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PETITE CHRONIQUE
Oa nous a souvent demandé, depuis notre réparation du Palamède françaù^ quel avenir était réservé à cette Revue. Ne possédant pas le don de prophétie, il nous serait difficile de répondre à ces questions d'une manière bien précise. C'est à peine si nous pouvons risquer quelques conjectures, tout à fait personnelles. Eh bien I nous croyons véritablement que le Palamèie vivra, et nous comptons que ce sera un fils qui nous fera quelque honneur dans le monde. Môme, nous déclarons en toute sincérité que nous en serons fort satisfait : si une autre publication d'échecs peut exister en France, c'est qu'elle créera de nouveaux adeptes et elle sera, ànotre avis, plutôt un aide qu'une rivale. Enfin, pour ne rien celer, nous ne sommes pas fâché de voir un peu les autres à Tœuvre. Peut-être verrons-nous surgir un talent nouveau, encore ignoré. S'il en est ainsi, nous serons le premier à l'accueillir.
En tous cas, si le Palamède ne fait pas son chemin ce ne sera point faute de conducteurs. Nous avons entendu parler d'une sorte de conseil de rédaction composé de cinq ou six membres choisis parmi les jeunes amateurs du café de la Régence, qui tous, paraissent pleins d'ardeur et de bon vouloir. Ce sont là sans doute ces célèbres joueurs qui ont remplacé un peu prématurément notre nom sur la couverture du numéro 7 du Palamède, Nous disons un peu prématurément, parce que ce numéro ayant été fait et livré par nous absolument dans les mômes conditions que les six précédents, il eût peut-ôtre été plus convenable de ne faire figurer les célèbres joueurs que sur le numéro suivant.
Puisque nous avons été conduit à parler de ce numéro 7, il nous faut encore donner un éclaircissement. Bien des lecteurs auront sans doute remarqué dans la chronique signée « Alficre » un passage qui ne se lie pas avec ce qui précède, quelque chose comme un accroc dans une pièce d'étofi'e, où le fil est brusquement interrompu. La raison en est qu'il s'est fait là à notre insu une petite exécution sommaire. Après ces mots : « aujourd'hui ils en » ont un considérable et considéré, » (Palamède français ^ p. 320) il y avait ceci dans le texte primitif :
c Ces résultats si divers et si importants, à qui les devons-nous,
> je vous prie? N'est-ce pas à notre rédacteur en chef, à son ini«
> tiative, sa foi, sa persévérance opiniâtre ? Et que de difficultés, » grands dieux ! » etc.
JOURNAL DES ÉCnECS 13
 la première lecture, cet éloge furlif nous avait fait dresser Toreille et nous en avions demandé nous-méme la suppression à notre collaboraleur « Alfîere. » Ce ne fut que sur son insistance bien arrêtée que nous le laissâmes passer. Mais il n'a pas trouvé grâce devant un censeur plus sévère : il a été impitoyablement retranché, au risque de dénaturer le sens de l'article et de le rendre peu intelligible. Dans cette question délicate on comprend que nous devons nous abstenir de toute espèce de commentaires. Mais les lecteurs apprécieront le bon goût de la coupure.
L'éditeur du Palamède croirait-il par hasard avoir la puissance de supprimer, au moyen d'un simple coup de ciseaux, les titres acquis par des années de bons services?
Le grand tournoi de la Régence, commencé il y a déjà plusieurs mois-, vient de se terminer par une poule entre les trois combattants restés les derniers : MM, Rosentbal et Mortimer, de la première catégorie, et M. Duclos, de la deuxième. Le premier de ces messieurs ayant battu successivement ses deux adversaires et, par ce fait, ayant gagné la poule, a été proclamé vainqueur du tournoi. Les félicitations chaleureuses et unanimes que M. Rosentbal a reçues à cette occasion, en lui témoignant combien le vœu général lui était sympathique, ont dû elTacer la trace de certains déplaisirs qu'il avait éprouvés et dont il est maintenant inutile de rappeler le sujet.
Une lutte très-intéressante et qui aidera à l'éclaircissement d'une question théorique encore indécise, s'est engagée ces jours derniers au café de la Régence entre MM. Roscnthal et Mortimer, sur la Tariante du gambit Evans k laquelle ce dernier a attaché son nom. L'engagement a produit quelques parties brillantes et pleines d'imagination, comme celle que nous donnons plus haut. Mais la fameuse variante se trouve fortement compromise : sur sept parties jouées, son bouillant défenseur, M. Mortimer, n'en a gagné que deux et M. Rosentbal cinq.
Lî Directeur-Propriétaire : P. JOURNOUD.
Paris. ^ Imp. Vallée, 15, rue Breda.