‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 6 sur 39 · LA FORGE EST INDÉPENDANTE DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

LA FORGE EST INDÉPENDANTE DE LA MATIÈRE

intacts le jugement, la mémoire, le feu du génie. Tardeur du courage. U y a peu d'années le professeur Lordataécnt un traité remarquable sur Tinsénescence du sens intime chez les vieillards. La folie s'accompagne souvent d'une lésion appréciable des centres nerveux ; mais que dirons-nous des cas où Esquirol et les auteurs les plus consciencieux affirment n'avoir trouvé aucun vestige d'altération dans le cerveau ? Les annales de la science nous fournissent un assez grand nombre de faits parfaitement observés d'altération profonde de la substance cérébrale, sans que, pendant la vie, on ait remarqué le plus léger trouble de l'intel* ligence.

« On a vu des portions de cerveau enlevées, des balles traverser de part en part cet organe, sans le moindre dérangement de l'esprit ; tandis qu'il suffit quelquefois de minces fîlets de sang dans un point rétréci pour allumer la fièvre, exciter un délire furieux et amener rapidement la mort. Hâtons-nous de reconnaître que l'intégrité des organes, leur bonne conformation, un volume suffisant sont des conditions favorables au libre exercice, à la vigueur des facultés intellectuelles. Mais gardons-nous de confondre Yorgane avec la fonction ; et c'est surtout en parlant du cerveau et de la pensée que cette distinction est importante, car plusieurs organes de l'économie concourent à ce grand phénomène de la vie intellectuelle : la privation de l'air la fait cesser immédiatement ; une balle qui traverse le cœur la détruit avec rapidité, etc. — Et cependant qui oserait donner pour cause première à la pensée, l'air que nous respirons, le sang vermeil qui circule dans les canaux artériels ? »

Voilà ce que dit la science et il nous semble que ses

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conclusions ne sont pas tout à fait en faveur de Moleschott, il n'est pas possible d'affirmer que la pensée soit toujours en harmonie avec l'intégrité du cerveau^ donc elle n est pas produite par le cerveau.

Nous avons vu aussi, plus haut, le savant hollandais attribuer la pensée à une vibration de la matière cérébrale. Cette théorie serait-elle plus juste que les précédentes? Nous allons le voir immédiatement.

Une diflicullé nous arrête tout d* abord : il est difficile de comprendre comment une sensation engendre une idée. La sensation est une impression produite sur les nerfs sensitifs par un ébranlement extérieur déterminant un mouvement ondulatoire qui se propage par les fibres nerveuses Jusqu'au cerveau. Arrivé là, ce mouvement fait vibrer les cellules du sensorium. En quoi ce mouvement mécanique des cellules peut-il déterminer une idée? Gomment comprendre que cet ébranlement soit perçu par l'être pensant?

La cellule nerveuse qui est formée de cholestrine^ d'eau, de phosphore, d'acide humique etc., associés en certaines proportions, n'est pas elle-même intelli* gente; le mouvement vibratoire est une simple action matérielle. Comment se fait-il que la pensée naisse cependant de cet ébranlement de la cellule nerveuse? C'est ce qu'on oublie de nous apprendre.

Les spiritualistes interprètent les faits en disant que nous avons en nous une individualité intellectuelle qui. est avertie, par cette vibration, qu'une action a été exei^ cée sur le corps, et c'est lorsque l'âme a conscience de. ce mouvement vibratoire, que nous éprouvons la perception. Ce qui établit jusqu'àl'évidence que les choses, se passent ainsi, c'est le phénomène si ordinaire de la, distraction.

AUTBES OBJECTIONS 27.

Lorsque nous travaillons dans une chambre, n'arrive-t-il pas souvent que nous sommes insensibles au tic-, tac d'une pendule? et môme il se peut que nous ne fassions pas attention aux heures qui sont frappées. sur le timbre. Pourquoi ne les entendons-nous pas? Les vibrations produites par le son ont impres-. sionné notre oreille, elles se sont propagées à travers Forganismejusqu'au cerveau, mais râraeétantoccupée. par d'autres pensées n'a pu transformer la sensation en perception, de sorte que nous n'avons pas eu conscience des bruits produits par la pendule. Ce simple fait démontre d'une manière frappante Texistence de l'âme.

