‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 33 sur 39 · J. AUGÉ · texte numérisé non relu

J. AUGÉ

Toutes les circonstances de ce récit, montrent la personnalité posthume du curé Peytou, continuant dans l'autre monde la vie terrestre. Il va et vient dans son appai'tement, se promène en lisant son bréviaire» il est donc impossible de nier la persistance de Tindi* vidualité dans ces conditions.

Pour ne pas fatiguer les lecteurs par une fastidieuse compilation, nous nous bornerons à citer l'histoire suivante racontée par le chevalier des Mousseaux qui s'exprime ainsi en parlant des apparitions des Esprits : « Ces faits sont confirmés de nos jours par des ouvrages anglo-américains modernes, que publièrent des savants tels que le grand juge Edmonds, président du Sénat, Roger, Bavie, Gn^gory, professeur à l'Université d'Edimbourg. Parmi les faits innombrables de cet ordre, voici ce que racontait, à qui voulait l'entendre, l'homme le moins catholique du monde, et le plus sceptique : lord Byro-^.

LE PÉRISPRIT FENDANT LA DESINCARNATIOiM ;2^

• Le capitaine Kidd me dit : Une belle nuit je m'éyeiUai dans mon hamac» et je sentis sur moi quelque chose de pesant, j'ouvris les yeux, c'était mon frère, en uoiforme, couché en traversdemonlit. Je voulus me figurer que cette vision n'était qu'un rêve, et je fermai les yeux pour m' endormir. Mais le même poids se fit sentir, et je revis mon frère couché dans la même position. J'étendis la main et je touchai son uniiocme, i] était motit//e/ J'appelai, quelqu'un vint, et cette forme humaine disparut. J^appris plus tard que, cette même nuii^ mon frère s'était noyé dans l'océan Indien. »

Les faits abondent pour démontrer la survivance et la manifestation des esprits qui ont quitté la terre. Nous ne continuerons pas notre énumération, et en Qous référant au livre de M. Dassier, nous prendrons ses principales remarques, déduites de milliers d'ob* servations. L'être posthume possède, comme le double fluidique de l'homme, une forme nettement déUnie qui reproduit la physionomie et l'ensemble physique du défunt. L'esprit dans ces conditions passe à travers les obstacles matériels qu'on voudrait lui opposer, sans en être aucunement gêné. Nous l'avons vu se livrer habituellement aux mêmes occupations que durant sa vie, et cesser toutà coup ses manifestations.

M. Dassier, positiviste, niait d'abord que la survivance fût possible, puis vaincu par l'évidence, il reconnut son erreur et proclama l'existence de l'être posthume. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est qu'il ne l'admet pas indéfinie. Il croit que le fantôme n'a qu'une existence momentanée, due au peu de force vitale qui reste dans le corps après la mort. H ne songe pas que le cerveau étant détruit, le posthume en pourrait faire acte d'intelligence, aller, venir, par»

1er, etc. M. Dassier nous apprend que ce fantôme se dissocie lentement pour rentrer dans le grand tout. Sur quoi base-t-il son appréciation? Sur ce que les manifestations ne se reproduisent pas toujours.

Cette raison est spécieuse, car elles cessent, en général, lorsqu'on a accompli les volontés de Tôtre qui se manifeste, et dès lors il n'a plus aucun motif de continuer son tapage ; d'ailleurs les milliers de communications que nous recevons chaque jour nous affirment que l'âme est bien immortelle, et que, loin de se dissoudre lentement, elle va au contraire en grandissant moralement et intellectuellement. Oui, niais M. Dassier ne croit pas aux communications; il se figure qu'elles sont produites par le double fluidique de la personne qui évoque, par ce qu'il nomme l'éther mesmérien.

Il suffit pour combattre cette théorie hasardée, de faire remarquer que lesmédiumssont absolument dans leur état normal lorsqu'ils obtiennent des communications. Si on n'avait de relations avec le monde des esprits qu'au moyen de somnambules, nous pourrions admettre que la double personnalité intervînt, mais nos médiums sont parfaitement éveillés et, de plus, l'hypothèse de M. Dassier n'expliquerait pas môme tous les cas de la médiumnité.

Admettons pour un instant que la personnalité mes^ mérienne du médium soit en action, cette personnalité, en supposant qu'elle reproduise exactement le calque intellectuel et physique du médium, lie peut acquérir, par le seul fait de son changement, des quali^ tés qu'elle n'avait pas auparavant. Dès lors comment expliquer les communications reçues en langues étran** gères, l'hébraico-syriaque de M. Des Mousseaux, et les

LE PEftiSPRiT PENDANT LA DESINCARNATION 301

facultés du garçon de magasin dont parle Cox, qiii traitait les plus hauts sujets de la philosophie. Non, une doctrine comme celle de M. Dassier n*est pas acceptable, et loin de détruire, comme il en a la prétention, <€les énervantes, hallucinations du spiritisme, » il ne fait que nous confirmer plus profondément dans notre foi parlesnombreux arguments que son livre nousapporte.

Signalons encore deux caractères de Tôtre posthume. Il se déplace avec autant de rapidité que le fantôme vivant. Le frère du capitaine Kidd, mort dans Tocéan Indien, vient 1» trouver dans TAtlantique, la nuit môme où s'est produite sa mort.

Deuxièmement le posthume semble redouter la lumière, il la fuit avec une promptitude extrême. Toutes les manifestations auxquelles il se livre ont lieu la nuit et bien rarement pendant le jour. Dans ce der nier cas c'est particulièrement aux approches du crépuscule qu'elles se produisant.

M. Dassier attribue à la lumière une action désorganisatrice due à Textrême rapidité des vibrations lumineuses ; nous sommes assez de cet avis, nous verrons toutàVheurepourquoietdans quelles conditions.

Jusqu'alors nous avons constaté Texistence de l'âme après la mort, nous avons remarqué qu'elle était revêtue d'une enveloppe, et ceci en nous basant sur l'observation de faits dont l'authenticité nous paraît des mieux établies. Mais nous nous attendons à ce que les incrédules mettent sur le compte de l'hallucination la plupart de ces faits. En vain leur objectera-t-on qu'une pareille concordance entre les récits puisés à des sources si différentes, témoigne de la réalité du. fait, ils continueront à le nier et à l'attribuer à une maladive attraction que le vulgaire ressent pour le

merveilleux. Du haut de leur scepticisme ignorant ils continueront à sourire de ces superstitions populaires. Mais peut-être cette sécurité railleuse, sera-t-elle ébranlée si nous mettons sous leurs yeux, non plus des récits puisés un peu partout et qu'on peut toujours récuser, mais des expériences précises, faites par des hommes de science dans leur laboratoire.

Les faits de matérialisation des esprits qu'on a signalés dans tous les temps, n'avaient pas lieu d'une manière régulière, et Télrangeté des circonstances dans lesquelles ils se produisaient, la peur dont les témoins se sentaient saisis, étaient autant de raisons pour qu'ils Fussent mal observés. Grâce au spiritisme, nous pouvons aujourd'hui expérimenter avec quelque certitude, nous connaissons théoriquement les causes de ces phénomènes et si nous ne pouvons encore expliquer scienlifiquement comment ils se produisent^ nous pouvons déjà trouver dans la science nos plus fermes points d'appui. Nous allons revenir à l'ouvrage de M. Crookes « Recherches sur le spiritualisme » qui n'est à vrai dire que la reproduction des articles qu'il a publiés dans le Quarterly review, réunis en volume par la librairie des scrences psychologiques.

Lorsque ces remarquables travaux parurent en Angleterre, ils excitèrent une stupeur générale. Gomment un homme de cette valeur osait se prononcer affirmativement sur un sujet aussi controversé, il apportait des expériences scientifiques, vraiment lachose était incroyable, et de tous côtés les vociférations de» matérialistes do se faire entendre. M. Crookes dédaigna ces attaques qui ne reposaient sur rien, mais une fois pour toutes, il répondit à ceux quiTaccusaienl de-

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n*avoir pas une compétence suffisante pour se pro^ noncer dans ces questions :

« Il semble que mon plus grand ' crime est d'être i un spécialiste, parmi les spécialistes l » Moi, un spécialiste I c'est vraiment nouveau pour moi, que j'aie limité mon attention à un seul sujetspécial. Mon chroniqueur serait-il assez bon pour me dire quel est co sujet? Est-ce la chimie générale dont j'ai fait des comptes-rendus depuis la création du chimical new en 1859? Est-ce le thallium, au sujet duquel le publica probablement entendu dire tout ce qui pouvait Tintércsser? Est-ce l'analyse chimique sur laquelli3 j'ai publié récemment un traité des « méthodes choisies^ w qui est le résultat de douze ans de travaux? Est-ce la désinfection, la prévention et laguérison de la peste bovine sur laquelle j'ai publié un rapport qui, on peut le dire, a popularisé l'acide carbonique? Est-ce la photographie, sur laquelle j'ai écrit de très nombreux articles tant sur la théorie que sur la pratique. Est-ce la métallurgie de l'or et de l'argent dans laquelle ma découverte de la valeur du sodium pour le procédé d'amalgamation est à présent largement employé en Australie, en Californie, et dans l'Amérique du sudî Est-ce l'optique^ branche pour laquelle je n'ai que la place de renvoyer h mes mémoires sur quelques phénomènes de la lumière polarisée, publiés avant que j'eusse vingt et un ans ; à ma description détaillée du spectroscope et mes travaux avec cet instrument 2i une époque où il était presque inconnu en Angleterre ; à mes articles sur les spectres solaires et terrestres ; à. mes études sur les phénomènes optiques des opales et à la construction du microscope spectral ; à mes mémoires sur la mesure de l'intensité de la lumière

et à la description de mon photomètre de polarisation? Ou bienma spécialité est-elle l'astronomie etla météorologie, puisque pendant un an j'ai été à Tobservatoire Radcliffe à Oxford, où, en plus de ma fonction spéciale de surveiller la météorologie, j'avais partagé mes loisirs entre Homère et les mathématiques à Magdalen Hall ; la chasse aux planètes et les prises de passage «vec M. Pogson, maintenant directeur de l'observatoire de Madras, et la photographie céleste exécutée ^ avec le magnifique héliomètre attaché à l'observatoire *

» Les photographies de la lune, prises parjmoi en 1855 à l'observatoire de M. Hartnup à Liverpool, oo < été pendant plusieurs années les meilleures qui existassent, et la Société Royale m'honora d'une gratification en argent pour poursuivre mes travaux sur ce sujet. Ces faits joints à mon voyage à Oran, l'année dernière en qualité de membre de l'expédition envoyée par le gouvernement pour y étudier l'éclipsé, et l'in»; vitation que j'ai reçue naguère de me rendre à Ceylan pour le môme but, sembleraient montrer que l'astronomie est ma spécialité. A vrai dire, peu d'hommes de science prêtent moins que moi à l'accusation d'être un spécialiste parmi les spécialistes. »

Ajoutons à ce magnifique ensemble de découvertes, celle de la matière radiante, et nous pourrons marcher hardiment derrière un tel homme, sans craindre les sarcasmes des ignorants qui ne sauraient nous atteindre. 1 . C'est en étudiant avec M. Home que Crookes obtint les, premières manifestations visibles et tangibles. Nous avons raconté déjà qu'il vit une main lumineuse écrire rapidement, puis remonter dans l'air et dispa* eaître. 11 eutToccasion en poursuivant ses expériences»

de constater des formes et figures de fantômes; a Ces phénomènes, dit-il, sont les plus rares de tous ceux dont il a été témoin. » Les conditions nécessaires pour leur apparition semblent ôlre si délicates, et il laut si peu de chose pour contrarier leur manirestatioD, que je n'ai eu que de très rares occasions de les voir dans des conditions de contrôle suffisantes. Jç mentionnerai deux de ces cas.

