‹ Le Spectateur militaireChapitre 7 sur 82 · VISITE DES PLACES · texte numérisé non relu

VISITE DES PLACES

M. d'Argenson proposa au Roi en 1746 de faire parcourir toutes les places frontières du royaume par les ingénieurs qu'il jugerait les plus capables de lui en rendre compte, en se conformant à une instruction qu'il leur remettrait. Milet de Monville, ingénieur en chef a Toulon, et Cormontaingne, furent les premiers qui rerurent une semblable mission : Milet de Monville, le 7 juillet, pour les places du Dauphiné, de la basse et de la haute Provence; Cormontaingne, le 24, pour les places de l'Alsace, de la Franche-Comté et de la Meuse. Cette mission ne leur donnait aucune supériorité sur les autres directeurs, qui devaient seulement leur fournir les renseignements qu'ils demanderaient. Kilo ne doit pas être confondue avec les visites d'inspection ordonnées par extraordinaire en 1743.

Milet de Monville fut empêché de remplir sa mission. Cormontaingne adressa au ministre des mémoires tant sur les places que sur les frontières qu'il visita.

Par son instruction, le ministre demandait sur chaque place :

.1° Un mémoire général qui contînt un exposé de sa situation relativement à la part qu'elle peut avoir à la défense de la frontière ou à l'objet qui a porté à la fortifier; qui fit connaître l'état actuel des ouvrages, la force delà garnison, la quantité d'artillerie et les approvisionnements nécessaires dans le cas d'un siège à

soutenir ; d'où ces approvisionnements pouvaient être tirés; s'ils peuvent être mis dans des emplacements assurés ; si les souterrains sont en nombre suffisant et à l'épreuve; les projets dont la place est susceptible; l'état des bâtiments de l'état-major.

2° Ud mémoire sur tout ce qui peut avoir rapport à la construction et au prix des ouvrages; au moyen duquel on pût connaître la nature de chaque espèce de matériaux et le prix de leur premier achat. Le ministre dispensait, à moins de cas particuliers, de parler des remuements de terre.

Page 1