SCÈNE VI
Les Mêmes, SAVIG N Y, entrant par la droit»
En même temps que Savigny, entre un domestique qui rient d<^poser sur une table à droite un grand plateau servi pour le tbé ; le mt-nie domestique rentre l'instant d'après, et dispose sur un guéridon, près de la table, quelques accessoires.
BERTHE
N'est-ce pas, mon ami ?
s A VIGNY, très-distrait et préoccupé.
Mais certainement.
l'amiral.
Je vous suis reconnaissant... mais c'est impossible... Wa sœur sera fatiguée et elle sera bien aise... Dès que Blanche sera un peu remise, nous partirons.
BLANCHE, assise & droite.
Oh! vous me permettrez bien de luncher avec Bcrtho, amiral... Je suis morte de faim et de soif...
l'amiral.
Soit! soit!
BERTHE
Mais cepend-mt, amiral, voyons, si nous faisions uno
chose... (Elle continue de causer sur le balcon avec l'amiral.)
S A VIGNY, s'approchant rapidement de Blanche, 5 dcml-TOix.
Un grand malheur... Vos lettres ont disparu 1
BLANCHE, se levant avec terreor.
Berthe I
SAVIGNY
Je ne sais pas... mais je le crains.
BLANCHE, après une seconde d'accablement.
Si je suis perdue, j'ai ma bague 1
SAVIGNY
Et moi ?
BLANCHE
Vous?... je ne sais pas même si vous me regretteriez î
SAVIGNY, avec une violente agitation.
Ah! taisez-vous donc!... Mais il faut absolument savoir si c'est elle... A son air, à son langage, à ses yeux, tâchez de le deviner... J'essayerai alors d'expliquer... d'interpréter.. .je ferai le possible enfin I
BLANCHE , après une pause.
Soit!... Emmenez J'amiral!
SAVIGNY, allant à l»amiral.
Est-ce que vous prenez du thé, amiral ? l'amiral.
Jamais... Je n'en prenais même pas en Chine, ce qui était fort gênant.
SAVIGNY
Voulez-vous, pendant qu'il fait encore jour, voir oii en sont les travaux de ma galerie... et me donner quelques avis?