« Au déclin du jour, pendant une séance de M. Home chez moi, je vis s'agiter Jes rideaux d'une fenêtre, qui était environ à huit pieds de distance de M. Home. Une forme sombre, obscure, demi-transparente, semblable à une forme humaine, fut aperçue par tous les assistant^, deboul près de la croisée, et cjstte forme agitait le rideau avec sa main. Pendant que nous la regardions, elle s'évanouit et les rideaux cessèrent de se mouvoir. »

Le cas qui suit est encore plus frappant. Comme dans le cas précédent, M. Home était le médium.

« Une forme de fantôme s'avança d'un coin de la chambre, alla prendre un accordéon, et ensuite glissa dans l'appartement en jouant de cet instrument. Cette forme fut visible pendant plusieurs minutes pour toutes les personnes présentes, et en même temps on voyait aussi M. Home. Le fantôme s'approcha ensuite d'une dame qui était assise à une certaine dbtance du reste des assistants ; cette dame poussa un petit cri à la suite duquel l'ombre disparût. »

Ici le récit de l'apparition n'est plus niable, il n'est pas constaté par des paysans ignorants et superstitieux, il ne s^est pas produit à une époque reculée, ou devant despersonnes incompétentespour juger. Lasupercherie n'est pas possible puisque l'apparition se montre dans le propre appartement de M. Grookes.

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Ce fait justifie la possibilité et nous dirons plus, la certitude que les autres se sont bien réellement accomplis.

Voici d'ailleurs d'autres preuves qui viennent s'ajouter aux précédentes et qui établissent d'une manière irrécusable l'existence et la matérialisation des Esprits dans certaines conditions. Ainsi que nous l'avons dit, il y eut des luttes passionnées, des polémiques violentes dans les journaux anglais, et c'est à ces dissensions que nous avons la bonne fortune de voir M. Grookes intervenir dans le débat, par une série de lettres dans lesquelles il expose les résultats au3^quels il est arrivé en compagnie de mademoiselle Florence Cook.

Pour permettre au lecteur de suivre la discussion, il faut que nous exposions de quelle manière on procède ordinairement pour obtenir des matérialisations d'esprit. Dans une chambre quelconque, on suspend en diagonale, dans un des coins, un rideau qui peut se mouvoir sur des tringles. C'est dans ce réduit que se place le médium, après avoir été préalablement visité des pieds à la tête, puis toutes les personnes présentes s'asseyent en rond en se tenant par la main, et toutes les portes sont closes. Au bout d'un temps plus ou moins long l'esprit apparaît, sortant du cabinet, et se promène dans Tespace libre laissé par les assistants. Ceci dit, revenons à M. Crookes. Voici sa pr^ mière lettre.

« Monsieur, » Je me suis efforcé le plus que j'ai pu, d'éviter toute controverse en parlant sur un sujet aussi iotlammable (jne les phénomènes appelés spirites. Excepté dans un très petit nombre de cas où Téminente position de mes adversaires aurait pu faire donner à mon silence d'autres motifs que

les véritables, je n*ai jamais répliqué aux attaques et aux fausses interprétations que mes attaches à cette cause ont fait diriger contre moi.

» Le cas est autre cependant, lorsque quelques lignes de ma part pourront éloigner un injuste soupçon jeté sur quelqu*un. Et lorsque ce quelqu*un est une femme jeune, sensible et innocente, c'est tout spécialement un devoir d'apporter le poids de mon témoignage en faveur de celle que je crois injustement accusée.

» Parmi tous les arguments mis en avant de part et d'autre, touchant les phénomènes obtenus parlemédiumnité de mademoiselle Cook, je vois très peu de faits établis de manière à amener un lecteur à dire, pourvu qu'il puisse avoir confiance dans le jugement et la véracité du narrateur : « Enfin, voici une preuve absolue ! »

■ Je Tois beaucoup de fausses assertions, beaucoup d'exagérations non intentionnelles, des conjectures et des suppositions sans fin, pas mal d'insinuations de fraude, un peu de bouffonnerie vulgaire, mais je ne vois personne se présenter avec l'affirmation positive, basée sur Tévidence de ses propres sens, que quand la forme qui se donne ellemême le nom de u Katie » est dans la chambre, le corps de mademoiselle Gook est au même moment dans le cabinet ou n'y est pas.

>» Il me semble que toute la question se resserre entre ces étroites limites. Qu'on prouve comme un fait, l'une ou l'autre des deux alternatives précédentes, et toutes les autres questions subsidiaires seront écartées...

» La séance se tenait dans la maison de M. Luxmore et le c cabinet >» (espace réservé au médium) était un arrière* Hlon séparé par un rideau de la chambre du devant, dans aquelle se trouvait l'assistance.

> La formalité ordinaire d'inspecter la chambre et d'exa* nûuer les fermetures ayant été effectuée, mademoiselle Ck>ok pénétra dans le cabinet.

» Au bout de peu de temps la forme de Katie apparut»

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À cô^té du rideau, mais elle se retira bientôt, en disant que son inédiud) n'était pas bien et ne pouvait pas être mis dans un somint3il suffisamment profond pour qu'il fût sans danger poui* elle de s'en éloigner.

» J'étais placé à quelques pieds du rideau derrière lequel mademoiselle Cook était assise^ le touchant presque et je pouvais fréquemment entendre ses plaintes et ses sanglots^ comme si clic souffrait. Ce malaise continua par intervalles presque pendant toute la durée de la séance, et une fois comme la far 'ne de Katie était devant moi dans la chambre» j'entendis distinctement le son d'un sanglot plaintif, identiqui à ceux que mademoiselle Cook avait fait entendre par intervalles pendant le cours de la séance, et qui venait de derrière le rideau où e'ie était assise,

» J'avoue que la figure était frappante de vie et d*appa« renée de réalité, et autant que je pouvais voir à la lumière un peu indécise, ses traits ressemblaient à ceux de mademoiselle Cook ; mais cependant la preuve positive donnée par un de mes sens, que le soupir venait de mademoiselle Cook dans le cabinet, tandis que la figure était au dehors, cettw preuve, dis-je, est trop forte pour être renversée par am». simple supposition du contraire, même bien soutenue. »

Le témoignage de M. Crookes est une garantie dr« l'exactitude des faits, mais nous dlons constater qu© ces manifestations encore un peu vagues, ont été en s'accentuantdeplusen plusjusqu'àamenerM.Crooke^ à dire dans une lettre suivante : « Je suis heureux dô dire que j'ai enfin obtenu « la preuve absolue » dont je parlais dans la lettre précédente. » Laissons la parole à réminent chimiste.

« Pour le moment je ne parlerai pas de la plupart des preuves que Katie m'a données dans les nombreuses occasions où mademoiselle Cook m'a favorisé de séances chea moi, et je n'en décrirai qu'une ou deux qui ont ea Hett yécemment.

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LB PÉRISPRIT PENDANT LA DËS1NGABNÀ7I0N 30»

» Depuis qaelqae temps, j'expérimentais avec une lampe â phosphore, consistant en une bouteille de 6 ou 8 onces qui iSontenaitun peu d*huile phosphorée et qui était solidement lloachée. TaTais des raisons pour espérer qu*à la lumière die cette lampe, quelques-uns des mystérieux phénomènes du cabinet pourraient se rendre visibles, et Katie espérait^ elle aussi, obtenir le même résultat

» Le 42 mars, pendant une séance chez moi, et après f}ne Katie eût marché au milieu de nous, qu'elle nous eût parlé pendant quelque temps, elle se retira derrière le iideau qui séparait mon laboratoire, où l'assistance était 4ft8sise, de ma bibliothèque qui, temporairement, faisait f office de cabinet. Au bout d'un moment elle m'appela âk. «Ile en disant : « Entrez dans la chambre, et soulevez la lête de mon médium : elle a glissé à terre. > Katie était «lors devant moi, vêtue de sa robe blanche habituelle et coifTée de son turban. Immédiatement je me dirigeai vers (a bibliothèque pour relever mademoiselle Cook, et Katie fit quelques pas de côté pour me laisser passer. En effet mademoiselle Cook avait glissé en partie de. dessus le canapé, et sa tête se penchait dans une position très pénible. le la reniis sur le canapé, et en faisant cela, j'eus, malgré f obscurité, la vive satisfaction de constater que mademoiselle Cook n'était pas revêtue du costume de Katie, mais qu'elle portail son vêtement ordinaire de velours noir, et se trouvait dans une profonde léthargie. Il ne s'était pas écoulé plus de cinq secondes entre le moment où je vis Katie en robe blanche devant moi, et celui où je relevai mademoiselle Cook «ur le canapé en la retirant de la posi^ ^ù elle se trouvait.

» En retournant à mon poste d'observation. Katîe apparut de nouveau, et dit qu'elle pensait qu'elle pourrait fe montrer à moi, en même temps que son médium. Le Mz fut baissé et elle me demanda ma lampe à phosphore. 44)rès s'être montrée à sa lueur pendant quelques secondes, elle me la remit dans les mains en disant : « Maintenant

diO LE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

entrez et venez voir mon médium. » Je la suivis de près dans ma bibliothèque et, à la lueur de ma lampe» je yis mademoiselle Cook reposant surlesopha exactementeomme je 1*7 avais labsée. Je regardai autour de moi pour voir Katie, mais elle avait disparu ; je l'appelai, mais je ne reçus pas de réponse.

» Je repris ma place et Katie réapparut bientôt, et me dit que tout le temps elle avait été debout à c6té de mademoiselle Cook. Elle me demanda alors si elle ne pourrait pas elle-même essayer une expérience, et prenant de mes mains la lampe à phosphore, elle passa derrière le rideau, me priant de ne pas regarder derrière le rideau pour le moment. Au bout de quelques minutes elle me rendit la lampe en disant qu^elle n'avait pu réussir, qu'elle avait épuisé tout le fluide du médium, mais qu'elle essaierait une autre fois. Mon fils aîné, un garçon de quatorze ans, qui était assis en face de moi, dans une position telle qu'il pouvait voir derrière le rideau, me dit qu'il avait vu diï* tinctemeut la lampe à phosphore paraissant flotter dans l'espace au-dessus de mademoiselle Cook et l'éclairant pendant qu'elle était étendue sans mouvement sur lesopha» mais qu'il n'avait pu voir personne tenir la lampe.

