UN JEU D'ECHECS EN IVOIRE
pour la solution d'un problème.
Le problème de M. Numa Lloubes^ proposé dans le précédent numéro^ mérite bien, par le grand intérêt qu'il a excité, que nous lai consacrions aujourd'hui notre premier article. Ce n'est pas sans un yif plaisir que nous avons tu l'empressement aYOC lequel les lecteurs du Sphinx ont répondu à l'appel qui leur était fait par un amateur disliogué, et le n'ombre des concurrents qui ont brigué l'honneur de la première décoHverte, l'abondance des solutions adressées, avant l'expiration du délai, par lettres ou par dépêches télégraphiques, sont une nouvelle preuve de la faveur qu'a conquise en France, depuis quelques années, Tétude attrayante des problèmes.
11 n'y a pas bien longtemps, en effet, que ce seul énoncé les Blancs se font faire mat en quatorze coups aurait fait frémir les plus intrépides. Cette difficulté réputée monstrueuse est devenue aujourd'hui un jeu, un jeu trop facile même, au gré de quelqnetnns de nos correspondants, habitués à ces longues explorations. 11 est vrai que Tappât inusité d'un beau prix, offert avec munificence, faisait naturellement supposer des complications supérieures à celles que le Sphinx propose ordinairement à ses œdipes. Mais il n'en a pas été ainsi : la position qui devait opposer une forte résistance a été démantelée aux premières attaques. Nous avons besoin de dire, pour ce qui nous concerne, que nous avions accueilli ce problème sans sa solution, en considération de l'attrait particulier avec lequel il se présentait, et que, pour des motifs qui seront facilement compris, nous n'avons môme pas voulu essayer de Tapprofondir. Or, il s'est trouvé qu'il avait non-seulement plusieurs solutions différentes, mais qu'il pouvait être résolu en un nombre de coups bien inférieur h celui qui était indiqué. La diversité des résultats obtenus a fait surgir un cas litigieux assez embarrassant à juger. A quelle solution devait être attribué le jeu d'échecs en ivoire? à la première arrivée^ ou à la plus concise? Nous avons pris sur nons de décider la questioni sans avoir
égar J à d'autres considératioas que celles de l'équité et du droit, et nous avous conclu en faveur de la solution la plus courte , parce qu'elle est la plus exacte, ou, pour DQÎeux dire, parce qu'elle est la seule solution juste de la porition donnée; toutes les autres, y compris celle de l'auteur, ayant plus ou moins de coups perdus. C'est là une vérité trop évidente pour avoir be£oin d'être démontrée. Au surplus, nous recevons justement de notre spirituel collaborateur Benoist une lettre pleine de sens et de bonnes raisons à l'appui de la décision que nous avons prise.
Nous exposons plus bas les diirérentes solutions que nous avons reçues : d'abord, celle du compositeurdu problème, à tout seigneur tout honneur; puis les auirespar rang de mérite,en mentionnant dans chaque catégorie les noms de leurs auteurs, suivant l'ordre d'arrivée des envois.
Solution de Vauieur.
3 C, échec
7 CD, échec
7 FD, échec
7 D, échec
7 R, échec
7 FR, échec
2 C (meilleur)
to
5 R, échec
l 'F (meilleur)
8 en, échec
5 C, éch. déc.
dF
8 D, échec
4 C, échec
P pr. F, éch. déc. mat
Nous ferons remarquer que dans cette solution le mot meilleur ajouté au 9* coup des Noirs est juste, parce que si le Roi avait éié joué à la case du Cav. les Blancs donnaient échec à 8 R et arrivaient un temps plus tôt; mais que ce même mot est mdl appliqué au coup suivant, attendu que si
H D. 8 R, échec.
12 C. 5 C, éch. déc
43 D. 8 D, ou 8 TR, ou 6
FD, échec 14 F. 4 C, échec.
iO
14 P pr. F, mat
le résultat est le même : c'est simplement une variante.
JOURNAL DÉS icInCB
Solution en 9 coups par M. A . Gautier,