Autres objections.

Nous sommes certains maintenant que la pensée n'est produite, ni par l'ensemble du cerveau, ni par un mouvement vibratoire de ses molécules. Assurons-nous qu'elle n'est pas davantage le produit de la matière cérébrale. Reprenons pour les examiner les théories de Cabanis et de Carie Vogt sur la pensée, est-il possible qu'elle soit une sécrétion du cerveau? Cette idée est tellement fausse, si peu en harmonie avec la réalité des faits, qu'un matérialiste décidé tel que Buchner, se refuse à Tadmetlrc ; il dit en effet : . ^

« Malgré le plus scrupuleux examen, nous ne pou-. Tons trouver une analogie entre la sécrétion de la bile] ou celle de l'urine, et le procédé par lequel se lorme^ la pensée au cerveau. L'urine et la bile sont des matières palpables, pondérables et visibles, de plus desf matières excrémentielles que le corps a usées et qu'il

rejette. La pensée, Tesprit, Tâme au contraire n'a rien de matériel, n'est pas substance elle-même, mais l'enchaînement des forces diverses formant unité, l'efTet du concours de beaucoup de substances douées de forces et de qualités. Si une machine faite par la main de l'homme produit un effet, met en mouvement son mécanisme ou d'autres corps, frappe un coup, indique l'heure ou quelque chose de semblable, cet eflTet considéré en lui-même est pourtant quelque chose d'essentiellement difTérent de certaines matières excrémentielles, qu'elle produit peut-être dijirant cette activité.

» C'est ainsi que le cerveau est le principe et la source, ou pour mieux dire l'unique cause de l'esprit, de la pensée ; mais il n'en est pas pour cela l'organe sécréteur. Il produit quelque chose qui n'est pas rejeté, qui ne dure pas matériellement, mais qui se consume soi-même au moment de la production. La sécrétion du foie, des reins a lieu à notre insu, d'une manière indépendante de l'activité supérieure des nerfs; elle produit une matière palpable. L'activité du cerveau ne peut avoir lieu sans la conscience entière; elle ne sécrète pas des substances mais des forces. Toutes les fonctions végétales, la respiration, la pulsation du cœur, la digestion, la sécrétion des organes excréteurs, ont lieu tout autant dans le sommeil qu'à l'état de veille; mais les manifestations de la vie sont suspendues au moment où le cerveau, sous l'influence d'une circulation plus lente, est enseveli dans le sommeil. »

Pour Buchner, la pensée n'est pas une sécrétion, elle provient d'un ensemble de forces diverses formant unité, c'est une résultante, mais une résultante de

quoi? Est-ce de l'ensemble du cerveau ou sculetminl de certaines parties? Comment quelque chose d'indivisible, d'insécable comme la pensée peut-il être produit par difTérents organes se réunissant dans un effet commun? Tauteurne nous en dit rien; d'ailleurs nous n'avons pas besoin d'explication pour comprendre que cette manière d'envisager la pensée est encore erronée. Buchner reconnaît que la pensée est immatérielle, nous demandons comment elle pourrait être produite par le cerveau qui n'est composé que de matière.

Serrons de plus près le sujet et nous verrons que> de quelque manière que Ton s'y prenne, il est impossible de supposer que le ceiveau sécrète la pensée, ni qu'elle s'en dégage comme l'éleclricUé des corps qui la renferment.

Il est évident, avéré, incontesté, que le travail cérébral détermine une élévation do température dans le cerveau. 11 se produit une oxydation des cellules qui peut se mesurer, comme l'a tait Schifï, en opérant sur des chiens, ou sur l'homme ainsi que l'attestent les expériences de Broca sur des étudiants en médecine» ou enûn en pesant, comme Bayson, les sulfates et les phosphates qui entraient dans son corps parl'alimentation, et en montrant que la quantité de ces sels, reje tée par les excrétions, augmentait d'une manière sensible après un travail cérébral.