)» Je passe maintenant à la séance tenue hier soir à. Hachney. Jamais Katie n'est apparue avec une aussi grande perfection ; pendant prés de deux heures elle s'est promenée dans la chambre, en causant familièrement avec ceux qui étaient présenb. Plusieurs fois elle prit mon bras en marchant, et l'impression ressentie par mon esprit, que c'était une femme vivante qui se trouvait à mon côté, et non pas un visiteur de l'autre monde, cette impression, dis-je, fut si forte, que la tentative de répéter une récente et curieuse expérience fut presque irrésistible.

» Pensant donc que si je n'avais pas un esprit près de moi, il y avait tout au moins une dame, je lui demandai la permission de la prendre dans mes bras, afin de me permettre de vérifier les intéressantes observations qu'un

expérimentateur hardi, a v.i il récemment fait connaître d'une mi ière tant soit pou prolixe. C*-lle permission me fut gp i.icu.-^emenl donnée et, en consô(|ijence, j'en usai convondblement, comme tout liomme bi n élevé l'eût fait dans ce-i cii*constances. M. Volckniaii îicnt charmé de savoir que je puis corroborer son asserliun que le fantôme (qui du reste ne lit aucune résistance) était un êlre ausài matériel que mademoiselle Cook cllc-mômc...

» Kutie dit alors que celle fois elle se croyait capable de se montrer en même temps que mademoiselle Cook. Je bav-isai le gaz et ensuite avec une lampe à phosphore je pénétrai dans le cabinet. xVlairf préalablement, j^avais prié un de mes amis, qui est habile sténographe, de noter toute observation que je pourrais faire pendant que je serais dans ce cabinet, car je connais l'importance qui s'attache aux premières impressions, et je ne voulais pas me confier à ma mémoire pins qu'il n'était nécessaire. Ces notes sont en ce moment devant mol.

> J'entrai dans la chambre avec précaution; il y faisait noir, et ce fut àlâtons que je cherchai mademoiselle Cook, je la trouvai accroupie sur le plancher.

M M'agenouillant je laissai l'air entrer dans ma lampe, et à sa lueur je vis cette jeune dame vêtue de velours noir, comme elle l'était au début de la séance, et ayant tout à fait l'apparence d'être complètement insensible. Elle ne bougea pas lorsque je pris sa main et tins la lampe tout à fait près de sou visage ; mais elle continua à respirer paisiblement.

» Elevant la lampe je regardai autour de moi, et je vis Katie debout tout près de mademoiselle Cook et se tenant derrière elle. Elle était vêtue d'une draperie courte et flottante, comme nous t'avions déjà vue pendant la séance. Tenant une des mains de mademoiselle Cook dans la mienne et m'agenouillant encore, j'élevai et j'abaissai la lampe, tant pour éclairer la figure entière de Katie que pour pleinement me convaincre que je voyais bien réellement la vraie Katie que j'avais pressée dans mes bras, quelques

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minutes auparavant, et non pas le fantôme d'un cerveau malade. Elle ne parla pas, mais elle remua la tête en signe de reconnaissance. Par trois fois dilTérentes j'eiaminai soigneusement mademoiselle Cook accroupie devant moi, pour m'assurer que la main que je tenais devant moi était bien celle d'une femme vivante et, à trois reprises différentes je tournai ma lampe vers Katie, pour l'examiner avec une attention soutenue, jusqu'à ce que je n'eusse plus le moindre doute qu'elle éhiit la devant moi. A la fin, mademoiselle Cook fit un Ic^^er mouvement, et aussitôt Katie nie fit signe de m'en aller; je me retirai dans une autre partie du cabinet et cessai alors de voir Katie, mais je ne quittai pas la chambre jusqu'à ce que mademoiselle Cook se fût éveillée et que deux des assistants eussent pénétré avec de la lumière. »

On pourrait supposer d'après ce que nous connaissons jusqu'alors des propriétés du périsprit, qu'il s'opère simplement un dédoublement de la personnalité dp médium, mais la suite des remarques de Crookes, va nous montrer que le double fluidique nejoue ici aucun rôle et que l'action est due à un être spirituel momentanément matérialisé.

<c Avant de terminer cet article, je désire faire connaître quelques-unes des différences que j'ai observées entre mademoiselle Cook et Katie. La taille de Katie est variable; chez moi je Tai vue plus grande de six pouces que mademoiselle Cook. Hier soir, ayant les pieds nus et ne se tenant pas sur la pointe des pieds, elle avait 4 pouces i/2 de plus que mademoiselle Cook. Hier soir, Katie avait le cou découvert, la peau était parfaitement douce au toucher et à la vue, tandis que mademoiselle Cook a au cou une cica* trice, qui dans des circonstances semblables, se voit distinctement et est rude à toucher. Les oreilles de Katie ne 'ont pas percées, tandis que mademoiselle Cook porte orvirement des boucles d'oreilles. Le leint de Katieest très

LE PERISPRIT PENDANT LA DÉiSlNCARNATlÔN 313

blanc, tandis que celui de mademoiselle Gook est très brun. Les doigts de Katie sont beaucoup plus longs que ceux de mademoiselle Gook, et son visage est aussi plus grand. Dans les façons et manières de s*exprimer, il y a bien des diffé* rences marquées. »

Voilà les faits, nous espérons qu*ils sont circonstanciés et entourés des précautions les plus minutieuses. La bonne foi de l'illustre savant ne peut être mise en cause, il n'aurait donc pu qu'être le jouet d'une illusion, d'une hallucination, en prenant pour vraies des fantaisies de son imagination. Mais cette explication qui charmerait M. Jules Soury, ne peut môme pas être invoquée, car îa lettre suivante va nous apprendre qu'on a pu photographiei^ Tesprit Katie. Or si Ton peut concevoir un homme de génie halluciné, il est tout à fait ridicule de prétendre qu'on peut photographier des hallucinations.

Laissons parler les faits. Voici une troisième et dernière lettre de M. Crookes.

«c Ayant pris une part très active aux dernières séances de mademoiselle Gook, et ayant très bien réussi à prendre de nombreuses photographies à la lumière électrique de Katie King, j'ai pensé que la publication de quelques détails serait intéressante pour les spiritualistes.

n Durant la semaine qui a précédé le départ de Katie, elle a donné des séances chez moi, presque tous les soirs, afin de me permettre de la photographier à la lumière artificielle. Cinq appareils complets de photographie furent donc préparés à cet effet. Ils consistaient en cinq chambres noires, une de la grandeur de plaque entière, une de demiplaque, une de quart, et de deux chambres stéréoscopiques binoculaires, qui devaient toutes être dirigées sur Katie en même temps, chaque fois qu'elle poserait pour obtenir son portrait. Cinq bains sensibilisateurs et fixateurs furent em« .

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314 iLE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

ployés, et nombre de glaces furent nettoyées à l'avance prêtes à servir, afin qu'il n'y eût ni hésitation, ni retard pendant les opérations photographiques, que j'exécutai moimême assisté d'un aide.

» Ma bibliothèque servit de cabinet noir; elle avait une porte à deux battants qui s'ouvrait sur le laboratoire, un de ces battants fut enlevé de ses gonds, un rideau fut suspendu à sa place pour permettre à Katie d'entrer et de sortir facilement. Ceux de nos amis qui étaient présents, étaient assis dans le laboratoire en face le rideau et les chambres noires étaient placées un peu derrière eux prêtes à photographier Katie quand elle sortirait, et à prendre également l'iiitérieur du cabinet, chaque fois que le rideau serait enlevé dans ce but. Chaque soir il y avait quatre ou cinq expositions de glaces dans les cinq chambres noires, ce qui donnait au moins quinze épreuves par séance. Quelques-unes se gâtèrent au développement, d'autres en réglant la lumière. Malgré tout, j'ai quarante-quatre négatifs, quelques-uns médiocres, quelques-uns ni bons ni mauvais, et d'autres excellents *.

i. Voici deux certificats sous la foi du serment, que ces expériences eurent lieu dans les meilleures conditions, ils ont été publiés en 1875, dans une brochure intitulée : Procès des

sptrites.

Villa chancer Road Hem Hill, Londres.

Je déclare solennellement et sincèrement que j'ai fait toutes mes études scientifiques et que j'ai étudié avec un grand soin les phénomènes spirites pendant plusieurs années ; je sais qu'ils sont réels. Dans quelques cas j'ai trouvé et démasqué Tim posture publiquement. J'ai assisté à des expériences où M. Grom- "well Warley, qui a créé le câble Atlantique, et M. William Grookes, membre de la société royale de Londres, ont obtenu avec une évidence absolue, des formes spirites matérialisées et qui, dans diverses occasions, étaient des phénomènes vrais sans imposture. Dans les expériences de M. Grookes, j'ai vu la preuve de ces phénomènes donnée par les instruments scientifiques de ces savants ; dans les expériences de M. Warley, je n'ai ^as vu le résultat sur les instruments parce que j'étais occupé

LE PÈRlSPaiT PENDANT LA DÉSINCARNATION 315

> . Katie donna pour instruction à tous les assistants de rester assis et d^observer cette condition; seul je ne fus pas compris dans cette mesure, car depuis quelque temps, elle m'avait donne ia permission de faire ce que je voudrais, de la toucher, d'entrer dans le cabinet et d*en sortir, presque chaque fois qu'il me plairaîL Je l'ai suivie dans le cabinet et je l'ai vue quelqueroi5, elle et son médium, en môme temps, nmU le plus généralement je ne trouvai que le médium en léUidr^ie et reposant sur le parquet : Katie et son costume blanc avaient instantanément disparu.

» Durant cu5 six deruiers mois mademoiselle Cook a fait chez moi de nombreuses visites et y est restée quelquefois des semaines entières. Elle n'apportait avec elle qu'un petit sac de nuit ne fermant pas à clef, pendant le jour elle était constamment en compagnie de madame Crookes, de moi-même, ou de quelque autre membre de ma famille» et ne donnant pas seule, il y a eu nianque absolu d'occasion de rien préparer, niAni^ d'un caractère moins achevé, qui fût aple à jouer le rôle de Katie King. J'ai préparé et diâposé iiioi-mêne ma bibliulhèque ainsi que lecabiuetnoir, et d'habitude, aprè^^qucMuademoiselle Cook avait diné et

à noter l^d indications de ces mêmes instruments, pendant qu'un courant électriqw* passant par le corps du médium dans le cabinet où ce dernier se trouvait, nous permettait de constater qu'il était toujours à la même place et dans l'impossibilité d'agir comme un esprit malérialisé.

J'ai vu, plusieurs fois d^-s mains matérialisées que le médium ne pouvait imiter d aucune manière. Un jour chez madame Makdugall Gré^ory, (21, Green-Stre» t, GrosvenorSquare, à Londres.) j'ai vu clairement et distinctement une main vivante» matérialisée, qui n'était celle d'aucune personne présente ; cette main s'agitait sur le parquet à environ cinq pieds de moi, pendant que le médium était assis sur une chaise.

