retentissement d’allégresse, par l'inauguration d’un buste de cet apôtre, exécuté avec un rare talent par M. Parfait-Merlieux. La réunion était plus nombreuse que les années précédentes. On était agréablement surpris de voir plusieurs saurds-muets éloignés de la capitale, quitter leurs modestes travaux, leur unique ressource, pour venir se mêler aux hommages de leurs frères. La présidence avait été dévolue à M. F. Berthier, professeur sourd-muet. À sa droite était M. Bouilly, l’auteur du drame de 7’Abbé de l'Epée..
Le président a mimé un brillant discours , dans lequel, après avoir payé un juste tribut de reconnaissance à la cottate et active sollicitude de l’administration en faveur de ses compagnons d’infortune , il a déclaré, au milieu d’unanimes applaudissements, l’intention où étaient duelques. sourds-muets instruits de demander au gouvernement l'autorisation de créer des cours publics et gratuits pour les pauvres ouvriers qui, atteints de la même infirmité, languissent, disait-il, « dans une complète ignd- » rance des devoirs et des droits du citoyen, et qui, pour mieux gagner » leur-pain, ont besoin de savoir appliquer la chimie à l'industrie, »
Immédiatement après, le président a lu la réponse de M: Béranger à une lettre qu’il lui avait adressée, pour recommander le Micnfaiteur des
-6mrds-muets à sa muse. Cette lecture a produit sur fous un effet difiicile -k décrire. Le président avait aussi un lecteur pour la partie parlante «de l'assemblée. Le poëte s'excuse d’abord avec la plus touchante modestie ide né pouvoir satisfaire à ce vœu sur çe que, vu le court intervalle qui iséparait la demande et le jour de l'inauguration, uu si grave sujet ne pouvait pis être improvisé. «Dès ma première enfance, y dit M. Bé- +rahger , le nom du père des sourds-mueis a été sacré pour -» tri, C’est chez une de mes parentes de Picardie que fut recueilli «h. d'abord .ce jeune de Solar, qui a tant marqué dans la vie de l'abbé de
» l'Epée, et mon père avait été assez. heureux pour ayoir quelques oh rplatians aves cet homme, ohjet de tant de bénédictions. . Vous voyez # que son éloge n'eût pas été tout à fait chose nouvelle pour moi... sh D'après le tableau que vous offrez dans votre Notice (1), on peut «# espérer désormais que; dans les pays civilisés, aucune grande faculté ;*. ne restera enfouie où Dieu:en aura, mis le germe, et que la grande ”famile me comptera De de déshérités, au moins sous le. rapport de À, Vintelligence.
» En vous remerciant, Monsieur, du fruit que j'ai retiré de la lecture # de votre brochure, permettez-moi de vous charger d'être mon interprète » auprès de vos frères qui avaient partagé l'idée de m'appeler à concourir » à la fête vraiment sainte que vous allez célébrer. En vérité, il est » honteux pour moi que l'abbé de l'Epée qui a donné une expression à » tant de pensées ne puisse me donner la poules à moi qui suis devenu » muet, »
* Deux discours remarquables ont été aussi mimés par M. Lenoir, profet- ‘séur sourd-muet, et par M. Forestier un des commissaires du, banquet, Fün s sur les successeurs de l’immortel abbé de l'Epée, ét l’autre adressé au président. Une chanson improvisée àu moment méme du ‘dînér « été be par le dernier et saluée par les plus vifs transports’ de gratitude.
usieurs toasts ont été accueillis par les mêmes sentiments. : | Cej jeune de Solar dont parle ici M. Béranger, fut trouvé dans les rués «de Paris. couvert de haillons et mourant de faim. Il fut recueilli par des “personnes charitables, qui s'étant aperçues qu’il était sourd-muet ‘le confièrent à ,l’abbé de l'Epée qui s’en chargea et le nomma Théodore. Des manières polies et des habitudes qui contrastaient avec ses livrées ‘de la misère semblaient annoncer une origine distinguée, Après bien des recherches l'abbé de l’Epée crut avoir découvert le lieu de naissance du jeune Solar et envoya son élève à Toulouse. Les infirmités et les occupations de ce bienfaiteur de l'humanité ne lui permirent pas de l'accompagner ; il confia ce soin au maitre de pension chez qui demeurait le jeune homme et à Didier, autre sourd-muet plus âgé et plus instruit, qui s’était attaché
4 ; F i É , # té dé re (1) Histoire et statistique etc. par F, Berthier.
