CHAPITRE Yll
DU DEUXIÈME DEGRÉ d’iNITIATION.
Après avoir passé vingt ans de sa vie dans le premier degré, macérant son corps par le jeûne et les privations de toute nature, assouplissant son intelligence par les prières, les invocations et les sacrifices, l’initié est définitivement placé dans une des trois catégories suivantes :
Grihasta. — Il reste chef de famille jusqu’à la fin de ses jours, vit dans le monde, vaque à ses affaires, et de tout ce qu’on lui a enseigné, ne conserve que le pouvoir d'évocation des esprits domestiques, c’est-à-dire appartenant à son arbre généalogique, avec lesquels il a le droit de communiquer dans le sanctuaire qu’il doit leur réserver dans sa maison.
Pourohüa. — Il devient prêtre du culte vulgaire, assiste à toutes les cérémonies, à toutes les fêtes de famille, dans les temples et dans les demeures particulières. 11 a dans son rôle exclusif tous les phénomènes de possession. C’est le grand exorciste des pagodes.
Fakir. — Il devient charmeur, et à partir de ce moment tout son temps devra être employé à concentrer dans des phénomènes produits en public, les manifestations des puissances occultes.
Grihastas,Pourohitas, Fakirs, n’atteindront jamais le second degré d’initiation. Leurs études sont terminées, et à part les
LA DOCTRINE DES PITRIS
fakirs qui sont en communication constante avec les initiés supérieurs, pour augmenter sans cesse leur puissance magnétique et fluidique, ils n’assistent plus dans l’intérieur des temples à renseignement des mystères.
Un petit nombre seulement, parmi ceux qui se sont distingués dans les études du premier degré, franchit les terribles barrières de l’initiation supérieure du deuxième, et arrive à la dignité de sannyassi — cénobite.
Le sannyassi ne vit plus que dans le temple, c’est à peine si de loin en loin il apparaît dans les occasions solennelles, et lorsqu’il s’agit de frapper l’imagination de la foule par des phénomènes d’un ordre supérieur.
L’Agroucbada-Parikchai est muet sur la méthode d’entraînement qui lui est appliquée, les formules de prières et d’évocation ne furent jamais écrites, et s’enseignaient à voix basse dans les cryptes souterraines des pagodes.
Nous ne pourrons donc étudier le second degré d’initiation que pour les phénomènes reproduits par les sannyassis, et dont le deuxième livre de l’Agrouchada donne la nomenclature.