Cette main jouait sur un instrument de musique pendant que je l'observais.

Je déclare tout ceci vrai, et en vertu d'un acte du parlemeni

etc., etc.

Signé par William Hbnrt Harissoh.

causé avec nous, elle se dirigeait droit au cabinet, et à sa de* mande, je fermai à clef la«econde porte, gardant la clef sur moi pendant toute la séance : alors on baissait le gaz et on laissait mademoiselle Cook dans robscurité.

» En entrant dans le cabinet, mademoiselle Cook s'étendait sur le plancher, sa tête sur un coussin, et bientôt elle était en léthargie. Pendant les séances photographiques, Katie enveloppait la tête de son médium avec un châle, pour empêcher que la lumière ne tombât sur son visage. Fréquemment j'ai soulevé un coin du rideau pendant que Katie était debout tout auprès . Les sept ou huit personnes qui étaient dans le laboratoire pouvaient voir en même temps mademoiselle Cook et Katie, sous le plein éclat de la lumière électrique. Nous ne pouvions pas, alors, voir le yi« sage du médium à cause du châle, mais nous apercevions ses mains et ses pieds, nous le voyions se remuer péniblementsous rinfluence de cette lumière intense, et par moments nous entendions ses plaintes. J*ai une épreuve deKa-

Devant M. Leth du conseil de la reine, administrateur des

serments, et vérifié par le consul français:

Je soussigné Edwards Dawson Rogers, de la cité de Londres, journaliste, certifie d'avoir vu fréquemment le phénomène du spiritualisme appelé la matérialisation et l'apparition d'une seconde forme humaine autre que celle du médium, sortir d'une petite chambre ou cabinet dans laquelle le médium avait été lié.

J'ai vu ceci plus d'une fois dans des conditions rigoureuses d'expérimentations imposées par le professeur Crookes, l'illustre chimiste et membre de la société royale delà Grande-Bretagne, où il était impossible de pratiquer aucune déception. L'apparition se promenait au milieu des investigateurs assis devant le cabinet, causant avec eux et étant touchée par eux. Une fois» l'apparition étant ainsi occupée, le professeur Grookes entra dans le cabinet et tira le rideau qui avait caché le médium à la compagnie ; nous vimes alors et le médium et l'apparition ma» (érialisës en même temps.

Signé : £. Dawson Rogibb tlose Villa Fmchley (London W.|

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LE PARISPRIT pendant Là DESINGARNATION. 317

tie et de son médium pbotograpfaiéseosemble ; mais Katie est placée devant la tète de mademoiselle Gook. Pendant qae je prenais une part active à ces séances, la conflance qu'à« vait eo moi Katie s'accroissait graduellement, au point qa^elle ne voulait plus donner de séance à moins que je ne me chargeasse des dispositions à prendre, disant qu'elle voulait toujours m*a?oir près d'elle et près du cabinet. Dès que cette confiance fut établie, et quaiid elle eut la satisfaction d'être sûre que je tiendrais les promesses (fue je pouvais lui faire, les pbénomènes augmentèrent beaucoup en puissance, et des prouves mo furent données qu il m*eùt été impossible d'obtcuir» si le m'étuis approché du sujet d'une manière ditférente.

» Elle m'interrogeait souvent au sujet des personnes présentes aux séances, et sur la manière dont elles seraient placées, car dans les derniers temps elle était devenue très nerveuse k la suite de certaines sugfre.stioiis malavisées qui conseillaient d'employer la force pour procéder à des modes de recherches plus scientifiques.

» Une des photographies les plus intéressantes, est celle ot je suis debout à c6té de Katie, elle a son pied nu, sur un point particulier du plancher. J'habillai ensuite mademoiselle Cook comme Katie ; elle et moi nous nous plaçâmes absolument dans la même position, et nous tûmes photographiés par les mêmes objectifs placés absolument comme dans l'autre expérience, et éclairés par la même lumière. Lorsque ces deux dessins sont placés l'un sur l'autre, les photographies de moi, coïncident parfaitement quanta la taille etc., mais Katie est plus grande d'une demitéU que mademoiselle Gook, et auprès d'elle, elle semble ^une grosse femme. Dans beaucoup d'épreuves la largeur de son visage et la grosseur de son corps diffèrent essentiellement de son médium, et les photographies font voir plusieurs autres points de dissemblance.

» Mais la photographie est aussi impuissante à dépeindre a beauté parfaite du visage de Katie, que les mots le sont

3f8 LE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

eux-mêmes à décrire )e charme de ses manières. La photographie peut, il est yraiy donner un dessin de sa pose, mais comment pourrait-elle reproduire la pureté brillante de son teint, ou Texpression sans cesse changeante de ses traits si mobiles, tantôt voilés de tristesse lorsqu'elle racontait quel» que événement de sa vie passée, tantôt souriant avec toute rinnocence d*une jeune fille lorsqu'elle avait réuni mes enfants autour d*elle, et qu'elle les amusait en leur racontant des épisodes de ses aventures dans Flnde.

• J*ai si bien vu Katie récemment, lorsqu'elle était éclairée par la lumière électrique, qu'il m'est facile d'ajouter quelques traits aux différences que j'ai établies, dans un précédent article entre elle et son médium. Toi la certitude la plus absolue que mademoiselle Gook et Katie sont deux individualités distinctes, du moins en ce qui concerne leur corps. Plusieurs petites marques qui se trouvent sur le visage de mademoiselle Cook font défaut sur celui de Katie. La chevelare de mademoiselle Cook est d'un brun si foncé qu'elle paraît presque noire. Une boucle de celle de Katie. qui est là sous mes yeux, et qu'elle m'avait permis de couper au milieu de ses tresses luxuriantes, après l'avoir suivie de mes propres doigts jusque sur le haut de sa tête et m'être assuré qu'elle avait bien poussé, est d'un riche châtain doré.

» Un soir je comptais les pulsations de Katie : son pouls battait régulièrement 75, tandis que celui de mademoiselle Gook, peu d'instants après atteignait 90, son chiffre habituel. En appuyant mon oreille sur la poitrine de Katie, je pouvais entendre un cœur battre à l'intérieur, et ses pulsations étaient encore plus régulières que celles du cœur de mademoiselle Gook, lorsque après la séance elle me permettait la même expérience. Eprouvés de la même maniera les poumons de Katie se montrèrent plus sains que ceux de son médium. Gar au moment où je fis mon expérience, mademoiselle Gook suivait un traitement médical pour un gros rhume.

LE PERISPRIT PENDANT LA DESINCAHNaTION S\9

» Vos lectears trouveront sans doute intéressant qu'à vos récits, et à ceux de M. Ross Cburch, au sujet de la dernière apparition de Katie, peuvent s'ajouter les miens, du moins ceux que je puis publier. Lorsque le moment de nous dire adieu fut arrivé pour Katie, je lui demandai la faveur d'être le dernier à la voir. En conséquence quand elle eût appelé à elle chaque personne de la société et qu^elIe leur eût dit quelques roots en particulier, elle donna des instructions générales pour notre direction future et la. protection à donner à mademoiselle Cook. De ces instructions, qui furent sténographiées, je cite la suivante : « M. Crookes a très bien agi constamment, et c'est avec la plus grande confiance que je lai&ie Florence entre ses mains, parfaitement sûre que je suis, qu'il ne trompera pas la foi que j'ai en lui. Dans toutes les circonstances imprévues, il pourra faire mieux que moi-même, car il a plus de force. »

» Ayant terminé ses instructions, Katie m'engagea à en-{ trer dans le cabinet avec elle et me permit d'y demeurer jusqu'à la fin.

» Après avoir fermé le rideau, elle causa avec moi quelque temps, puis elle traversa la chambre pour aller à mademoiselle Cook qui gisait inanimée sur le plancher. Se penchant sur elle, Katie la toucha et lui dit : c Eveillezvous, Florence, éveillez-vous! il faut que je vous quitte maintenant. »

> Mademoiselle Cook s'éveilla et tout en larmes elle supplia Katie de rester quelque temps encore. « Ma chère je ne le puis pas, ma mission est accomplie. Que Dieu vousbénissel » répondit Katie, et elle continua à parler à mademoiselle Cook. Pendant quelques minutes elles causèrent ensemble, jusqu'à ce qu'enfln les larmes de mademoiselle Cook l'empêchèrent de parler. Lisant les instructions de Katie, je m'élançai pour soutenir mademoiselle Cook qui allait tomber sur le plancher et qui sanglotait convulsivement. Je regardai autour de moi, mais Katie et sa robe

blanche avaient disparu. Dès que mademoiselle Cook fut assez calmée, on apporta une lumière, et je la conduisis hors du cabinet.

» Les séances presque journalières dont mademoiselle Cook m'a favorisé dernièrement ont beaucoup éprouvé ses forces^ ^t je désire faire connaître le plus possible les obligations que je lui dois pour son empressement à m'assister dans mes expériences. Quelque épreuve que j'aie proposée, elle a accepté de s'y soumettre avec la plus grande bonne volonté; sa parole est franche et ya droit au but, et je n'ai jamais rien vu qui pût en rien ressembler à la plus légère apparence du désir de tromper. Vraiment je ne crois pas

. qu'elle pût mener une fraude à bonne fin, si elle venait à ressayer, et si elle le tentait, elle serait très promptement

. découverte, car une telle manière de faire est tout à fait étrangère à sa nature. Et quant à penser qu'une innocente écolière de quinze ans ait été capable de concevoir et de

^mener pendant trois ans, avec un plein succèé, une aussi gigantesque imposture que celle-ci, et que pendant ce temps elle se soit soumise à toutes les conditions qu'on a exigées d'elle, qu'elle ait supporté les recherches les plus minutieuses, qu'elle ait voulu être inspectée à n'importe quel moment, soit avant, soit après les séances, qu'elle ait obtenu encore plus de succès dans ma propre maison que chez ses parents, sachant qu'elle y venait expressément pour se soumettre à de rigoureux es-ais scientifiques, — quant à imaginer, dis-je, que la Katie King des trois dernières années est le résultat d'une imposture, cela fait plus de violence à la raison et au bon sens que de croire qu'elle est ce qu'elle affirme elle-même.

Nous dédions ces faits à MM. Jules Soury, Bersot, de Fonvielle et autres incrédules qui n'ont vu qu'âneries ou subterfuges dans les manifestations spirites. Devant Tévidence des faits, il ne leur restera que la ressource de les nier, mais le public sera juge CDlre

des affirmations téméraires, se basant sur une néga* tion systématique, et les savantes études de l'homme le plus éminent de l'Angleterre à Theure actuelle. Ceci dit, revenons à notre sujet.

