P. 4 CD 24 F. 3 G
25 T pr. P, avec une belle attaque.
(5) 27 F pr. G, échec, suivi de 27 — D pr. F; 28 T. 7 D, échec, 28 — R. 1 T, ne donnait aucun résultat aux Blancs, qui ne pourraient prendre la D sans être mat.
(6) Gette parlie esl4irée du Recueil de cent parties (réchecs,e\c. annoncé dans le dernier numéro. (Notes du Sphinx.)
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ECLAIRCISSEMENTS
SUR LBS PROBLÈMES
Les problèmes d'échecs excitantpn intérêt presque aussi général et peut être plus vif que la partie elle-même, il n^cst pas hors de propos d'en parler avec quelque détail dans une revue qui fait suite à la Régencej à la Nouvelle Régence, et qui s'honore du concours direct des meilleurs compositeurs.
Cetfe attention accordée aux problèmes a deux causes principales, l'une accidentelle; l'autre indépendante des temps et des lieux.
JOURNAL DRS éCHBCS 149
En province, beaucoup d'amateurs manquent d^adversaircs pour la partie. « Les cartes, les dames, les dominos ou le billard ont étouffé dans les cœurs le sentiment des écbecs : autant de vaines idoles qui ont proscrit de mon village le culte du vrai dieu. Seul j*ai résisté, et s'il vient un nouveau déluge, j'espère bien que les EDges me construiront une arche comme cela se voit, dit-on, au théâtre du Ghâtelet. • Ainsi m'écrivait un ami abandonné de ses concitoyens.
Quelquefois l'amour-propre l'emporte sur l'amour des échecs et Ton ne joue pas afin de ne pas être battu. A Paris, nous ne sommes point ainsi. On jouit en ce momet, au café de la Régence, du beau spectacle d'un homme, intelligent d'ailleurs et faisant preuve d'une ' capacité hors ligne dans d'autres jeux de calcul, qui accepte jusqu'à troi3 pièces, maugrée contre son advervaire, peste contre une galerie rieuse mais bienveillante, perd la partie, se donne luimême à tous les diables, jure qu'on ne l'y prendra plus... et recommence le lendemain.
En province donc, à défaut d'adversaire, on s'attaque à son journal, on l'ausculte, on cherche à deviner ses intentions les plus secrètes; si le sphinx se tait trop longtemps, on lui dit des mots durs, OQ le repousse, mais pour le reprendie dans un moment de lacidité, et quand enfin l'on a gagné, c'est-à-dire quand on a trouvé la solution du problème, on se dit avec orgueil : Cette composition est vraiment très-forte, et il fallait toute ma capacité pour en venir à bout 1 De plus modestes, il est vrai, se reprochent au contraire d'avoir cherché trop longtemps; mais chacun à employé ses loisirs à un exercice qui ne laisse point de rancune, qu'on peut prendre, laisser et reprendre à son gré, et qui, en définitive, fortifie réellement pour la partie. C'est la seconde cause de l'attrait qu'offriront toujours les problèmes; mais ici, je trouve quelques «contradicteurs...
Comme l'utilité du problème motive seule ces éclaicissements, je crois devoir commencer par quelques remarques générales qui me justifieront de les avoir entrepris.
D'abord, qu'est-ce que la partie sinon un problème dont la solution est et restera peut-être toujours cachée, uniquement à raison du nombre des combinaisons possibles ? Lorsqu'on définit une chose, on ne doit point se demander si la fin dû monde arrivera ou n'arrivera pas avant que cette chose ait justifié une définition qui tient à sa nature môme.
Ainsi, pourquoi la trisection de Tangle, par les moyens que fournissent la règle et le compas, ne peut-elle être admise comme un problème à résoudre ? Est-ce parce que jusqu'à présent, on y a toujours échoué? Non, mais qu'il es tdemon^re qu'on n'y arrivera
jamais, qnel que soit Tâge de rhumanité quand elle deviendra ce que sont devenus les mastodontes et les ichthyosaures.
Imaginez un nouveau Jeu un million de fois plus compliqué que les échecs, mais dont les moyens d'action ne soient point dès le début abandonnés au hasard, et je vous dirai encore : Si vous avez établi pour ce Jeu des conditions fixes, le gain ou la nullité de la partie est un problème avec des variantes, aussi nombreuses pcutù\Tc que les étoiles visibles ou que les couplets de Clairville, mais dont le nombre n'est pas indéterminé.
On se sert volontiers du mot infinité pour exprimer ce qu*on ne siurait compter ; mais l'idée que ce mot exprime dans ce cas n*a rien de commun avec la véritable infinité devant laquelle toute quantité, si grande qu'elle scit^ doit être comptée pour rien. J'en demande pardon au lecteur : si je le ramène sur les bancs du collège, c^est parce que la pratique de tous les à peu près de la vie fait souvent perdre le peu de logique des Jeunes années. Ce n*est pas à un écolier qu'il faudrait expliquer que la partie d'échecs est un problème : cela saute aux yeux de l'intelligence. Mais, quevoulrzvous! des hommes mûrs m'ont contesté cela...
La partie est donc un problème. Plus le nombre de pièces ?e réduit, plus cela devient sensible. C'est pourquoi on entreprend fréquemment des analyses à partir de telle position donnée. Que Texpérience ait quelquefois ruiné le résultat qui semblait acquis par ces travaux herculéens, cela ne prouve qu'une chose: c'est qu'ils étaient incomplets. Que fait-on en expérimentant, c'est-àdire en notant ses essais ? On continue, on parfait l'analyse précédente. Or, je le demande, ne serait-ce pas réellement le comble de la niaiserie que de chercher une réponse à une question absolument indéterminée?
