DU VICE-AMIRAL DE MAN
Parle eontrc-nmiral de KABIVEBEfiK(i).
Notre temps n'a pas, grâce à Dieu, répudié partout les traditions d'un autre âge; on trouve encore çà et là, au milieu des défaillances du siècle, des caractères généreux en qui se sont conservés purs les nobles sentiments. Voici, par exemple, un vieux héros, le type du soldat honnête homme, dont un autre soldat, le compagnon de ses périls et de sa gloire, vient révéler au monde les vertus ignorées. L'auteur de cette esquisse n'est pas un écrivain, c'est lui-même qui a la modestie de le dire ; mais la sincérité de son admiration et l'enthousiasme de son amitié lui feront trouver des accents dignes d'une plume exercée, et son livre, au lieu d'un récit froid et sec, sera un tableau animé, où se refléteront les couleurs les plus vives. En vérité nous ne savons qui admirer le plus, du héros sur la tombe duquel sont répandus de si nobles pleurs, et qui a su se concilier une amitié aussi pure, ou du vieux soldat qui, dans sa retraite, s'oublie tout à fait lui-même pour ne se souvenir que de son chef et de son ami, en re-
(i) La Haye, chez les héritiers Doorraan, 1861. (Hollandais.)