L'esprit Katie King s'est matérialisé, lui aussi, non plus dans une lumière douteuse, mais sous le plein éclat de la lumière électrique; son corps était aussi réel, aussi tangible que celui de M. Crookes luimôme, puisqu'on entendaitbaltre son cœur. Ilfaut donc admettre la possibUité de la matérialisation temporaire des esprits, mais une condition se dégage déjà: c'est qu'un médium est nécessaire. Toutes les fois que nous avons observé des cas d'apparitions, nous pouvons sans crainte affirmer qu'un médium se trouvait à proximité du lieu où le phénomène se produisait. Nous aUons tenter de comprendre comment les •choses se passent. Nous n'avons pas la prétention d'apporter une explication positive complète, mais simplement^ de montrer de quelle manière on peut concevoir la production de ces phénomènes au moyen d'analogies tirées de la science.

Btsai de théorie.

Les esprits lorsque nous les avons interrogés sur la nature du périsprit, nous ont répondu qu'il est puisé dans le fluide universel de la planète que nous babitons. Tout d'abord, il semble que ceci ne nous apprend pas grand'chose, mais étudions plus à fond le

il LE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

sujet et nous allons voir qu'ils sont dans la vrai* Los esprits entendent par fluide universel, une ma» tière primitive de laquelle proviennent tous les corps par des transformations successives. Pour que cette conception soit jusliûée, il faut démontrer 1* que la matière peut exister sous de's états différents, allant en se simplifiant sans cesse, jusqu^àTétat initial ; 2'' que rinfinle variété des corps peut être ramenée à une matière unique.

Si ces propositions sont établies scientifiquement» Texistence du fluide universel ne sera plus contestable. La première question à se poser est la suivante :

Y a-t-il des fluides ?

Il n'est guère possible d*en douter après les expé- * riences de Crookes et les faits rapportés plus haut, mais qu'entendra-t-on par cette locution? En physique on appelle fluides les corps liquides et gazeux, mais ici nous devons donner à ce mot une signification spéciale, qu'il est utile de bien définir.

Nous appelons fluides : des états de la matière où elle est plus raréfiée que dans l'état connu sous le nom de gaz. Cette conception est-elle justifiée? Pour répondre à cette question écoutons Faraday* Voici commeol il s'exprimait en 1816 :

(c Si nous imaginons un état de la matière, aussi éloigné de l'état gazeux, que celui-ci l'est de l'état liquide, en tenant compte, bien entendu, de Taccroissement de difi'érence qui se produit à mesure que le degré du changcn.ent s'élève, nous pourrons peut-ôtre, pourvu que notre imagination aille jusque-là, concevoir à peu près la matière radiante, et de môme qu^en passant deTétat liquide à l'état gazeux, la matière a perdu un grand nombre de ses qualités, de même elle doit

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LE PÊRISPRIT PENDANT LA D&SINGARNATION UZ

eû perdre plus encore dans cette dernière transturmation. »

Cette conception hardie du grand physicien, fut développée par lui dans les années suivantes, et Ton peut lire dans ses lettres recueillies par Bence Jones, le passage suivant :

«Je puis signaler ici une progression remarquable dans les propriétés physiques qui accompagnent les changements d'état; puut-êtr • suffira t-ello pour amener les esprits inventifs et hardis à ajouter Télat radiant, aux autres étals de la matière déjà connus.

» A mesure que nous nous élevons de l'état solide à l'état liquide et de celui-ci à l'état gazeux, nous voyons diminuer le nombre et la variété des propriétés physiques des corps, chaque état en présentant quelques-unes de moins que l'élat précédent. Quand les solides se transforment en liquides, toutes les nuances do dureté et de mollesse, cessont nécessairement d'exister; toutes les formes cristallines ou autres disparaissent. L'opacité ou la couleur sont souvent remplacées par une transparence incolore, et les molécules des corps acquièrent une mobilité pour ainsi dire complète.

» Si nous considérons l'état gazeux, nous voyons s'anéantirun plus grand nombrede caractères évidents des corps. Les immenses différences qui existent entre leurs poids ont presque entièrement disparu. Les < traces des différences de couleur qu'ils avaient conservées s'effacent. Désormais tous les corps sont transparents et élastiques. Ils ne forment plus qu'un même genre de substances, et les différences de dureté, d'opacité, de couleur, d'élasticité et de forme, qui rendent presque mtini le nombre des solides et

des liquides, sont désormais remplacés par de très faibles variations de poids et quelques nuances sans importance.

» Ainsi pour ceux qui admettent Télat radiant de la matière, la simplicité des problèmes qui caractérisent cet état, loin d'être une difticulté, est bien plutôt un argument en faveur de son existence. Ils ont constaté jusqu'alors une disparition graduelle des propriétés de la matière, à mesure que celle-ci s'élève dans l'échelle des formes, et ils seraient surpris que cet effet s'arrêtât à l'état gazeux. Ils ont vu la nature faire les plus grands efforts pour se simplifier à chaque changement d'état, et pensent que dans le passage de l'état gazeux à l'état radiant cet effort doit être plus considérable. »

Ce qui était hypothèse pour Faraday, est certitude pour nous. Grookes, en démontrant l'existence de la matière radiante, a mis hors de doute l'existence des fluides. Il ne faut pas oublier, en effet, que les corps ne changent pas brusquement d'état, ils ne passent pas instantanément de l'état solide à l'état liquide, la plupart occupent une [position intermédiaire appelée l'état pâteux. De même les liquides ne se transforment pas en gaz, sans qu'il soit possible d'apprécier les nuances qui séparent ces deux états. Les vapeurs en sont un exemple ; mais cette différence entre les liquides et gaz est encore diminuée par les expériences faites par Charles Andrew qui a montré que, pour certains corps, il y a mélange entre l'état liquide et l'état gazeux de manière à ne pouvoir distinguer si le corps appartient à l'un ou l'autre état.

La loi d'analogie nous conduit donc à admettre au'entrelesgazet l'état radiant il existe delà matière &

LE PËRISPRIT PENDANT LA DESliNCARNATlON 325

différents étals do raréfaction, depuis les plus grossiers qui se rapprochent des gaz, jusqu aux plus épurés qui sont à Tétat radiant.

Si nous montrons que les propriétés chimiques suivent le même ordre de progression décroissante ea remontant l'échelle des familles chimiques, autrement dit, si nous faisons voir que Ton peut supposer qu'il n'y a qu'une seule matière, de laquelle découlent tous les corps que nous connaissons, par des transformations successives, nous serons bien près de toucher au fluide universel dont nous parlent les esprit^;. Voyons si l'unité de la matière est une idée acceptable,

M. Wurtz le savant chimiste écrit dans la Théorie atomique : « L'idée d'unité de matière est renouvelée de Descartes, tant il est vrai que, quand il s^agit de l'éternel et insoluble problème de la matière, l'esprit humain semble tourner dans un cercle, les mêmes idées se perpétuant à travers les âges et se présentant sous des formes rajeunies, aux intelligences d'élite qui ont cherché à sonder ce problèmei* Mais n'y a-t-il pas quelque différence dans la manière d'opérer de ces grands esprits ? Sans aucun doute. Les uns plus puissants peut-être, mais plus aventureux, ont procédé par intuition ; les autres mieux armés et plus sévères par induction raisonnée. Là est la supériorité des méthodes modernes, et il serait injuste de prétendre que les efforts considérables dont nous avons été les témoins émus, n'ont pas poussé plus avaat l'esprit humain dans le problème ardu dont il s'agit, que n'avaient pu le faire un Lucrèce et un Descartes. »

Beaucoup de savants modernes ont été amenés par leura recherches % cette conclusion, que l'on doit ad-

mettre l'unité de la matière. Si Ton examine, en effet, les rapports qui lient entre elles les différentes familles chimiques de corps, on est tenté de leur appliquer, par analogie, les mêmes lois transformistes qu'aux familles naturelles des animaux. C'est que nous avons à notre époque une tendance invincible vers la synthèse etlasimplifîcation. Autant les anciens multipliaient les causes , autant nous prenons de soins pour les éliminer aujourd'hui. Mais il ne suflît pas de supposer, il faut avoir des preuves.

Une des plus fortes que l'on puisse fournir est ce qu'on appelle en chimie les états allotropiques. Certaines substances peuvent posséder des propriétés tout à fait différentes, sans changer de nature, chimiquement parlant. Ainsi le phosphore peut présenter un aspect rouge, blanc ou noir, suivant la manière dont on le prépare. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que le phosphore rouge et le phosphore ordinaire présentent de telles différences, qu'on serait tenté de les considérer comme distincts; et cependant, analysés parles méthodes les plus précises, ils ne présentent aucune différence : ce n'est toujours que du phosphore. Cette transformation s'opère en exposant dans le vide barométrique le phosphore blanc à l'action des rayons du soleil; nous croyons qu'aucun cas ne démontre mieux que les propriétés des corps ne sont dues qu'à l'arrangement des molécules qui les composent. L'ozone est aussi une modification alloitropique de l'oxygène. Le carbone présente des aspects si multiples, des propriétés particulières si différentes dans les composés qu'il forme, qu'on ne le reconnaît qu'à son infusibilité et à la propriété de produire de l'acide carbonique en brûlant dans Foxy-

gène. Il se présente d*abord cristallisé, c*est le diamant^puis sous forme de graphite,d'anthracite, de coke» de noir de fumée, de charbon de bois, etc. Tous ces corps ont donc la même composition, mais présentent des propriétés dissemblables suivant le mode d'assemblage de leurs molécules ; Ton est dès lors tenté de croire qu'il n'existe qu'une matière, mais pouvant rei^ôtir des aspects différents. Voici une observation qui démontre que nous sommes dans le vrai.

En parlant de l'analyse spectrale, M. Zoborowskî rapporte les expériences suivantes : En vue de déterminer les températures des diverses parties du soleil, on a pris des photographies des spectres de ces différentes parties. Chaque corps en combustion marquant, comme on sait, sa présence, dans la lumière décomposée en ses éléments ou spectrale, par des raies particulières, il a été démontré que : « l'élargissement des raies du platine est corrélatif de Télévation de température. » On a pu ainsi prendre utilement des photographies des spectres d'un grand nombre d'étoiles. Et, en conformité avec l'hypothèse de Laplace, on a constaté que ces astres sont à des états différents de condensation. Les étoiles blanches, plus ardentes, renferment de l'hydrogène en abondance et à. haute pression; les étoiles brillantes se rapprochent de la constitution de notre soleil ; les étoiles rougeâtres sont beaucoup moins chaudes. En s'éteignant elles passent h l'état des planètes obscures. Et elles prennent naissance des nébuleuses. C'est du moins là la grande hypothèse classique depuis Laplace. Mais cette hypothèse va devenir susceptible de vérification, car la photographie, en permettant de prendre et de conserver des images des nébuleuses à différentes

?%t LE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

époques, dans Tintervalle de siècles entiers, nous donnera les moyens de suivre les transformations de ces matières cosmiques , sorte de protoplasma qui engendre les mondes.

