‹ Le Sphinx: journal des échecsChapitre 73 sur 259 · MORCEAUX POETIQUES · texte numérisé non relu

MORCEAUX POETIQUES

Kolm.

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V/Mù

Blanes.

DaDs une partie jouée dernièrement à Bourges, la position figurée plus haut s'étant présentée, le joueur qui avait les Blaocsy M. Plagnol, annonça le mat en trois coups et le fit, en effet, en commençant par C. 6D. Cette fin de partie, qui a Texactilude d'un problème et qui comporte plusieurs variantes, a inspiré Tun des spectateurs qui Ta célébrée dans les vers suivants :

Talbot, TAchille anglais, vainqueur dans cent combats,

Enveloppa Orléans d'un réseau de soldats.

Gaucour, trop afTaibli, derrière ses murailles

Ne peut longtemps tenir ; mais le brave Xaintrailles

Qu'emportait son ardeur, a prévu le danger;

A gauche de Gaucour il vole se ranger,

Arrête Tennemi, ravitaille la place,

Et, par ce coup heureux, fait revivre l'audace

Des chevaliers français. Reine et Tour font alors,

Pour défendre leur chef d'inutiles efforts.

Le brave et beau Danois le force à la retraite.

Et ce premier échec commence la défaite

De Tinvaincu Talbot. En vain de toute part

Il manda des renforts, ils arrivent trop tard.

Rien ne peut arrêter Télan de la Pucelle,

Qui de ]oin fond sur lui, le presse, le harcelle

Et fait proclamer roi Charles victorieux.

Mais ce qui fait bien voir que c'est le doigt de Dieu

Qui chasse les Anglais, au jour de délivrance,

C'est que pour ruiner leur dernière espérance,

Abattre leur orgueil par un suprême coup,

11 ne lui faut souvent qu'une femme, qu'un fou...

Un fou (si vous voulez, de Jeanne d'Arc le page,)

Voyant Talbot s'enfuir, vous l'arrête au passage.

Abbé Casse

Solution du Problème 1LX.X1I.

Combat plein d'imprévu, problème capital.

Mat en trois mouvements; c'est le terme fatal Qu'assigne le Destin au monarque d'ébùne*.

Le prince blanc recule au poste de la Reine, Le Fou noir croque un Fou défenseur de la Tour; A ce début la Reine a pris part à son tour. Devant le prince époux l'altesse s'est asiiise. Donc pas un seul échec. La Tour est sans assise, Un Fou la défendait, il est mort; le Roi noir Dont le cœur était plein d'un sombre désespoir, Fait un suprême effort, de la Tour il s'empare, Et narguant le Destin, lui dit : tu l'es trompé. Hélas! il ne voit pas la mort qui se prépare; A son royal regard, un soldat échappé Dont nul au camp des Noirs ne prévit l'importance, Un simple pion blanc soudainement s'avance Et dit': échec et mat 1 Le monarque effaré, Sous ce terrible coup dès longtemps préparé Se débat vainement, il cherche quelque issue; Mais la Irâme ennemie était trop bien tissue. Partout la mort!. .. il meurt, et cet échec si beau En récit fut gravé sur le royal tombeau.

De GaAND D0UIX)GNR.

JODBNAL DIS 6CHKCS 155

COAKESPONDÂNCE

Nous avons reçu il y a déjA quelque temps, d'un de nos tibonnés d'Espagne, la lettre suivante, que nous avions d'abord hésité à insérer, par la raison qu'il nous paraissait inutile de revenir sur nne affaire au sujet de laquelle tout^ avait été dit. L'auteur de cette lellre nous demande de nouveau, avec insistance, de la publier, et nous nous rendons volontiers à son désir, n'ayant aucun motif sérieux de lui refuser cette satisfaction; mais nous faisons remarquer à notre honorable correspondant que, dans le compte rendu du concours dont il s'agit, nous avons fait nous-méme toutes les observations que contient sa lettre et exposé les raisons qui avaient fait accueillir le problème en question. P. J.

Au Directeur du Sphinx,

Je viens de recevoir seolemenl aujourd'hui le n* 6 du Sphinx (!•' juillet 1865) et en vérité, M. le directeur, j'ai vu avec étonnement le résultat de la lutte dans le concours à la prime d'un jpu d'échecs eu ivoire, offerte pour la solution du problème inverse composé par M. Numa Lloubes en quatorze coups : J*ai dit avec étonnement, parce que j'y trouve quelque chose qui me semble hors de propos. Mon intention, en vous dirigeant cet écrit, est la plus noble et la plus sincère; car elle est fondée sur la raison, à ma façon de voir. D'abord, je déclare que je me considère hors de combat H bien loin d'avoir le moindre droit à la prime ; tout au contraire, je me trouve au-dessous de ceux qui ont donné la solution du problème en moins de coups que moi, quoique dans votr«j même journal, n* 6 susdit, vous reproduisiez ma solution en quatorze cuups exacts, selon la condition exigée pai son auteur, et. qu'en outre, vous daigniez la distinguer. Par conséquent, pprmeltez-moi de dire que ledit problème n'est pas léellement un problème en quatorze coups, parce que je rrois qu'on entend par un véritable problème d'échecs, soit ordinaire, soit extraordinaire, soit conditionnel, selon les intelligents, celui dans lequel on fait mat en un nombre de coups fixé, sans pouvoir trouver un autre moyen de le faire, hormis les variantes qu'il peut avoir; mais toutes celles-ci aboutissent toujours aux coups indiqués. A-t-il, par hasard, le problème de M. Lloubes, les conditions mentionnées? Il suffit de jeter un coup d'œil sur les difTérenles solutions, toutes belles, qui sont publiées dans votre journal, pour se convaincre du contraire; et, par conséquent, je reviens à dire que le problème dont nous parlons n'est pas un véritable problème. Mais qui pouvait le croire, venant de la part d'une personne dont la renommée occupe une place distinguée paimi les joueurs d'échecs? Car je regarde avec beaucoup d'estime et presi^ue de respect tout ce qui vient des joueurs français, allemands et anglais, sachant par propre expérience que quand on publie un problème de ces Messieurs, il est presque toujours exact, charmant et séduisant. Ainsi je dois vous dire franchement que la cause de mon erreur à l'égard dudit problème a été sujette à la prescription des quatorze coups; et jamais je n'aurais pensé que la solution pût se trouvei en 9, 10, li, 12. 13, etc.

En outre de ce que je viens do dire, je dois ajouter que M. Gautier a fort bien mérité la prime, pour avoir atteint la solution en moins de coups que les autres; mais, en ngneur, personne ne doit se flatter du succès bien peu satisfaisant de cette lutte : et d'ailleurs, j'ose soutenir qu'il y a eu un trèsremarquable défaut d'éclaircissement h l'égard de ce prétendu problème en quatorze coups.

Mateo de Zamora.

Almeria, le 15 juillet 1868.

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