ACTE QUATRIEME
LORD ASTLBY.
Non, je retourne chez moi, en Ecosse... Il paraît que mes propriétés là-bas ont beaucoup souffert de ma longue absence. .. Il se présente des circonstances qui me rappellent sans délai... Au fond, j'ai toujours aimé mon pays, et je crois que je vais y prendre mes invalides.
BERTHE
Ohl milord, vous me faites une vraie peine... vous nous quittez au moment oià nous commencions à vous bien connaître, à vous apprécier...
LORD ASTLEV, souriant.
Avouez que vous y avez mis un peu de temps!
BERTHE
Mon Dieu, milord, je n'ai pas l'habitude de donner ma confiance légèrement; mais, enfin, vous l'aviez gagnée, et je puis dire qu'en vous perdant, ce n'est pas seulement un bon voisin que je regrette, c'est un ami.
LORD ASTLET, très-grare, après s'être inoUné.
Puis-je prendre ce mot au sérieux, madame?
BE RTHE , UD peu en éveil.
Sans doute.
LORD ASTLET.
C'est qu'un ami seul, un véritable ami, aurait le droit de vous adresser les paroles graves que je désirerais vous laisser pour adieu.
BERTHE, simple et digne.
Milord !.,
LORD ASTLEY
Ce que j'ai à vous dire, madame, m'est dicté par le plus sérieux intérêt, par le plus profond respect dont une femme puisse être l'objet... Me permettez-vous de parler?
BERTHE
Vous savez aussi bien que moi, milord, ce que vous pouvez me dire, et ce que je puis entendre.
LORD ASTLEY
Madame, je le sais en effet; cependant, m j'osais entrer dans votre confiance avec plus de liberté que l-^s convenances communes ne semblent le permettre, il faudrait m'excuser...La discrétion et la délicatesse même me paraissent des devoirs secondaires, quand il s'agit du repos, peut-être de la vie... d'une
femme comme vous. (Berthe le regarde fixement, puis prend une attitude qui l'invite à parler. Lord Astley s'incline et poursuit. Pendant le reste de la scène, Berlhe écoute avec une dignité triste, sans prononcer in mot, ne répondant que par son altitude, sa physionomie et ses regards.)
LORD ASTLEY
Il y a quelques semaines, pendant une nuit de fête qui fut ruelle pour nous deux, j'étais à quelques pas de vous, dans ce parc (n montre la fenêtre.), quand madame de Chelles s'yrencontra avec M. de Savigny... Au moment où une lumière... terrible pour vous et pour moi... jaillit de leur entretien... i'allais les interrompre... Je vous vis alors, à demi égarée, vous avancer d'un pas de fantôme, ne sachant pas vous-même, û'est-ce