« Dans un but un peu dififérent, M. Lockyer (1879) M. Huggins (1882) ont photographié les spectres d'une série de nébuleuses depuis les plus denses, jusqu'aux plus raréfiées ; ils sont arrivés à reconnaître que le nombre des corps simples diminue à mesure que Ton passe des premières aux secondes. Les spectres pho* tographiques des plus raréfiées n'indiquent plus que F hydrogène et le phosphore. »

C'est véritablement la confirmation des vues exposées plus haut sur Tunité de la matière. La corrélation signalée par Faraday entre l'état de plus en plus raréfié de la matière et la perte connexe des principales propriétés qui la caractérisait, nous donne le droit de dire qu'il excite un état radiant de la matière qui forme le fluide universel.

C'est dans ce milieu qu'est puisé le périsprit. Ceci connu, cherchons à nous rendre compte de ce qui se passe dans une matérialisation. Pour cela il faut bien savoir ce qu'est la matière elle-même et à quel agent sont dues ses propriétés.

Tous les corps sont composés de parties infiniment petites nommées atomes ; pour se faire une idée de leur ténuité, prenons une substance colorante telle que la liichsine; et nous constaterons qu'elle peut teindre plusieurs millions de fois son volume d'eau, c'est-à-dire que les molécules qui composent ce corp3, se sont répandues dans la masse totale du liquide en se divisant de plus en plus. D'après cela on pourrait croire que les corps sont indéfiniment divisibles, ce

LE PËRISPRIT PENDANT LA DËSINCARNATION 329

serait une erreur, car la loi des proportions définies est un argument sans réplique que Ton peut invoquer en faveur d'une divisibilité limitée.

Ces atomes qui composent tous les corps, ne se touii^hent pas; ils sont placés les uns à côté des autres et groupés par une force nommée cohésion; tous les corps de la nature nous apparaissent donc comme des collections d'atomes ou de molécules assemblées diversement, c'est pourquoi les nouvelles conceptions scientifiques tendent à ramener tous les phénomènes de la nature à des mouvements moléculaires ou à des mouvements de transport dans l'espace. La ms^tière est inerte, c'est-à-dire que d'elle-même elle est inoa* pable d'entrer en mouvement : si l'on constate un déplacement dans un corpus, c'est qu'une force quelcon^ que l'aura fait sortir de son état d'inertie. On peut donc dire que le mouvement est l'expression de la force, mais cette force peut agir de difTérentes manières; soit en déplaçant le corps dans l'espace, soit en déterminant des changements dans son état moléculaire.

Par exemple, si avec le doigt on maintient une corde de violon écartée de sa position de repos, les molécules qui forment cette corde tendent à reprendre leur position première, elles exercent une pression sur le doigt, il y a donc travail moléculaire interne; si, au contraire, on enlève le doigt, Ja corde se met en mouvement, et le travail moléculaire qui produisait la pression, se change en mouvements de transport qui s'exécutent de côté et d'autre de la position de repos de U corde, le.va-et-vientest amorti progressivement par lu résistance de l'air et des points d'attache de 1^ corde.

Cette théorie pose en principe que les qualités des corps sont dues aux mouvements particuliers dont les molécules ou les atomes de chaque substance sont animés. Les propriétés chimiques des corps ne seraient dues qu'à des groupements différents des atomes ; sans doute, on ne peut guère actuellement soupçonner à quelle espèce de mouvements constitutif est due, par exemple, la différence entre For et l'argent, mais ridée que c'est dans ces mouvements qu'elle réside, n'en est pas moins aujourd'hui universellement admise.

Que l'on ne croie pas que cette théorie soit forgée pour les besoins de notre cause, depuis la découverte de la transformation et la conservation de la force, c'est la seule que l'on puisse comprendre, et on la trouvera exposée dans la psycho-physique du professeur Delbœuf*

Si cette conception moderne est vraie, l'Univers apparaîtrait, à notre intelligence supposée parfaite,comme étant composé de groupes différents d'atomes, groupes mobiles dans l'espace, pendant que tous les atomes oscillent autour d'un centre d'équilibre; elle n'y verrait d'autre variété que celle provenant de groupements différents, ou du sens, de l'amplitude et de la rapidité des vibrations des atomes.

Tout n'est que mouvement. Depuis l'atome invisible jusqu'au corps céleste perdu dans l'espace, tout est soumis au mouvement, tout gravite dans une orbite immense ou infiniment petite. — Maintenues à une distance définie, les uns des autres, en raison même du mouvement qui les anime, les molécules présentent des rapports constants qu'elles ne perdent que par V apport ou la soustraction d'une certaine quantité

LE PÉRISPRIT PENDANT LA DfiSINGAKNATION :I31

de mouvement. Suivant que les vibrations des atomes qui composent les corps sont plus ou moins rapides, les substances sont à l'état solide, liquide, gazeux ou radiant. Pour faire passer un corps par ces différents états, nous employons le plus souvent la chaleur, qui n'est qu'un mouvement vibratoire de Téther, mais nous ignorons si d'autres agents n'ont p-as le même pouvoir, c'est-à-dire ne peuvent faire passer les différentes substances par les états solides, liquides et gazeux.

Les esprits nous ont appris que la volonté est une force considérable au moyen de laquelle ils agissent sur les fluides, c'est donc la volonté qui détermine les combinaisons des fluides, ils peuvent, par son action, faire toutes les manipulations fluidiques qu'il leur plaît, mais pour matérialiser cp.s créations fluidiques, ils ont besoin d'un agent essentiel : le fluide vital. Ils ne le trouvent que dans l'organisme humain, réalisant toutes les conditions nécessaires à la matérialisation; c'est pourquoi la présence d'un médium leur est indispensable.

Ceci connu, comment concevoir qu'un esprit puisse d'abord se montrer à nous et ensuite se matérialiser.

Pour se montrer il faut qu'il puise du fluide vital dans l'organisme de l'incarné. Au moyen de cet agent il produit dans son enveloppe un changement moléculaire qui de -translucide le rend opaque. On trouve un effet analogue, quoique inverse, quand on étudie les propriétés de certaines substances, telles quel'hydrophane,roche siliceuse opaque , qui devient transparente, quand onlaplongedansl'eau. Dseproduitdans ce cas le môme effet que lorsqu'on enduit une feuille de papier d'un corps gras. L'opacité est due à la réflexion de la

lumière sur différentes parcelles du papier; mais l'interposition d'une substance qui empêche les réflexions de se produire permet à la lumière de traverser le corps et par suite produit la transparence. C'est un effet inverse qui se produit chez les esprits. D^ailleurs il suffit d'examiner la condensation d'une vapeur dans un tube pour comprendre comment le périsprit peut, sous l'influence de la volonté et du fluide vital^ se matérialiser.

L'enveloppe fluidique qui reproduit généralement l'apparence physique que l'esprit avait dans sa dernière incarnation, possède tous les organes de l'homme, de sorte qu'en diminuant le mouvement moléculaire radiant de cette enveloppe, elle apparaît d'abord sous un aspect vaporeux, comme dans le cas de la sous-mattresse de Riga, puis le fluide vital du médium s'accumulant de plus en plus dans le corps flui< dique, lui communique momentanément une vie factice, qui est d'autant plus intense que le médium peut en abandonner davantage. Ceci nous explique pourquoi les médiums à matérialisation, sont, pendant l'action, plongés dans la catalepsie.

On a pu observer aussi dans les exemples de dédoublement que nous avons rapportés dans le chapitre précédent, que la présence d'un médium no semblait pas nécessaire. Ceci était dû à ce que l'incarné lui-môme fournissait le fluide vital indispensable, il était son propre médium et suivant que ses fluides vitaux étaient plus ou moins abondants, son double avait aussi une réalité plus ou moins tangible.

Une circonstance du phénomène semble bieii étrange, c'est la disparition subite de l'esprit matérialisé. Il semblerait que le périsprit qui a été matéria-

LE PÉRISPRIT PEiNDANT LÀ DÉSINGARNATION 333'

lise lentement doit repasser progressivement par des phases inverses, pour revenir à Tétat fluidique. Mais ceci peut encore être compris lorsque Ton songe que l'eau, même à Tétat solide, a une certaine tension de vapeur. C'est ce qui fait. qu'il n'est pas rare de voir la glace disparaître sans avoir subi de fusion; elle passe brusquement à Tétat de vapeur et dans ce cas nous devons admettre, ce qu'avait d'ailleurs reconnu le naturaliste Pline, qu'il y a eu vaporisation immédiate. * Ce phénomène a été étudié par Gay-Lussac et par M. Regnault qui ont opéré jusqu'à 52 degrés au dessous de zéro. Certains corps solides comme l'iode et le camphre, passent aussi directement à l'état gazeux. Nous pouvons donc comprendre qu'il se produit quelque chose d'analogue dans la disparition subite d'un esprit matérialisé.

Pour que notre démonstration soit complète, il faudrait pouvoir faire des expériences qui établiraient l'apport du fluide vital dans l'organisme de l'esprit. Rien n'a encore été tenté dans cette voie, et il est difficile, vu le peu de temps que ces phénomènes sont étudiés scientifiquement, d'en déterminer toutes les lois. Mais telle qu'elle, nous croyons que notre théorie peut être acceptée pour rendre compte des faits, et nous serons très heureux si ces données peuvent servir à l'éclaircissement de ces questions encore si peu connues. Nous n'avons nullement la prétention d'imposer notre conviction à qui que ce soit, nous nous contentons d'apporter notre pierre au grand édifice scientifique qui s'élèvera avant peu, et qui aura pour base ces états fluidiques si peu étudiés de nos jours.

Cette manière d'envisager le périsprit va nous permettre de comprendre plus lâcilement le j^ôle qu'il [Que

pendant la vie de FEsprit. Nous allons résumer, d'après Allan Kardec ce que nous savons à ce sujet.

La vie de l'esprit.

Prenonsrâme à sa sortie de ce monde et voyons ce qui se passe après cette transmigration. Les forces vitales s'éteignant, Tesprit se dégage du corps au moment où cesse la vie organique ; mais la séparation n'est pas brusque et instantanée. Elle commence quelquefois avant la cessation de la vie; elle n'est pas toujours complète à l'instant de la mort. Nous avons démontré qu'entre l'esprit et le corps, il y a un lien semi-maté* riel qui constitue une première enveloppe; c'est cette attache qui n'est pas rompue subitement et tant qu'elle subsiste, l'esprit est dans un état de trouble qu'on peut comparer à celui qui accompagne le réveil; - souvent môme il doute de sa mort; il sent qu'il existe, et il ne comprend pas qu'il puisse vivre sans son corps dont il se voit séparé; les lions qui l'unissent à la matière le rendent même accessible à certaines sensations physiques; l'un d'eux disait même qu'il sentait les vers qui rongeaient son corps.

Ce n'est que lorsqu'il est complètement libre que l'esprit se reconnaît :jusque-lA il ne se rend pas parfaitement compte de sa situation. La durée de cet état de trouble est très variable, elle peut être de quelques heures jusqu'à plusieurs années; mais il est rare qu'au bout de quelques jours, l'esprit ne se reconnaisse pas plus ou moins bien. Nous ne parlons ici que des âmes déjà parvenues à un certain degré d'avancement moral, car

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chez les populations sauvages, la vie spirituelle n*esi pas assez active pour qu^elles s'identifient avec leur nouvelle position. On fait réincarner très rapidement ces esprits afin de hâter le moment où, jouissant de leur entier libre-arbitre, ils deviendront les seuls mal* très de leurs destinées. De môme pour beaucoup d'esprits des nations civilisées, la mort produit un tel changement dans leur situation, qu'ils trouvent que toutes! étrange autour d'eux, et il leur faut un certain temps pour se familiariser avec leur nouvelle manière de percevoir les choses.

