LA CORBEILLE FLEURIE
La blonde chevelure
De ce charmant petit
Fait ' penser, je V assure, y
Au bouton-d'or gentil.
Et souvent je me penche
Pour voir ses yeux jolis,
Bleus comme la pervanche
Ou le myosotis. *
» Sa bouche est une rose S. Aux pétales exquis, Sur laquelle se pose Du soleil le souris.
Donc, c'est vraiment une corbeille
De fleurs, je le redis,
Que ce "ber", dans lequel sommeille
Le mignon Bébé Clui/.
'Que je l'aime mon petit frère Guy î se disait^ Marielle, et combien je serais heureuse, si ce n'était de la présence de Louise Vallier. . . Cette 1 fille a yraiment entrepris de me rendre la vie désagréable... Ce matin encore, ne m'a-t-ello j pas narguée à propos du testament de tante \ Solange, insinuant que je n'avais agi comme je ] l'ai fait que pareeque j'y avais été contrainte j par les circonstances. . . Mais, qu'importe, en fin j de compte, pourvu que mon père, Jean, et même 1 ma belle-mère soient satisfaite?... Cependant. J je voudrais bien que Mlle Vallier se conduirait \ autrement vis-à-vis de moi; eile m'ennuie beau- j coup cette demoiselle et, parfois, elle m'effraie j un peu . . .
Ces réflexions auxquelles se livrait Marcelle 1 la rendaient vraiment malheureuse, et ses fins sourcils se fronçaient sous la force de ses 1
pensées.
Et c'est pourquoi, quand Mme Dupas arriva, 1 à pas de loup, dans la salle, elle vit la fille de son mari penchée sur Bébé Guy, une expression de mécontentement sur son visage.
— Marielle ! cria M^ie itupas. Pourquoi I froncez-vous les sourcils ainsi en regardant mon fils ?
— Mais... Mme Dupas... murfiura la jeune |j
fille, je. . .
— Ah! continuante mère de Guy, c'est doncj vrai que vous êtes une hypocrite et que, au fond vous haïssez votre petit frère !
— Moi, je hais mon petit frère ! Moi '. s'ex-, clama Marielle. Oh ! Mme Dupas, comment I pouvez-vous me parler ainsi !
— Vous êtes une hypocrite, Marielle î Tou-3| jours, vous parlez et agissez pour la galerie, re-j| prit Mme Dupas, répétant, inconsciemment les paroles venimeuses de sa fille Louise.
Marielle regardait sa belle-mère d'un airll étonné^ ne comprenant rien à. cette scène.
— Dorénavant, je vous défends de toucher à ! mon enfant, je vous le défends; entendez-vous» Marielle ! Ni vous ni votre complice Nounou..«
— Qu'est-ce qu'il y a encore ? demanda, tout» h coup, la voix de Nounou, et pourquoi défendezvous à Mlle Marielle d'approcher de votre enjH fant; pourquoi me le défendez-vous à moi-même fi
— Parce que je n'ai plus confiance en Mlle I Marielle, en vous non plus ! répondit Mme Du» pas, s'adressant à Nounou qui venait d'entrejl dans la salle.
— Non, heim vous n'avez plus conf iance ? . . J Eh ! bien, j'espère que Mlle Marielle se souviendra de la défense que vous venez de lui faire, Madame ! s'écria Nounou. . . Quant à moi,! ne Craignez pàs; je m'en souviendrai... J'ai fini de m'user les doigts et de prendre sur moaj sommeil pour laver, empeser et repasser le linge» du petit afin que vous puissiez lé" tenir toujours! comme un prince, et puis. . .
Mais, Mme Dupas venait de sortir, emportanjfc dans ses bras son enfant.