LA PRIERE DES FLEURS
Sur la verte terrasse.
Les fleurs, en quantité,
8e courbent, avec grâce.
A la brise d'été.
On voit s'incliner jusqu'à terre
Les lys adorateurs ;
Car, c'est l'heure de la prière,
La prière des fleurs.
Sur la plaine fleurie,
On Croit ouïr un son;*
Chaque fleur balbutie,
Pieuse, une oraison. *
Les roses penchent jusqu'à terre
Leurs fronts adorateurs;
Car, c'est l'heure de la prière.
La prière des fleurs.
C'est aussi Véglantine,
Le jasmin, le muguet
Qui, tour à tour, s'inclinent
Avec un grand respect.
Alors, tendrement, à la terre tiourit le Créateur ; Car, il accueille la prière", La prière des fleurs.
Le succès qu'eut Marieile est impossible à décrire. M. Jambeau et Jean pleuraient, tandis que Maurice se mordait les lèvres, pour ne pas pleurer, lui aussi.
— Chère Marieile ! dit Jean. Cette chanson que vous venez de chanter et que vous avez composée, paroles et musique, est si touchante et si belle ! N'est-ce pas que vous nous la chanterez encore ?
— Mais, oui, Jean, répondit Marieile en souriant. Pas ce soir; mais je vous la chanterai certainement, quand vous exprimerez le désir de l'entendre.
— Dans quel livre avez-vous pris cette chanson, Marieile ? demanda Louise Vallier, avec son rire sot. Vous ne me ferez pas croire que c'est vous qui avez composé cela : voilà !
— Comme vous voudrez, Mlle Vallier î répondit Marieile. Puis, riant d'un bon coeur, elle ajouta : Vous venez de me faire un grand compliment, sans le vouloir.
— En effet ! s'écrièrent-ils tous, en souriant.
— Sans doute, l'intention de Mlle Vallier était véritablement de vous faire un compliment mérité, Marieile, dit Jean. Dans tous les cas, je vous félicite, ma chérie; c'est si joli et si touchant "La Prière des Fleurs" !
M. Jambeau avait eu vraiment une belle idée en fondant ces Soirées Littéraires et Musicales, et le temps s'écoulait bien vite et bien agréablement sur le Rocher aux Oiseaux.