L'instant où l'un d'eux voit cesser son esclavage par la rupture des liens qui le retiennent au corps, est un moment solennel ; à sa rentrée dans le monde des esprits, il est accueilli par ses amis qui viennent le recevoir, comme au retour d'un pénible voyage. Il retrouve ses morts aimés dont la perte avait été pour lui un chagrin si cuisant, et si la traversée a été heureuse, c'est-àrdire , si le temps d'exil a été employé d'une manière profitable pour lui , ils le félicitent du combat courageusement soutenu. Aux parents se joignent les amis qu'il a connus autrefois, et tous joyeux ^et rayonnants s'envolent dans l'éther infini. Alors commence véritablement pour lui, sa nouvelle existence.

L'enveloppe fluidique de l'esprit constitue une sorte de corps d'une forme définie, limitée et analogue à la a6lr8. Nous avons vu, par l'étude des tourbillons de H^mohltz comment on pouvait concevoir cet état, mais ce corps n'a point nos organes et ne peut ressentir toutes nos impressions. Sur la terre l'œil, l'oreille, le tact, dépendent d'instruments dont la grossièreté ne nous permet pas de sentir les vibrations, en nombre infini, aui s'étendent au delà des limites de nos faibles

perceptions; mais ces vibrations existent, et pour rôtre qui peut les saisir et en comprendre le langage* elles doivent avoir une voix plus pénétrante que le majestueux murmure de FOcéan, et que les plaintes mystérieuses du vent à travers les grands bois.

L'esprit ressent tout ce que nous percevons : la lumière , les sons , les odeurs , et ces sensations pour n'avoir rien de matériel, n'en sont pas moins réelles ; elles ont même quelque chose de plus clair , de plus précis, de plus subtil, parce qu'elles arrivent à TÂme sans intermédiaire, sans passer, comme chez nous , par la filière des sens qui les émoussent. La faculté de percevoir est inhérente à l'esprit : c'est un attribut de tout son être; les sensations lui arrivent de partout et non de certaines parties déterminées. L'un d*eux disait en parlant de la vue : « c'est une faculté de Tes- » prit et non du corps ; vous voyez par les yeux, mais » en vous ce n'est pas le corps qui voit, c'est l'esprit.»

Par la conformation de nos organes ^ nous avons besoin de certains véhicules pour nos sensations; c'est ainsi qu'il nous faut la lumière pour refléter les objets , l'air pour nous transmettre les sons ; ces véhicules deviennent inutiles dès que nous n'avons plus les intermédiaires qui les rendaient nécessaires ; l'esprit voit donc sans le secours de notre lumière, entend sans avoir besoin des vibrations de l'air ; c'est pourquoi il n'y a point pour lui d'obscurité. Ceci nous donne la clef des remarquables propriétés des somnambules lucides qui voient et entendent bien au delà de la portée des sens matériels. G^est que leur ftme, qui est dégagée, jouit d'une partie des prérogatives qu'elle possède à l'état de désincarnation.

Mais les sensations perpétuelles et indéfinies» quel-'

LE PÉRISPRIT PEiNDaNT LA DÉSINCARNATION 337

que agréables qu'elles soient, deviendraient fatigantes à la longue, si Ton ne pouvait s'y soustraire; aussi rame a-t-elle la faculté de les suspendre ; elle peut cesser à volonté, de voir, d'entendre, de sentir telles ou telles choses, par conséquent ne voir, n'entendre , ne sentir que ce qu'elle veut. Cette faculté est en raison de sa supériorité, car il est des choses que les esprits inférieurs ne peuvent éviter, ce qui rend leur situation pénible.

C'est cette nouvelle manière de sentir que Tespnt ne s'explique pas tout d'abord, et dont il ne se rend compte que peu à peu. Ceux dont l'esprit est arriéré ne la comprennent même pas du tout, et seraient fort en peine de la décrire ; absolument comme parmi nous lesignorantsvoientetse meuvent, sans savoir comment.

Cette impuissance à comprendre ce qui est au-dessus de leur portée, jointe à la forfanterie, compagne ordinaire de l'ignorance, est la cause des théories absurdes que donnent certains esprits , et qui nous induiraient nous-môme en erreur , si nous les acceptions sans contrôle, et sans nous assurer, parles moyens que donne l'expérience et l'habitude de converser avec eux, du degré de confiance qu'ils méritent.

Il y a des sensations qui ont leur source dans l'état môme de nos organes ; or les besoins inhérents à notre corps ne peuvent exister du moment que l'enveloppe chamelle est détruite. L'esprit n'éprouve donc, ni la fatigue, ni le besoin de repos, ni celui de lanourriture, parce qu'il n'a aucune déperdition à réparer; il n'est affligé d'aucune de nos infirmité?. Si quelquefois les médiums voient des esprits bossus ou boiteux, c'est que ceux-ci prennent cette forme pour se faire mieux reconnaître des personnes avec lesquelles ils ont été

en relation sur la terre. Les besoins du corps entraînent des devoirs sociaux qui n'auraient aucune raison d'être pour les esprits : ainsi pour eux les soucis des affaires, les mille tracasseries auxquelles nous exposent le besoin de gagner notre vie , la poursuite des chimères qui doivent flatter notre vanité, les tourments que l'on se crée pour se donner les superfluités de la vie, n'existent plus. Ils sourient de pitié en voyant la peine que nous prenons pour acquérir de vaines richesses ou de ridicules hochets. Mais il faut être déjà parvenu à un degré suffisant d'élévation pour contempler les choses de cette hauteur ; les esprits vulgaires s'intéressent davantage à nos luttes matérielles, et y prennent part dans une certaine mesure, en nous incitant vers le bien ou le mal, suivant leur nature bonne ou perverse. Les esprits inférieurs souffrent, mais ces angoisses pour n'avoir rien de physique, n'en sont pas moins poignantes ; ils ont toutes les passions, tous les désirs qui les tenaillaient de leur vivant et leur punition est de ne pouvoir les satisfaire. C'est pour eux une véritable torture qu'ils croient perpétuelle, parce que leur iniériorité même, ne leur permet pas d'ea voir le terme, et c'est encore un châtiment.

La parole articulée est aussi une nécessité de notre organisation ; les esprits n'ayant pas besoin de sons vibrants pour frapper leurs oreilles, se comprennent' par la seule transmission de la pensée, comme il nous! arrive souvent ici-bas de nous comprendre par le re-| gard. Les esprits peuvent cependant produire certains bruits ; nous savons qu'ils sont capables d'agir sur la matière, et celle-ci nous transmet le son, c'est ainsi qu'ils font entendre des coups frappés, ou des cris, e^" dariois des chants dans le vague de l'air. Nous trai-*

terons tout ce qui a rapport aux manifestations dans la cinquième partie.

Tandis que nous traînons péniblement notre corps matériel sur la terre, que nous rampons attachés au sol, les esprits vaporeux, éthérés, se transportent sans fatigue d'un lieu h un autre, franchissent d'in* commensurables espaces avec la rapidité do la pensée et pénètrent partout sans rencontrer d'obstacles.

L'esprit voit tout ce que nous voyons et plus clairement que nous ne pouvons le faire, il voit de plus ce que nos sens bornés ne nous permettent pas dô Toir; pénétrant lui-môme dans la matière, il découvre ce qu'elle cache à notre vue.

Les esprits ne sont donc pas des êtres vagues, in* définis, tels qu'on s'est complu à se les figurer jusqu'ici, ce sont des individualités réelles, déterminées, •circonscrites, jouissant de toutes nos facultés et de beaucoup d'autres qui nous sont inconnues, parce qu'elles sont inhérentes à leur nature ; ils ont les qualités de la matière qui leur est propre et forment la population de cet univers invisible qui nous presse, nous entoure, nous coudoie sans cesse. Supposons un instant que le voile matériel qui les cache à notre -vue se soulève, nous verrions une multitude d'êtres nous environner, s'agiter autour de nous et nous considérer, comme nous le ferions, si par hasard, nous inous trouvions dans une réunion d'aveugles. Pour les esprits nous sommes frappés de cécité et ils sont les voyants.

Nous avons dit qu'en entrant dans sa nouvelle vie, Tesprit est quelque temps à se reconnaître, que tout «st étrange et inconnu pour lui. On se demandera sans doute comment il peut en être ainsi, s'il a déjà

eu d'autres existences corporelles ; ces passages sur la terre ontété séparés par des intervalles passés dans le monde des esprits, et enfin puisque Fespaceest sa véritable patrie, l'esprit ne doit pas s'y trouver dépaysé.

Plusieurs <;auses tendent à rendre ce? perceptions nouvelles pour lui, quoiqu'il les' ait déjà éprouvées. La mort, avons-nous dit, est toujours suivie d'un instant de trouble, mais qui peut être de courte durée. Dans cet étal, ses idées sont toujours vagues et confuses : la vie corporelle, se confond pour- ainsi dire avec la vie spirite, il ne peut encore les séparer dans sa pensée. Ce premier trouble dissipé, ses idées s'élucident peu à peu et avec elles le souvenir du passé qui ne lui revient que graduellement à la mémoire, car jamais cette faculté ne fait en lui une brusque irruption. Ce n'est que lorsque l'esprit est tout à fait dématérialisé que ses vies antérieures se déroulent devant lui, comme une perspective sortant lentement du brouillard qui l'enveloppait. Alors seulement il se rappelle sa dernière existence, puis le panorama de ses passages sur la terre et de ses retours dans l'espace se développe à ses yeux. Il juge les progrès qu'il a accomplis et ceux qui lui restent à faire, c'est ainsi que naît le désir de se réincarner afin d'arriver plus rapidement vers ces mondes heureux qu'il entrevoit.

On conçoit donc, d'après cela, que le monde des esprits doit lui paraître nouveau, jusqu'au moment où le souvenir lui est entièrement revenu. Mais à cette cause il faut en ajouter une autre qui n'est pas moins prépondérante.

L'état de l'esprit, comme esprit, varie extraordinairemcnt v.n raison de son élévation et de sa pureté. A

mesure qu'il grandit intellectuelleinent et s'améliore moralement, ses perceptions et ses sensations sont moins grossières, elles acquièrent plus de finesse, de subtilité, de délicatesse; il voit, sent, et comprend des choses, qu'il ne pouvait ni voir, ni sentir, ni comprendre dans une condition inférieure. Or chaque existence corporelle étant pour lui une occasion de progrès, l'amène à chaque fois dans un milieu nouveau, parmi des esprits d'un autre ordre dont les pensées et les habitudes sont difTérentes. Ajoutons à cela que cette épuration lui permet de pénétrer dans des mondes inaccessibles aux esprits inférieurs, comme chez nous les salons de l'aristocratie sont interdits aux gens mal élevés. Moins il est éclairé, plus l'horizon est borné pour lui, à mesure qu'il s'élève et s'épure cet horizon grandit et avec lui le cercle de ses idées et de ses perceptions.