En quoi ces expériences dont les matérialistes ont prétendu faire un argument peuvent-elles infirmer l'existence de l'âme? Elles démontrent simplement que lorsque le cerveau travaille, le sang y aiflue et détermine un mouvement moléculaire, qui se traduit matériellement par des actions chimiques. Croit-on que la pensée soit le produit de ces réactions? Ce serait une

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grave erreur, car si le cerveau sécrète la pensée, il faut expliquer la nature et le résultat de cette sécré* tion; est-ce un liquide, un solide, un corps simple, ou un corps composé? Dès qu'on écarte résolument toute hypothèse spirituelle, on doit établir que Ton obtient par rélévation de température un objet matériel. Or qui prétendra jamais que la pensée, cette chose fugitive est dans ce cas?

Si Ton admet que la pensée est une force, comme l'électricité ou la chaleur, émanant du cerveau à certains moments, toute force étant un mouvement vibratoire de Téther, nous retombons dans la théorie de Moleschott que nous avons démontrée fausse.

On voit donc que, quelque soit le procédé d'analyse que Ton emploie, il est impossible de supposer que la pensée soit due à une émanation du cerveau, pas plus qu'à des sécrétions ou vibrations de la matière cérébrale. On ne peut admettre les systèmes matérialistes sans se trouver en opposition formelle avec les faits et avec la raison, et si nous constatons dans le cerveau une série d'actes qui précèdent, accompagnent ou suivent la pensée, il est absolument illogique de leur en attribuer la production.

Une des facultés de l'âme qui a le plus frappé l'attention des philosophes est sans contredit la mémoire. Faculté mystérieuse qui réfléchit et conserve les accidents, les formes et les modifications de la pensée, de l'espace et du temps ; en l'absence des sens et loin de l'impression des agents extérieurs, elle représente cette succession d'idées, d'images et d'événements, déjà envolés, déjà tombés dans le néant; elle les ressuscite spirituellement, et tels que le cerveau les sentit et que la conscience les perçut et les forma.

Pour en expliquer le mécanisme, Aristote admet que fes impressions extérieures se gravent dans Fesprit^ à peu près comme on reproduit une lettre en posant un cachet sur la cire. Descartes croit aussi que cette faculté provient de vestiges que laissent en nous les impressions des sens ou les modifications de la peur sée. Adoptons la manière de voir de ces grands hom*' mes et demandons-nous comment nous pourrons U concilier avec les données que Moleschott nous fourr uit sur la nature du principe pensant.

Le savant chimiste établit dans un magnifique chapitre le mouvement incessant delà matière, les transformations merveilleuses et multiples qui s'accomplissent à rintérieur de notre corps, et en s'appuyant sur les travaux de Thompson^ de Vierodt et de Lehu* mann, qui avaient eux-mêmes pour base ceux de Cuvier et de Flourens, il annonce que « les faits justifient pleinement la supposition que le corps renouvelle la plus grande partie de sa substance, dans un laps de vingt à trente jours. » Et ailleurs il dit encore : a L'air que nous respirons change à chaque instant la comiposition du cerveau et des nerfs. »

Si cela est vrai, si nous sommes tous les trente jours on être nouveau, si toutes les molécules qui composent notre être sont rentrées dans le tourbillon vital, comment se fait-il que nous ayons encore dans Tâge mûr le souvenir d'actes qui se sont passés pendant notre jeunesse? Comment Moleschott nous expliquera-t-ïl que malgré ces mutations continuelles, nous soyons toujours les mêmes individus? Il est incontestable que nous avons l'invincible certitude d'être identiques; Alors même que nous vieillissons, nous savons que notr^ moi ne change pas. Au milieu des vicissitudes do

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rexistence,nos facultés peuvent grandir ou s'oblitérer, nos goûts varier à l'infini et notre conduite présenter les contradictions les plus singulières, mais nous sommes certains d'être toujours le même être, nous avons conscience qu'un autre n'a pas pris noire place, et cependant tous les éléments de notre corps ont été renouvelés plusieurs Ibis, pas un atome de ce qui le formait il y a dix ans ne subsiste en lui présentement, comment se fait-il alors, que nous conservions la mémoire des choses passées?