à son sort. Leur voyage ne fut pas sans résultat. Le jeune Solar retrouva" la maison paternelle, mais on refusa de le reconnaître. H revendiqua' cependant ses droits; une sentence du Châtelet, du 8'Juin 1781,
rendit à Théodore le rang et les biens du comte de Solar. Quelques né plus tard , ses cruels parents entreprirent de nouveau de le dépouiller' et y réussirent en 1792. Privé de tout appui, abandonné de tout le monde, il s’engagea, dit-on, malgré son infirmité, dans un régiment de Cuirassiers, ou, suivant d'antres. dans un régiment d'artillerie légère et périt sur le champ de bataille, frappé d’une balle au front, ., ..
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ES] Le = - , v r+ , , ni fs *
” Depuis environ deux ans, un jeune sourd-muet a trouvé un asile dans le château du bienveillant M. Borstel, dans le Holstein. Ses manières font présumer qu'il est d'une bonne famille: mais lon n’a pu encore rien découvrir de certain sur son origine. Ce jeune homme étant doué d'une” rare intelligence, on a réussi en peu de temps à lui apprendre à exprimer. ses, idées par éerit dans la langue allemande. Suivant ce qu'il a pu écrire, jusqu'à ce moment, en y joignant quelques dessins informes dont il a pris. L'idée dans une gravure représentant la ville de Marseille, qu'on présume. être sa ville natale, On conjecture qu'il est fils unique d’une veuve de œtte ville, qu'il a été livré par elle à un capitaine suédois qui l'a énfermé dans un réduit obscur. Il croit que le navire sur lequel il se trouvait ainsi prisonnier a fait voile pour des pays très-éloignés, par exemple, les Grandes-Indes. Il donne comme un fait certain que le bâtiment s'est arrêté à Ste-Hélène pour y prendre des provisions fraîches, mais qu’on ne lui a pas permis de descendre à terre ; qu’après un autre voyage assez long du navire, on lui a pris une montre portant un chiffre qu'il a désigné; qu’ensuite on l’a placé dans un bateau dans lequel il s’est rendu ‘à terre en ramant lui-même; étant arrivé, il a dirigé ses pas vers une maison où l'on dansait; puis, ayant continué à s'avancer dans le pays, il est arrivé le soir, épuisé de fatigues, au village d'Ocring, dépendant des propriétés de M. Borstel ; qu'après avoir été hébergé une nuit dans ce lieu, il fut conduit au régisseur du domaine qui a cherché à l’employer en le chargeant de plusieurs petits services dans la maison. On a déjà envoyé à Marseille plusieurs des notes écrites par ce jeune homme, ainsi que ses dessins dans lesquels la maison de la veuve, la rue où elle est située, et les diverses boutiques des maisons voisines sont clairement désignées. On espère de cette manière parvenir à connaître jusqu’à quel point sont fondées les explications données par ce jeune inconnu.
Le vaisseau suédois a été également si bien désigné qu’on a pu découvrir le capitaine en Suède et lui faire subir un interrogatoire sur fous ces faits; mais il a nié avoir jamais eu à son bord un jeune homme qui eût quelque
eo
rpssemblance avec celui-ci. Une circonstance bien propre à faire naître des soupçons, c'est que dans les différentes notes écrites par ce jeune homme il confond constamment les lettres B et P, D et T, mais on peut présumer que cette erreur vient de la manière dont il a appris à les former. Le jeune homme paraît âgé de 19 à 21 ans. |