ACTE QUATRIÈME
BEBTHE.
Ah! tu l'auras voulu! (sue court & la fenêtre et l'ouvre. Blanche, qui a ouvert le chaton de sa bague, en secoue le contenu dans le verre d'eau. Berthe, près d'appeler, hésite, repousse la fenêtre, puis recule soudain.) Non, C^CSt
une infamie! je ne peux pas! je ne peux pas!... Tiens! voilà
tes lettres!... (Elle les jette aux pieds de Blanche.) Sois heureUSe!
moi, je vivrai misérable... mais, du moins, je mourrai tranquille!... (Épuisée et défaillante, elle s'appuie sur le canapé, et comprime sa
poitrine de ses mains.) Oh! que j'ai mal... j'étouffe!... Donue-moi à
boire, je t*en prie... (Blanche jette un regard terrible sur le verre d'eau, puis sur Berthe, et semble hésiter. Puis, subitement, rejetant avec un geste d'horrsur la pensée qui l'a tentée, elle s'élance vers Berthe.)
BLANCHE
Laisse-moi l'embrasser... je t'en prie, je t'en supplie... (Eiie
serre convulsivement sur son cœur Berthe interdite, puis revient rapidement,
prend le verre d'eau, et le boit.) Ne crains pIus rien, ,u OS délivrée de moi.
BERTHE, égarée et incertaine Quoi?... que diS-lU?... qu'as-tu donc?.. (Elle s'approche de Blanche.) Comme tu es pâle! (Blanche lui montre sa bague ouverte. Berthe
pousse un cri.) iMalheureuso! Ah! Dieu! Dieu du ciel! (Se détournant et appelant.) Henri! Henri! (Puis elle revient à ia bête auprès de Blanche qu'elle soutien:,;
BLANCHE, défaillante.
Ah! n'appelle pas!... C'est inutile, je le sens!... vite... ton pardon i
BERTHE , éperdoment
Oh! oui... oui... je te pardonne... je te pardonne... ma pauvre enfant I
BLANCHE, saisissant la main de Berthe, d'une roix faible.
Oublie!...
BE RTHE , pleurant.
Oui... je te le promets... je te le promets I — Henri! Henri!
viens! Elle meurt! (Blanche la regarde avec une expression suppliante, et tombe à demi dans ses bras, en étendant convulsivement sa main vers le canapé. Berthe, cherchant fiévreusement à deviner sa pensée.) Quoi?...
parle!... Tu veux quelque chose? quoi? parle!
BLANCHE , avec angoisse.
Mon voile! (Elle se redresse avec effort.)
BERTHE
Ah!... ton voile!... Oui... oui! (EUe court au canapé et détache l« Toile d'une main tremblante : au moment où elle revient tenant le voile, IJlanche tombe foudroyée sur son fauteuil. Berthe pousse un cri de détresse suprême et recule d'horreur; puis elle .<e rapproche, baise pieusement le front ilo la jeune morte, et lui étend le voile sur le visage. Elle tombe à genoux et sangloH, la tête dans ses mains. En ce moment, Savigny accourt de droite, et s'arrête soudain atterré devant ce groupe funèbre.)