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M. Jean Lothian, un des concurrents qui avait pre. senté un caractère arbitraire , explique aussi ses motifs. La lettre, ditl, qui paraît peut-être très-simple à la vue, peut être trés-difficile à reconnaître par le tact, La simplicité d'un caractère est tout-h-fait relative, J'ai donc abandonné sans la moindre hésitation tonte 1dée de conserrer à mes caractères assez de ressemblance avec nos alphahets pour être facilement reconnus à la première inspection, En formant un alphabet pour les aveugles, on doit préférer ce qui convient aux aveugles à ce que désireraient ceux qui voient.
L'adoption du caractère romain, dit le Rev. Edward Craig, offrirait sans doute quelques avantages, elle les associerait plus immédiatement à la société et leur assurerait de tous côtés une assistance dans leur écri-
ture et leur lecture, qu'ils ne rencontreront pas autre-
ment. Mais cela est presque impossible, la différence des lettres romaines entre elle n'est pas assez palpable, elles sont trop composées et pour s'en servir dans l'impression , elles devraient étre si grandes , que leur dimen-
sion ajouteragit beaucoup aux dépenses,
Je joins ici une lithographie contenant seize alphabets arbitraires qui furent envoyés à la société. Ceux qui les avaient inventés prétendirent que ces caractères possédent une différence caractéristique plus grande, qu'ils sont plus faciles à lire par le-tact et qu'ils occupent moins d'espace que l’alphahet ordinaire; on en jugera
par ce qu'on 4 sous les yeux , et je n'en doute pas,
personne ne sera de cetie opinion, au gontiraire, un examen quelque peu approfondi convaincra tous ceux qui s'en donneront la peine, que la forme générale de nos lettres d'imprimerie offre plus de variélé que ces
alphabets arbitaires. On a prétendu aussi, qu'en donnent différentes positions à un caractère, on réduit le nombre des formes, etque ces caractères s’impriment par conséquent plus aisément dans la mémoire. Mais chaque nouvelle position d’un signe est en réalité une nouvelle: forme ou .du moins quelque chose de neuf à
- imprimer dans la mémoire; l'avantage d’un caracitre
nouveau est sous ce rapport peu marquant. ee
C'était l'opinion. de M. W. Taylor, à qui la société des arts avait envoyé toutes les communications qu'elle avait reçues, et qu'il a exprimée dans le rapport si sage et si impartial que la société a jugé à propos d'imprimer en entier. Aussi, le prix fut-il adjugé .aux. caractères de M. Fry, de Londres. Les lettres de M. Fry sont celles que M. Alston , de Glascow a adoptées, qui en a rendu la surface un peu moins platte.
En effet, si un caractère, connue des clairvoyants, est employé dans l'impression en relief pour les aveugles, ces inforlunés sont plus rapprochés des autres hommes que s'ils se servaient d’un caractère inconnu de ceux qui les entourent : quoiqu'on en dise, il nous en coûte d'apprendre un nouvel alphabet pour l'enseigner à des ‘enfants et cette difficulté rebutera plusieurs personnes qui, sans cela , se seraient occupées de cet enseignement. ‘Diminuer la difficulté qu’auraient les elairvoyants à connaître l'alphabet des aveugles , est réellement tra- . ailler en faveur des aveugles. |
Le plus grand nombre ‘d'aveugles se trouve parmi la classe pauvre , et le plus grand malheur des aveugles est leur isolément; tous nos efforts doivent tendre à les rapprocher de nous, et à rendre leur instruction aussi semblable à la nôtre qu'il est possible , et à commencer celle instruôtion aussi vile que l'on peut ; et qu'on
ne croie pas qu'il faille une mstitution particulière pour leur apprendre à lire. Si le caractère de leurs livres est celui que nous:enseignons aux autres enfants, les écoles ordinaires pourront admettre dès Jeur tendre jeunesse ces infortunés qu'on en tenait Jusqu'ici éloignés ; sous un faux prétexte, et leur mal- . heurleur pésera moins, leur intelligence se développera et Le profit qu'ils retireront de leur séjour dans des établissements particuliers sera en rapport de ce qu'ils auront déjà appris avant d'y entrer.
Les jeunes aveugles sont très-sujets à l’abattement,
à cause de l'exclusion de toute participation aux occupations , aux jeux etc. des autres enfants; cloués toujours à la maison, traînés plutôt que guidés , trop de soins mal éclairés les empêchent d'acquérir cette confiance qu'ils ‘devraient avoir dans eux-mémes, et par crainte d’une chüte ou d’une petite blessure les parents ne leur laissent pas découvrir Les lieux qu'ils habitent et les objets qui les entourent , ce qui leur serait cependant d'un si immense ‘avantage: Si les jeunes aveugles fréquentaient les écoles avec les autres enfants , ils participeraient à leurs jeux et ” l'exercice les fortifierait; ils seraient forcés de s'appuyer ‘davantage sur eux-mêmes, car, par insouciance nalurelle, les enfants clairvoyants les abandonneratent souvent à eux-mêmes ou se contenteraient de les guider par paroles, ce qui serait plus heureux encore. Or, l'adoption du caractère ordinaire rend tout cela possible,
et l'instruction des aveugles devient par-là aussi simple que celle des autres.
La lecture pour un äveugle a une grande utilité elle .l’occupe et l'insiruit; mais l'écriture est plus utile encore et un besoin plus souvent senti. Pour communiquer avec les autres par l'écriture, il faudra qu'il se serve d'un
= 9® = garaelère connu de ceux avec qui il veut entrer en correspondance. C'est donc doubler les difficultés que de leur donner un alphabet pour lalecture et un autre pour l'écriture.
La question a pu être agitée il y a quelques années, mais à présent elle est décidée. La France , l'Allemagne, la Suisse , l'Angleterre et l'Amérique ont adopté le caractère commun; un seul essai de quelque importance a été fait par. des caractères arbitraires, et c'est l'impression de l'Evangile de St-Jean et d'un petit lire de lecture avec les signes -sténographiques de M, Lucas, de Bristol, qu'aucun institut n’a adoplée ni n'adoptera , ear la conviction des avantages de l'alphabet ordinaire est trop fortement enracinée dans l'esprit des directeurs des institutions. (Voir les addenda, )
Mais il resie après ceci une autre question à débattre et dont la ‘solution est moins avancée que la première, Il s’agit de décider s'il faut adopter les caractères romains A,B,C, D, E, F etc. ou bien ce qu'on appelle les lettres du bas de easse a, h, c, d, e, f etc. modifiées de manière cependant à leur conserver la forme connue.
La société des aris d'Édimbourg avait décidé en faveur des lettres capitales; les rapports de M, Taylor ayaient fortement contribué à celte décision. Cette opinion comptait lors de mon voyage un plus grand nombre d'adhérents que l’autre et les livres imprimés selon ce système étaient introduits dans plus d'établissements que les livres imprimés avec les caractères du bas de casse modifié.
Deux hommes se partagent encore les convictions, M. Alston de Glascow , se sert de lettres capitales , telles que le spécimen qui se trouve ici. Comme ïül est actif et