‹ Le Spectre du ravinChapitre 18 sur 71 · DIS · texte numérisé non relu

DIS

Dis, le sais-tu comme je faime ? . . .

Tu le devines bien !.. .

L'amour est le bonheur suprême;

Il unit djun doux lien,

Dis, le sais-tu comme je t'aime ?

Dis, le sais-tu comme je faime ? . . .

Si ma bouche se tait,

Cher ami, tu comprends quand même

Mon sentiment discret !

Dis, le sais-tu comme je faime %

Dis, le sais-tu comme je t'aime ?...

Bien sûr, depuis longtemps, , Tu dus résoudre le problème De mon amour constant Dis, le. sais-tu comme je t'aime f

Quand Anastasie eut terminé sa chanson, Jean jeta les yeux autour de lui, et il vit. . , un sourire amusé sur tous les visages, excepté sur celui de la tante d'Anastasie . Tous, Pierre Dupas, Marielle, Messieurs Leroy, père et fils, la trouvaient si ridicule cette pauvre Anastasie! Maurice Leroy, lui le visage cramoisi, étouffait de rire, littéralement; c'était si drôle aussi, de voir Anastasie, cette ancienne jeune fille, chanter une chanson d'amour à Jean Bahr !

— M. Bahr doit être plus jeune que moi, se disait Maurice, et vrai, je n'aimerais pas être ainsi courtisé par l'antique et sentimentale Anastasie !

Mais Jean, mal disposé, depuis quelque temps, ne comprit pas — ou ne voulut - pas comprendre — ce qui amusait tant l'assistance. Personne n'aime à se trouver dans une situation ridicule, et Jean,*' voyant un sourire amusé sur tous les visages, se sentit, tout à coup, pris d'une grande colère et aussi d'un grand découragement... Ce sourire sur les lèvres de Marielle... N'aurait-elle pas dû sympathiser avec lui plutôt et déplorer la position dans laquelle il s'était trouvé !

Jean n'allait pas faire une scène n'est-ce pas ? Les scèness ne sont pas admises, dans la bonne société. Le jeune homme endura son mal aussi patiemment qu'il le put, mais il saisit le premier prétexte venu pour retourner chez lui.

Quand^ il fut de retour au "Gîte", Jean ne put se contenir plus longtemps, et tandis que Léo le regardait avec des yeux sympathiques, le jeune homme pleura toutes ses larmes... Marielle ! . . . Oui, Marielle était bien perdue pour lui!... Alors, que faisait-il sur cette île?...

A onze heures, Jean se coucha; mais, il avait résolu une chose : c'est qu'il quitterait, le lendemain matin, et pour toujours, le Rocher aux Oiseaux, car, pour lui, la vie n'y était plus tenable.

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