‹ Le Sphincter Lisse De L'Urètre Et Les Maladies Cervico-ProstatIquesChapitre 20 sur 35 · RUES · texte numérisé non relu

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«de son pédicule formant charnière, semble suscep- «tible de boucher l’orifice uréthral par son rabatte- «ment et de provoquer à lui seul l'arrêt des urines. »

D'autre part, M. HEïrTZ-BoYER, ayant pratiqué depuis quinze ans de très nombreuses uréthro-cystoscopies, a constaté qu'il existait parfois des déformations statiques de la traversée prostatique telles qu’elles aboutissaient à un véritable verrouillage de l’'urèthre. Dans de tels cas, l'élément mécanique peut suffire à lui seul pour provoquer la rétention. Nous en avons eu personnellement la preuve sur un malade de Lariboisière présentant une telle déformation (le lobe gauche pénétrant profondément dans le lobe droit) et où une destruction totale parfaite du lobe médian n'avait amené aucune modification dans la rétention restée complète.

Mais nous ajouterons, d'accord avec notre maître, que de tels cas sont rares.

En résumé, et dans la majorité des cas, comme l'écrit le Prof. LEGUEU, « l’obstacle statique est bien «secondaire. [l faut invoquer un trouble du fonc- «tionnement du col, un trouble du Dynamisme « cervical ». M. HErTz-BoYEr écrit de son côté : « Le « sphincter lisse de la vessie est la partie contractile, «active, de l’ensemble des obstacles circulaires que «crée une hypertrophie de la prostate à l'entrée de <l’urèthre… Il suffira que ce sphincter «entre en «spasme ou en contraction pour que la rétention « puisse se produire, indépendamment de tout-chan- «gement de volume des lobes prostatiques. »

D’après ce que nous avons exposé de la structure et du fonctionnement du sphincter lisse et des lésions qui s’y rencontrent, comment peut-on interpréter son rôle dans ce dynamisme cervical? La question est extrêmement complexe. [1 nous faut rappeler tout d’abord qu'à la partie inférieure et postérieure du

Sade

réservoir vésical existent, comme nous l'avons dit, deux systèmes musculaires antagonistes et étroitement solidaires : si le système occlusif — sphincter lisse — l'emporte, c'est l’occlusion physiologique du col qui sépare les mictions; si, au contraire, son antagoniste —— muscle du trigone, muscle de BELL, fibres plexiformes — prédomine, la miction se produit. Cela étant donné, on peut dire d’une façon très générale :

1° Les causes d’irritation du système qui préside à l'ouverture du col vont produire la pollakiurie.

2° Au contraire, la dysurie et la rétention sont le fait de tout ce qui minimise la puissance contractile du muscle du trigone, et, d'autre part, et surtout. de tout ce qui peut gèner l'ouverture du sphineter, que la lésion siège à son niveau même, ou dans son voisinage immédiat ou proche, dans la région cervicoprostatique.

Ces causes de dysfonctionnement sont très nombreuses, elles peuvent se combiner ou se succéder de façon extrêmement variable, réalisant autant de cas particuliers, — elles peuvent être transitoires ou définitives.

Mais avant d'essayer &@e les exposer. il nous faut encore insister sur deux faits qui dominent la physiopathologie des rétentions cervico-prostatiques :

1° La congestion et surtout l'infection, qui en sont bien souvent des causes déclenchantes, auront des effets d'autant plus prolongés qu'elles surviendront sur un Col plus malade.

2° L'échange de mauvais procédés entre les troubles dynamiques et les lésions anatomiques : celles-ci créent celles-là et les aggravent:; mais le contraire est vrai également. Au niveau du sphincter lisse la « contracture », anatomique, permanente, peut suc-

céder à l « hypertrophie », dynamique, par principe passagère et d’abord intermittente.

Ces considérations d'ensemble étant exposées, et séparant très arbitrairement, il faut le reconnaître, des ordres de faits qui, dans la réalité, se pénètrent et s’enchevêtrent, nous étudierons successivement :

LE — Le mécanisme des RÉTENTIONS CHRONIQUES, aboutissant progressivement à la rétention complète, et cela aussi bien chez les prostatiques que dans certains cas de « maladie du col ».

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