C'est, nous répondent les spiritualistes, qu'il existe en nous un principe qui ne change pas, et dont la nature indivisible n'est pas soumise comme la matière à la destruction. C'est l'âme qui conserve le souvenir des événements accomplis, les conquêtes de l'intelligence et les vertus lentement acquises par une lutte incessante contre les passions.

Nous ne pouvons admettre les théories matérialistes, car elles tendent tout simplement à supprimer la responsabilité des actes. Si nous ne sommes, en effet, qu'un assemblage de molécules sans cesse renouvelées, si les facultés sont la traduction exacte du développement que le hasard donnerait à certaines parties du cerveau, de quel droit l'homme pourrait-il se prévaloir de ses qualités, et pourquoi condamnerait-on un malfaiteur, puisque son penchant au crime dépendrait d'une disposition organique qu'il n'est pas maître de modifier?

Les combats que nous soutenons contre les aspirations qui nous entraînent vers le mal, indiquent qu'il est en nous une force consciente dirigée par les lois de la morale. Ces luttes intérieures révèlent l'action de la volonté en dépit de tous les sophismes que Ton

a entassés pour établir qu'elle est chimérique. Noua De sommes pas toujours maîtres, il est vrai, de domi* ner nos sensations, elles s^imposent souvent à nous avec énergie : un spectacle touchant nous pénètre d'une douce émotion, la vue d'une injustice excite notre indignation, une harmonie suave nous enchante, mais ces impressions si diverses sont bien différentes du vouloir qui est le plus intime caractère du moi et de la porsonnalité humaine. Lorsque nous sommes en face d'un acte à accomplir, nous pesons les motifs qui peu* vent nous déterminer, la voix de l'intérêt se fait enténdre,*en opposition souvent avec celle du devoir, et ce qui constitue le mérite, c'est le pouvoir que nous avons de choisir entre ces deux mobiles. C'est parce que nous sommes libres, que nous sommes responsables; cette grande vérité est si ancrée dans la conscience universelle, qu'onn'a jamais vu un fou Atre puni pour avoir commis un crime.

Le libre-arbitre n'est pas une illusion, c'est lui qui donne à Thonnôte homme la force de mourir plutôt que d'enfreindre les lois, c'est lui qui pousse les grands cœurs aux dévouements héroïques, et si rhomme n'était que l'aveugle jouet des forces physicochimiques, il faudrait dire adieu à tous les nobles sentiments, à toutes les aspirations généreuses I

On a tenté de prouver, en comparant le poids d'un grand nombre de cerveaux humains, que Tintelligence la plus développée correspondait toujours à Tencéphale le plus lourd. Des statistiques nombreuses ont •été établies; mais jusqu'ici les résultats n'ont pas été assez précis pour permettre de formuler une loi. On •constate, il est vrai, qu'à mesure que l'on se rapproche des races inférieures la capacité crânienne diminue* -

Dans ces derniers temps MM. Bischof, Nicoîuccî, Hervé, Broca, etc., ont fait des recherches très curieuses à cet égard, mais pas plus que leurs prédécesseurs, ils n*ont pu déduire une règle des cas nombreux qu'ils ont observés, et Ton a vu des idiots dont le volume du cerveau était aussi considérable que celui de personnes jouissant de toutes leurs facultés intellectuelles.

C'est dans ces sortes de recherches qu'il ne faut pas confondre Torgane et la fonction. Si on remarque que certaines parties du corps s'accroissent plus que d'autres, c'est qu'elles travaillent davantage. Ml est reconnu que les forgerons ont le bras droit beaucoup plus fort que l'autre, parce que c'est avec celui-là qu'ils manient le marteau. On a également observé que les tourneurs ont la jambe gauche plus volumineuse que la droite, car c'est celle dont ils se servent constamment. En induira-t-on que ces hommes sont forgerons ou tourneurs parce que leurs membres sont plus développés?

