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J*ai publié, il y a quelques mois, un livre dont le retenUsseineui a été considérable; son titre, Y Ère des Césars^ a suffi pour beaucoup de lecteurs, qui jugeant Touvrage sur le mot, eu ont domié leur avis sans plus d*étude. On a traité de pamphlet commandé un travail tout philosophique, où Phistoire .^ule est invoquée à Tappui de prévisions prochaînes; où nui parti n'a eu sa part d*éloges, ce qui explique le blâme infligé au bvre par tous les partis.
J'annonçais les signes menaçants qui me montraient k guerre civile; on a répondu que c'était lé, de ma part, une nouvelle façon de rire, et que cette sinistre prophétie était une variante de ma Ininne humeur.
Plusieurs encore le diront, h propos de ce nouveau
* livre* En le disant, pas un ne le croira* Car les signes
s'accumulent: tout le monde déjà les aperçoit; une sorte
de terreur muette a glissé jusqu'aux oâ des plus pettts
6 LE SPECTRE ROUGB.
et des plus grands; le Spectre rouge de i852, qu'on n*a pas voulu voir et que j'évoque encore, apparaît aux regards de la société stupéfoite. Chaque jour et chaque heure voient s'amplifier ses proportions menaçantes; il semble qu'un grand phénomène de la pâture doive s'accomplir et que toute créature en ait PinstincL Voyez le crédit qui s'arrête, les afTiiires qui se meurent, les départs qui s'organisent, tes agitations qui se manifestent dans les derniers recoins du pays! On sent enfin le péril, à mesure que l'heure approche, et je veux dire du péril tout ce que j'en crois. Il est immense, et l'on aurait pu l'éviter. Il suffisait, pour cela, qu'un homme eût compris la hauteur du rôle que lut avaient fait sa bravoure et les circonstances. M. le général Cavaignac, après la sanglante victoire do Juin, était, s'il l'eât voulu, le sauveur de la civilisation attaquée. Paris et la France étaient à ses genoux, bénissant sa rare énergie; il était maître de ce tigre qu^on nomme la Révolution, et il l'a de nouveau lâché sur le monde. Hélas! je sais trop bien qu'il est, comme nous tous, le fils de son siècle, et qu'il lui eût fallu une trempe surhumaine de caractère pour rompre violemment avec l'éducation, les affections et les habitudes» Mais quelle grande page il a laissée en blanc pour l'histoire!
Les temps ont marché. Go n'est plus seulement la guerre civile qui nous attend ; c'est la Jacquerie* Le travail de dépravation s'est fait avec constance, nu mi« lieu de cette paix clémente que la répression de Juin
.liB SFECTRE ROUOE. 7
«vaiè tîèdeiBMit imposée aux déawiisseiirs. Us ont eôm* fm HJm leur véritaUe plaee de guene élaii !• Gon- «MuUon; ib s*y sent reIrMidiéSy et ont cemmencé la sape dont il est impossible <f éviter Pcfiét. EHe a pé«fiétré sons tons las villages^ et tandis que Paris, Lille, Strasbourg et Lyon regorgeant de troupes, peuvent ttenpter, au jour du combat, mr un facile succès, le feste de la France est sur une traînée tle poudre, prête à éclater ou premier signal La haine contre le riche, U eu il y a des riches; la haine contse Ae petit bour- ^jeois, \k où il n^ a cpie des pauvres; la haine contre le fermier, lé où il n*y a que des manoeuvres; la haine -An bas contre lé haut, A tous les degrés, telle est la France qu'on nous a dite, on, pour mieux parier, que nous avons faite. Et pourtant, en faee de cette catastrophe si prochaine, qnelie est la voie sérieuse où s^en- ^age la prodence des gouvernements? .On en reste totiQOurs à Pennuyeuse comédie c^i se nomme la politique, et qui se joue, en traînant ses guenilles, sur un théâtre ruiné* Je suis de ceux, et des plus turbulei^ qui sifflent k ce spectacle. Pièce et acteurs me fimt TelM de revenants, sertis de leur sépulcre pour essayer encore, malgré le linceul, de s'asseoir près de ceux qui vK'ent.
Je fuis cette odeur de toadbeau, cherchant A en effacer jisqu^ainc dernières traces. KUes ne nous ont •que trop poursuivis dans notre jeunesse, firilement livrée i la sorcellerie des parolea qui nous a fait prendre des
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