SUR LA BATAILLE DE MAGENTA
uous a prêté dans cette journée la division qui était alors sous vos ordres.
L'on a dit que les Piémontais auraient pu arriver plus tôt qu'ils ne Font fait sur le champ de bataille de Magenta. Toutes les fois que j'en ai trouvé l'occasion, je me suis élevé contre cette opinion, qui, pour moi, ne s'explique que par une connaissance incomplète des faits et des obstacles que l'armée piémontaise a rencontrés sur la route.
Lorsque l'armée du Roi s'est présentée le k juin, le matin, devant les ponts du Tessin, nous avions encore sur la rive droite, non point une division, comme vous paraissez le croire, mais seulement la brigade Decaen, des voltigeurs de la Garde .
J'avais reçu l'ordre de partir, à dix heures, avec tout le 2 e corps et la division Camou, des voltigeurs de la Garde. Vers les huit heures et quart environ, j'appris, par un officier d'état-major sarde, que le Roi se trouvait sur les bords du Tessin et voulait faire passer immédiatement les ponts à son avant-garde. Je me rendis immédiatement près de Sa Majesté, je lui montrai les ordres de l'Empereur, et obtins, après de vives instances, que ses troupes ne se mettraient en mouvement que lorsque la brigade Decaen aurait passé sur la rive gauche. J'envoyai immédiatement à cette brigade l'ordre de se mettre en route le plus tôt possible.
Vers les neuf heures et demie, tout le 2 e corps et la division Camou prirent les armes, et commencèrent leur mouvement. Pour faciliter la marche des troupes du 2 e corps, qui était campé sur la rive gauche du ca-
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nal, j'avais prescrit de faire diriger tous les bagages sur Buffalora, par la route qui longe la rive droite du canal. Pour cela, les bagages étaient obligés de passer le canal, au pont même de Turbigo. Cela explique naturellement l'encombrement qui a eu lieu sur ce pont, par où vous étiez obligé de passer, et par suite le retard qu'a dû éprouver votre armée dans son mouvement.
Je passe sans transition au moment de Faction.
Avant d'exécuter le mouvement offensif sur Magenta, je dus me préoccuper d'assurer ma gauche et mes derrières. Dans ce but, la brigade Gault, de la division Espinasse, fut laissée à Marcallo, avec ordre de rallier le reste de sa division dès qu'elle serait relevée par les troupes sardes, qui, d'après ce que m'avait dit le Roi, le matin même, devaient suivre la route parcourue parla division Espinasse. Comme j'avais le plus grand intérêt à disposer le plus tôt possible de cette brigade, j'envoyai mon premier aide-de-camp, le commandant Borel, pour vous prier d'accélérer votre marche, afin de protéger au besoin notre gauche et nos derrières. Cet officier supérieur me rendit compte qu'il avait rencontré votre division à hauteur de Buscate et que vous aviez pris immédiatement les dispositions nécessaires pour effectuer le mouvement que je vous avais demandé.
En effet, vos troupes arrivèrent assez à temps pour permettre a la brigade Gault de rallier le reste de sa division avant que Magenta ne fût entièrement occupé, et votre bataillon de bersaglieri, qui, avec 4 pièces de