Le spectre de Chatillon
Peu de personnes connurent la véritable cause de la mort de Denise Blanchard, el cette mort fut presque inaperçue au milieu des événements qui se passèrent au bourg de Chalillon.
g LE SPECTRE
Tout le pays fui mis en émoi par l'antagonisme qui éclata bientôt entre le duc de Châlillon et le manufacturier Jacquet.
Celui-ci, fier de sa honteuse habileté, voulait en profiter jusqu'à l'abus ; la fermeté du duc d'une part, de l'autre, l'opinion publique qui commençait à se manifester d'une manière alarmante contre le rusé fabricant de papiers, l'obligèrent à se soumettre aux conditions justes , mais sévères , qu'on lui imposait,
De la sorte, la localité conserva un établissement dont l'existence intéressait un grand nombre de familles.
DE CHATILLO.N
Le duc de Châtillon, qui avait repris son nom et son titre à la rentrée des Bourbons, exigea que toute solidarité fût rompue avec son ancien associé ; il demeura simple commanditaire de l'usine, et il nomma pour le représenter M. Godard, le jeune commis qui avait servi de témoin a Ernest.
Le choix était excellent, et le zèle, l'intelligence, la probité de M. Godard garantissaient les succès futurs de l'entreprise.
Ces arrangements firent grand honneur au duc de Châtillon. On savait qu'il avait empêché la faillite de la manufacture et
payé de ses deniers les salaires arriérés des ouvriers.
Aussi tous les habitants du voisinage avaient-ils pris parti pour leur ancien seigneur; et, quand les travaux recommencèrent dans les vastes ateliers de l'abbaye, après plus de deux mois d'interruption, on lui montra une affection, un respect, une reconnaissance que n'avaient jamais inspiré ses belliqueux ancêtres au temps de leur grandeur.
Ernest n'avait pu, dans ces pénibles négociations, être d'aucun secours à son père.