Le raisonnement est le même pour le cerveau. Si dans certains cas on observe une corrélation entre son volume et une grande activité intellectuelle, cela prouve simplement que l'esprit agit avec intensité sur lui. M. Hervé dit excellemment: « l'encéphale s'accroît, toutes choses égales, en proportion de l'activité fonctionnelle, dont il est le siège. » C'est une loi qui s'applique à tous les organes dans toute la série animale, or quelle est l'activité fonctionnelle du cerveau? L'activité intellectuelle et morale.

Donc le poids et le volume du cerveau n'ont rien de commun avec l'existence de l'&me, et ne peuvent l'iofirmer.

CONCLUSION 3j>

Conclusion.

En résumé, nous dirons qu*il ressort de Tétude des faits la certitude que nous possédons un principe pensant, indépendant de la matière, qui n'est pas soumis comme elle aux transformations de la vie, et dans lequel réside le souvenir. Pour combattre cette vérité si simple, des savants ont fouillé les profondeurs les plus intimes de Fêtre afin d'en extraire des arguments.

On est surpris de voir combien ils s'égarent, Torsque quittant le solide terrain de l'expérience, ils se hasardent, guidés par des hypothèses, dans le domaine philosophique. C'est qu'ils ne veulent admettre que ce qui est visible, tangible, que l'on peut mesurer. Nous n^aurions rien à dire contre cette méthode, si on s'en servait toujours, mais ce qui n'est pas juste c'est qu'oa ne l'applique qu'aux phénomènes psychiques. Broussais disait : « J'ai disséqué bien des cadavres, je n'ai jamais trouvé l'âme. »> Et cependant, il admettait la vie et les sciences naturelles qui ne reposent que sur des entités.

Écoutons M. Laugel :

« La chimie se contente de mots toutes les fois qu'il est impossible de pénétrer l'essence même des phénomènes. De quoi parle-t-elle sans cesse ? d'affinité^ n*est-ce pas là une force hypothétique, une entité aussi peu tangible que la vie et que l'âme. La chimie renvoie à la physiologie l'idée de la vie et refuse de s'en occuper. Mais l'idée autour de laquelle la chimie se déroule, a-t-elle quelque chose de plus réel? Cette idée est souvent insaisissable, non seulement dans

son essence, mais encore dans ses effets. Peut-on méditer par exemple un instant sur les lois de Berthollet sans comprendre qu'on est en face d'un mystère impénétrable? Dans les expériences qui ont servi à les fonder, les réactions chimiques sont ramenées à des conditions purement statiques et indépendantes des affinités proprement dites ; mais dans le phénomène d'une combinaison, dans cet entraînement qui précipite Tun vers l'autre des atomes qui se cherchent, se joignent en échappant aux composés qui les emprisonnaient, n'y a-t-il pas de quoi confondre l'esprit?

» Pour moi, je pense que plus on étudie les sciences dans leur métaphysique, plus on peut se convaincre que celle-ci n'a rien d'inconciliable avec la philosophie la plus idéaliste. Les sciences analysent les rapports, elles prennent des mesures, elles découvrent les lois qui règlent le monde phénoménal ; mais il n'y a aucun problème, si humble qu'il soit, qui ne les place en face de deux idées sur lesquelles la méthode expérimentale n'a aucune prise, en premier lieu, Tessence de la substance modifiée parles phénomènes; en second lieu, la force qui provoque ces modifications. Nous ne connaissons, nous ne voyons que des dehors, des apparences : la vraie réalité, la réalité substantielle et la cause nous échappent. »

Nous ne pouvons mieux terminer cette revue qu*en citant les paroles suivantes de l'illustre physiologiste Claude Bernard :

« La matière, quelle quelle soi^est toujours dénuée de spontanéité et n'engendre rien ; elle ne fait qu'exprimer par ses propriétés l'idée de celui qui a créé la tnachine qui fonctionne. De sorte que la matière or-.

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