J'AURAIS VOULU CUEILLIR
Pour vous fêter, o père, votre fille Aurait voulu, ce soir même, cueillir U étoile qui, dans le firmament, brille... Et quel bonheur, alors, d<> vous l'offrir !
Pour célébrer ce jour de votre fête, A pleines mains faurais voulu cueillir La belle fleur on la simple fleurette; Mais an les vit, le mois dernier, mourir !
Or, pour qu'il soit bien doux \ 'anniversaire Que nous fêtons, j'accours avec bonheur, Vous présenter, avec mes voeux sincères, L'affection qui déborde en mon coeur.
Quel succès eut Marielle ! Pierre Dupas pleurait, Nounou, elle aussi, pleurait dans son grand mouchoir à carreaux... Jamais chanson aussi naïve n'eut un si grand succès !
— Et c'est toi, toi qui a composé cette belle belle chanson ! s'écria Pierre Dupas. O ma chérie !
LE SPECTRE nu RAVIN
J'Aurais Voulu Cueillir,
Paroles et Musiqtie de Mme A.-B. LACERTE
1er COUPLET
CHANT
Léger
Pour vous fê- ter.
en ce jour, vo - tre
PIANO
fil - le' Au-rait vou- lu. cesoirmê-me.cueil - lir L'é-toi-le qui. dans le fir- ma-ment
SE
bril- le... , Et quel borvheur alors, de voua Tof- frir! Et quel bon-heur alors de vous l'offrir!
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— Jamais, jamais de ma vie je n'ai entendu rien d'aussi beau ! s'écria à son tour cette bonne vieille Nounou, très sincère et très convaincue. '
Et quand Marielle eut offert à son père une paire de souliers qu'elle avait brodés pour sa fête, le bonheur de Pierre Durias fut complet.
La veillée se prolongea jusque vers les dix heures. A dix heures, on se sépara pour la nuit et bientôt, tous dormaient profondement.
Il pouvait être minuit, quand Marielle fut éveillée, brusquement. Une sorte de cri prolongé, un gémissement plaintif se faisait entendre, autour de la maison. En un clin d'oeil, la jeune fille fut debout.
— Père! Père! cria-t-elle. en frappant à la porte de chambre de Pierre Dupas.
— Qu'y a-t-il. Marielle ? demanda-t-iL
A ce moment, Nounou arrivait dans le corridor, en criant, d'un ton effrayé :
— Sainte Mère de Dieu, protégez-nous !
Pierre Dupas rejoignit Marielle et Nounou
dans le corridor et soudain, un autre cri, plus prolongé, un gémissement à faire dresser les cheveux, passa par-dessus la maison. Marielle devint blanche comme de la cire et murmura,
— C'est le Spectre du ravin qui gémit !
— Tut ! Tut ! dit Pierre Dupas, essayant de rassurer sa fille. C'est le vent qui gémit ainsi, mon enfant.
— C'est le Spectre, le Spectre du ravin qui gémit ! affirma Nounou, puis elle se signa.
— Quelqu'un est en danger dans les environs de l'île, père ! dit Marielle. Ce n'est pas pour rien que le Spectre se plaint... Allons au secours de ce qui est en danger en ce moment !
Ce disant, la jeune fille s'enveloppa d'un long imperméable blanc, puis elle quitta la maison à la course, suivie de son père et de Nounou.