‹ Le spiritisme dans le mondeChapitre 21 sur 74 · DU CHOIX DU BRAHMATMA · texte numérisé non relu

DU CHOIX DU BRAHMATMA

Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons déjà dit de ce chef religieux.

Il ne pouvait être choisi que parmi les rares initiés ayant fait vœu de chasteté, membres du conseil supérieur.

On comprendra le danger d’un pareil vœu quand on saura que tout brahme qui débutait dans l’initiation en le prononçanC devait forcément atteindre à la dignité de Yoguy, s’il ne voulait recommencer sur la terre une série de transmigrations nouvelles. N’ayant pas payé la dette des ancêtres^ par la naissance d’un fils qui pût continuer la chaîne généalogique et officier à ses funérailles, il était obligé de revenir après sa mort sous une nouvelle enveloppe humaine, pour accomplir ce suprême devoir.

Les Yoguys^ ou membres du conseil des soixante-dix, en raison du degré de sainteté auquels ils étaient parvenus, n’avaient pas à subir de nouvelles transmigrations sur la terre; ils pouvaient donc, indifféremment avoir été chefs de famille, ou s’être conservés aussi chastes que les novices. Mais eu égard au petit nombre de ceux qui étaient admis, dans' cet espèce de sanhédrin, le brahme qui en terminant son noviciat, prononçait le vœa terrible, ainsi que l’appelle le livre des Esprits, s’exposait à recommencer une série d’existences

LE SPllUTISME DANS LE MONDE.

nouvelles, de la Monade première, qui vient animer le fétu de mousse, à l’homme, qui est] pour le moment, l’expression la plus parfaite de la forme vitale.

Si le brahmatma ne pouvait être choisi que parmi les yoguys ayant fait vœu de chasteté, ce n’est pas à cause de l’état présumé de sainteté que lui procurait ce vœu, car à peine nommé, et quoi qu’ayant atteint l’âge de quatre-vingts ans, il devait, pour que l’élection fut considérée comme valable, faire preuve de virilité avec une des jeunes vierges de la pagode, qu’on lui donnait pour épouse.

Les enfants mâles qui venaient à naître de cette union, étaient .déposés sur une claie d’osier que l’on livrait au courant d’un fleuve ; si l’eau le rapportait au rivage, il était emporté dans le temple, où il était d’orres et déjà considéré comme un initié du troisième degré ; dès laplus tendre enfance, tous les memtrams secrets, — formules d’évocations — , lui étaient livrées. Si au contraire le berceau suivait le cours du fleuve, l’enfant était rejeté parmi les parias, et on le livrait aux gens de cette caste qui l’élevaient.

Nous n’avons pas pu découvrir les motifs de cette singulière coutume. En étudiant ces antiques usages et les comparant aux mœurs des castes sacerdotales de l’Égypte, qui ont tant de rapports avec celles des temples de Tlnde, nous nous sommes souvent posé les questions suivantes, que nous livrons à nos lecteurs comme de simples hypothèses.

Est-ce que le chef.de la révolution hébraïque. Moïse, ne serait pas le ûls du grand pontife de> l’Égypte, chef des initiés, et n’aurait-il pas été rapporté dans le temple, parce que les flots du Nil l’avaient repoussé sur le rivage ?

Aaron son frère, rejeté au contraire dans la caste servile, n’aurait-il point subi ce sort, parce qu’exposé de même sur le fleuve, il aurait dérivé au fil de l’eau sans atteindre la rive?...

Ne pourrait- on pas voir dans l'amitié des deux frères éclai-

LA DOCTRINE DES PITRIS

rés plus tard sur leur origine commune, les motifs qui poussèrent Moïse à quitter la caste sacerdotale dont il faisait partie, pour se mettre à la tête des esclaves égyptiens, et les entraîner dans le désert, à la recherche de cette terre promise, que tous les parias, tous les ilotes, tous les déshérités, ont toujours entrevue dans leur rêve, pensant y trouver la paix, le soleil et la liberté....

11 n’y a là, nous le répétons, qu’une hypothèse !

Qui .sait si les' sciences ethnographiques, si brillamment inaugurées par la seconde moitié de ce siècle, n’en feront pas^ plus tard une vérité?...

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