Quand enfin on arrive àl'examen desfins de parties, le problème apparaît sans conteste. Y eût-il une variante en 300 coups, on arrive à décider la question de gain, de perte ou de nullité. Seulement, lorsque les Blancs ont, par exemple, gardé leur tour contre le Roi dépouillé, on n'examine plus. Mais pourquoi? Parce qu'on en est enfin arrivé à un petit problème très-net et très-simple dans tous les cas, mais qui offrirait encore de la difficulté dans certaine position -si l'on exigeait toujours le coup juste, c'est-àdire le mat dans le moins grand nombre de coups possible. C'est ce qu'a fort bien dit M. l'abbé Durand en parlant de l'utilité de ses études. Il est certain que, si les échecs sortent Jamais de l'adolescence (ce dont je doute), le nombre des coups accordés pour donner le mat — telles ou telles pièces étant en présence — sera considérablement réduit suivant leurs positions, et qu'on pourra
ne perdre qu'une moitié on qu'un quart de partie en se défendant par coups justes jusque dans ses derniers retranchements, contre un adversaire qui procédera par à peu près.
Le coup juste! C'est l'ambition^ c'est la gloire des maîtres I Et c'est ici que s'épanouit le problème, la fleur, la poésie de la partic, comme dit fo tbien M. B.... Car ici, il est à remarquer que ce qui apparaît le plus nettement, ce qui est le plus visiblement exact est ce qui iourit le plus à l'intelligence. Il faut et il suffit! Comme cela est aimable et gracieux Non? Eh bien, alors. Monsieur, Je ne sais pas pourquoi >ous cherchez à gagner aux échecs* Moi qui vous parle, je ne fais pas la partie parce que Je suis incapable de calculer, sans remuer les pièceS) les conséquences un peu lointaines de mes coups. Mais si, avec la lucidité et la mémoire de Morphy, Je n'étais pas amoureux du il faut et il suffit, je m'appliquerais à jouer le coup faux.
L'étude et la composition des problèmes sont donc utiles comme exercice. On 7 apprend à bien élucider une position et à en tirer le meilleur parti possible soit pour l'attaque, soit pour la défense, puisqu'on doit mentionner dans la solution complète les plus longues défenses, môme dans les variantes secondaires. Mais n'anticipons point.
Quant à cette objection que la plupart des positions de problèmes se rencontrent peu ou point dans la partie, j'y ai déjà répondu, mais je dois répéter que l'avantage d'un exercice ne dépend pas de son identité avec l'application^ mais des analogies qu'il rend familières. Il ne s'agit pas de se loger dans la mémoire un certain nombre de nœuds et d'en apprendre par cœur le dénoûment dans l'espérance que votre adversaire vous procurera l'occasion de ré. citer votre leçon. Du particulier il faut s'élever au général: à cela les problèmes servent grandement.
— Mais il y a plus, me dit-on : beaucoup de problèmes se pré sentent aiu& : les Noirs très-faiblos, les Blancs très-forts; depuis longtemps les Noirs auraient abandonné. Je pourrais d'abord répéter ce que je viens de dire sur l'importance qu'acquerera peutêtre le coup juste dans les fins de parties. Mais eu second lieu, je vous ferai remarquer que, dans beaucoup de ces cas, on pourrait renforcer les Noirs jusqu'à les rendre plus riches que les Blancs et cela sans empêcher le mat indiqué, la sélutipn juste* Seulement, si vous manquez, on ne vous manquera pas. 11 faut alors nécessairement, dans cette partie où les Noirs ont l'avantage apparent, les mater, par exeuiple en quatre coups, ou Ion a perdu. Cela est sensible surtout lorsqu'on procède pour le mat par des sacrifices. C'est, je crois, la réponse, sinon la meilleure, du moins la
plus claire à faire à cette objection basée sur Finégallté de forces.
Quant aux problèmes tout à fait irréprochables comme tins de parties, où les Rois paraissent avoir changé de camp à travers des obstacles insurmontables, jVccorde que ce sont les moins utiles, mnis nie leur complète inutilité : ce sont encore des exercices. D'ailleurs, depuis qu'on joue aux échecs, que de phases fortuites ou amenées par la volonté se sont présentées comme des inconséquences ou des folios, presque comme des impossibilités ! Un joueur beaucoup plus fort que son adversaire se donne pour tâche de se mcltrc lui-même dans un très-mauvais pas afin de s'en tirer par des coups d'éclat. L'échiquier prend alors une configuration singulière qui aurait pu être obtenue sous les doigts de deux commençants. Le fort se laisse déroquer; sous l'échec, au lieu de se couvrir, iljuit en avant, évitant le mat et i'opposilicn du roi, afin que celui-ci puisse à son tour subir une plus longue chasse... Et après des échanges de pièces et des prises de pions, on arrive à un de ces problème en quatre ou cinq coups dont la position est déclarée absurde et impossible par les gens irréfiéchis.
Tout exercice est utile, c'est mon dernier mot.
Afin d'éviter les redites, je supprime ici quelques autres considérations générales qui trouveront leur place ailleurs.
Avant d'entrer dans le cœur de mon sujet, je dirai les titres que je crois avoir à parler un peu longuement des problèmes.
1° J'en trouve absez péniblement les solutions. 2» J'ai essayé d'en construire.
3<^ J'ai rarement réussi.
J'ai doTic beaucoup travaillé et j'ai l'expérience du malheur.
Le génie créateur est souvent impropre à l'analyse. Ce qu'il voit promptemcnl, il ne comprend guère qu'il soit nécessaire de Texpliquer.
4** Mon quatrième titre à faire œuvre de critique est donc mon manque do génie.
BENOIST
(La suite prochainement)»