‹ Le Spectateur militaireChapitre 75 sur 82 · F. DE LA F · texte numérisé non relu

F. DE LA F

LE CANON ARMSTKONG.

Il y a quelques jours le Times, sur la foi d'une correspondance de Copenhague, rapporta qu'un canon sorti des ateliers de M. Witworth venait d'éclater en Danemark après un petit nombre de coups qui avaient blessé des officiers et des soldats danois, chargés d'éprouver la pièce en question.

Dans son numéro du 16 mai, le même journal, dans un assez long article sur la fameuse frégate cuirassée The Warrior, s'exprime de la manière suivante : « L'armement du navire est définitivement réglé, et les » marins n'apprendront probablement pas sans sur- » prise qu'il a été résolu de n'y mettre que 6 canons » Àrmstrong, dont 2 de 100 à pivot et h de 40 légers, » deux de chaque bord. Le Teste de l'artillerie de la » frégate se composera de 36 canons ordinaires du » calibre de 68, et du poids de 95 quiutaux chacun » (48*25 kilogrammes) .

» Ce qui n'est pas moins surprenant, c'est que tous » les canons Armstrong seront sur les gaillards, et par » conséquent, ne seront pas protégés par la cuirasse » du navire, tandis que les autres seront à couvert. Si » la frégate était exclusivement armée de canons » Àrmstrong de 100, se chargeant par la culasse, son » armement serait plus léger d'environ 50 tonnes

LE CANON ÀRMSTRONG. /tf>5

» (50,796 kilogrammes), que l'inefficace artillerie » qu'on a résolu d'employer. »

Si les informations du Times sont exactes, il en résultera que le canon Àrmstrong, loin d'être supérieur à tous les canons rayés connus, ne vaut môme pas l'ancien canon non rayé, du moins en matière de gros calibré. A quoi servent les six Armstrong placés sans abri aux gaillards? Il serait étrange qu'un canon que les journaux anglais nous vantent depuis deux ans comme un engin d'une force toute-puissante, et qui a coûté tant de millions à l'administration de la marine et de la guerre, ne fût qu'une chimère.

F. de la F.

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