La comparaison suivante peut nous le faire comprendre. Supposons un paysan brut et ignorant ve-p nant pour la première fois à Paris, comprendra-t-il le Paris du monde élégant et du monde savant? Non, car il n'y fréquentera que les gens de sa classe et les quartiers qu'ils habitent. Mais que, dans l'intervalle d'un second voyage, ce paysan se soit débrouillé, qu'il ait acquis de l'instruction et des manières polies, ses habitudes et ses relations seront tout autres; alors il verra un Paris qui ne ressemblera en rien à celui qu'il a connu autrefois. Il en est de môme des esprits; mais tous n'éprouvent pas cette incertitude au même degré. A mesure qu'ils progressent, leurs idées se développent, la mémoire est plus prompte, ils sont familiarisés d'avance avec leur nouvelle position,' leur retour parmi les autres esprits n'a plus rien qui

les étonne : ils se retrouvent dans leur milieu normal, et le premier moment de trouble passé, ils se reconnaissent presque immédiatement.

Telle est la situation générale des esprits à Tétat que Ton appelle errant, mais dans cette situation que font-ils? à quoi passent-ils leur temps ? Cette question est pour nous d'un intérêt capital.

Il nous importe en effet d'être fixés sur ce point, car c'est de notre avenir spirituel dont il s'agit, et les détails les plus circonstanciés ne sont pas hors de saison. D'ailleurs ce senties esprits eux-mêmes qui répondent à ces interrogations, car dans tout ce que nous avons exposé jusqu'alors, rien n'est dû à l'imagination. Nous avons puisé dans l'enseignement d'Allan Kardec, tous les renseignements nécessaires, et lui-môme a basé sa théorie sur les communications reçues de toutes les parties du globe, elle offre donc tous les caractères de la vérité. Toute opinion à part sur le spiritisme, on conviendra que cette théorie de la vie d'outre-tombe n'a rien dMrrationnel; elle présente une suite, un enchaînement parfaitement logique et dont plus d'un philosophe se ferait honneur.

Nous l'avons déjà dit, ce serait une grave erreur, si l'on croyait que la vie spirite est oisive, elle est au contraire essentiellement active et tous les esprits nous parlent de leurs occupations; ces occupations différent nécessairement suivant quel'esprit est errantou incarné. A l'état d'incarnation, elles sont relatives à la nature des globes qu'ils habitent, aux besoins qui dépendent de l'état physique et moral de. ces globes, ainsi que de l'organisation des êtres vivants. Les données de la science, exposées avec une si lumineuse clarté dans •les terres du ciel, par Camille Flammarion, nous don-

LE PEHISPUIT l'KNDANT LA UESINGAKNaTION 343

nenl déjà une idée de ce qu'est la vie à la surface des pianèles de notre système solaire, notre but n'est pas de recommencer ce qu'a si bien fait le célèbre astronome, nous ne parlerons que des esprits errants.

Parmi ceux qui ont atteint un certain degré d'élévation, les uns veillent àraccomplissement des desseins de Dieu dans les grandes destinées de Tunivers; ils dirigent la marche des événements et concourent au progrès de chaque monde ; d'autres prennent les individus sous leur protection et s'en constituent les génies tutélaires, les guides spirituels, les suivent de la naissance jusqu'à la mort en cherchant à le» diriger dans la voie du bien : c'est un bonheur quand leurs efforts sont couronnés de succès. Quelques-uns s'incarnent dans des mondes inférieurs pour y accomplir des missions de progrès ; ils cherchent par leurs travaux, leurs exemples, leurs conseils, leurs renseignements à faire avancer ceux-ci dans les sciences ou les arts, ceux-là dans la morale. Ils se soumettent alors volontairement aux vicissitudes d'une vie corporelle souvent pénible, en vue de faire le bien, et cela leur est compté. Beaucoup enfin n'ont pas d'attributions spéciales ; ils vont partout oîi leur présence peut être utile, donner des conseils, inspirer de bonnes idées, soutenir les courages défaillants, donner de la force aux faibles et châtier les présomptueux.

Si Ton considère le nombre infini des mondes qui peuplent Tunivers et la quantité incalculable d'êtres qui les habitent, on concevra qu'il y a matière à occupation pour les esprits; ces divers travaux n'ont rien de pénible pour eux, ils les font volontairement et non par contrainte, et leur bonheur est de réussir dans ce qu'ils entreprennent ; nul ne songe à une fainéantise

éternelle qui serait un véritable supplice. Quand les cîiv constances l'exigent, ils se réunissent en conseil, délibèrent sur la marche à suivre, selon les événements, donnent des ordres aux esprits qui leur sont subordonnés, et vont ensuite où le devoir les appelle. Ces assemblées sont générales ou particulières, suivant rimportance.du sujet; aucun lieu spécial n'est affecté à ces réunions, Tespace est le domaine des esprits; pourtant elles se tiennent en général sur les globes qui en font Tobjet. Les esprits incarnés sur ces mondes et'qui ont une mission à remplir, assistent souvent à ces assemblées. Pendant que leur corps repose, ils vont puiser des conseils parmi les autres esprits, souvent recevoir des ordres sur la conduite qu'ils doivent tenir comme hommes. A leur réveil ils n*ont point, il est vrai, un souvenir précis de ce qui s'est passé, mais ils en ont l'intuition qui les fait agir, inconsciemment.

En descendant la hiérarchie, nous trouvons des esprits moins élevés, moins épurés, et par conséquent, moins éclairés, mais qui n'en sont pas moins bons, et qui, dans une sphère d'activité plus restreinte, remplissent des fonctions analogues. Leur action au lieu de s'étendre aux différents mondes, s'exerce plus spécialement sur un globe déterminé, en rapport avec leur degré d'avancement; leur influence est plus individuelle et a pour objet des actions de moindre importance

Vient ensuite la foule des esprits vulgaires plus ou moins bons ou mauvais qui pullulent autour de nous. Us s'élèvent peu au-dessus de l'humanité dont ils représentent toutes les nuances et en sopt comme le reflet, car ils en ont tous les vices et toutes les vertus ;

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chez un grand nombre on retrouve les goûts, les idées, les penchants qu'ils avaient de leur vivant ; leurs facultés sont bornées, leur jugement faillible comme celui des hommes, souvent erroné et imbu de préjugés.

Chez d'autres le sens moral est plus développé ; sans avoir ni grande supériorité, ni grande profondeur, ils jugent plus sainement et condamnent ce qu'ils ont fait, dit ou pensé pendant la vie. Du reste, il y a ceci de remarquable^ c'est que même parmi les esprits les plus ordinaires, la plupart ont des sentiments plus purs à Tétat erratique que pendant l'incarnation ; la vie spirite les éclaire sur leurs défauts; et, à bien peu d'exceptions près, ils se repentent amèrement, et regrettent le mal qu'ils ont fait, car ils en souflfrent plus ou moins cruellement. L'endurcissement absolu est fort rare et n'est que temporaire, car tôt ou tard ils finissent par gémir de leur position, et l'on peut dire que tous aspirent à se perfectionner, car ils comprennent que c'est le seul moyen de sortir de leur position inférieure.

En résumé, nous voyons que l'âme se développe par une série d'existences successives; que partie de l'état le plus rudimentaire, dont nous trouvons l'exemple dans les peuplades sauvages, elle doit s'élever par degrés jusqu'à la somme de qualités et de perfections qu'on peut acquérir sur la terre. Lorsqu'elle a atteint le but qui lui était assigné ici-bas, elle monte vers des mondes supérieurs où des destinées meilleures l'attendent. On serait tenté de croire que cette progression éternelle a une limite et que la perfection doit être atteinte un jour. C'est une erreur qui tient à noire nature bornée qui se fait de Tunivers et de l'infini

une idée étroite, mesquine, peu en harmonie avec la réalité des choses.

Lorsque nous contemplons la faible partie de l'univers que nos instruments nous en font connaître, l'esprit recule ébloui, devant les milliards de mondes qui peuplent ces espaces sans bornes. Si par la pensée nous mesurons le temps qui nous est indispensable pour fixer en nous une qualité ; si nous jetons un regard en arrière sur les incarnations sans nombre qu'il a fallu supporter pour arriver seulement à notre état actuel ; alors nous comprendrons que notre ascension indéiinie demande un temps énorme, si considérable que les plus hardies conceptions de l'imagination ne peuvent nous le faire concevoir.

Cependant comme Dieu crée sans cesse, on peut supposer qu'il y a des esprits qui ont parcouru toutes les étapes, et qui sont arrivés enfin à la perfection absolue. C'est encore une fausse interprétation, car la perfection absolue c'est Dieu, c'est-à-dire l'infini et l'éternité. Or ayant eu un commencement, jamais l'âme de l'homme ne sera étemelle, elle est simplement immortelle. C'est une fonction qui croît depuis zéro jusqu'à plus l'infini.

On a quelquefois prétendu que l'âme était incrée. Suivant nous, cette manière de voir est fautive, car si nous admettons l'existence de Dieu, il doit être l'auteur de tout ce qui existe; sans cela il n'aurait aucune raison d'être. D'ailleurs, puisque nous progressons, c'est que nous étions auparavant moins parfaits; en remontant d'incarnation en incarnation nous voyons que nous avons débuté à la vie par un état simple dans lequel nous n'avions aucune des facultés que nous possédons aujourd'hui; nous les avons

acquises insensiblement par une suite de luttes contre la matière: or si nous étions éternels, que signifierait la progression? Dans Téternité nous ne pourrions nigrandirni diminuer, nous serions immuables de par notre nature propre. L* expérience nous démontrant, au contraire, quenous grandissons intellectuellement, inous devons en conclure que nous avons été créés. L'immensité et Téternité sont les seules limites que mous trouvions au progrès, c'est-à-dire qu'il n'en apas.

Nous ne devons pas ôtro effrayés de cette perspecitive, car nous savons, par l'expérience, qu'à chaque découverte nouvelle, à chaque acquisition intellectuelle, -est attaché un bonheur qui accroît d'autant celui dont nous jouissions déjà. A mesure que nos facultés s'étendent, elles s'exercent sur un champ de plus en .plus vaste, elles embrassentdes horizons plus étendus, et comme l'univers est illimité nous pouvons imaginer qu'il nous faudra l'éternité pour le comprendre et en approfondir les lois.

Confiants dans la bonté de notre père céleste, nous devons croire aux promesses des esprits supérieurs qui nous, assistent, en constatant le bonheur inefTable dont ils jouissent, l'élévation et la beauté de leur enseignement, notre seul objectif doit être de les égaler, certains que la puissance divine saura toujours récompenser nos efforts en proportionnant le bonheur à la peine que nous aurons supportée.

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