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LES FORMULES DES ÉVOCATIONS

Après avoir étudié le rôle de Pâme humaine, des esprits supérieurs et inférieurs, et de l’univers dans le grand tout qui est Dieu, et bien établi les liens de corrélation qui existent entre toutes les âmes, et qui font que les âmes du groupe supérieur aident de leurs conseils, de leurs communications bienveillantes, les âmes du groupe inférieur, le livre des pitris aborde le chapitre mystérieux des évocations.

Les évocations sont de deux sortes.

Elles s’adressent, soit aux âmes ou esprits des ancêtres, et dans ce cas ces esprits évoqués peuvent se rendre à l’appel qui leur est adressé, quel que soit le degré supérieur qu’ils aient atteint; soit aux esprits qui ne font pas partie de l’arbre généalogique de Vévocateur, et alors les évocations sont sans résultat si elles s’adressent à des esprits qui ont déjà franchi le degré immédiatement supérieur à celui de l’humanité.

On peut poser la règle en disant :

Que l’homme peut évoquer l’esprit d’un de ses ancêtres, en toute circonstance, quand bien même ce dernier serait déjà parvenu au rang des esprits pradjapatis, directeurs suprêmes des créatures, et sur le point de s’absorber dans la grande âme.

Que s’il évoque en dehors de sa ligne généalogique, il ne

p6ut obtGnii dcb insnifGbl&lions (jug (Igs esprits cjui sg trouvent dans la catégorie des pitris.

L’initié doit se j)réparer à l’évocation, par le jeûne et la prière, car, suivant l’expression même de l’AgroLichada-Parikchai :

« Les terribles formules donnent la mort quand elles ne sont pas prononcées par une bouche pure. »

Pour évoquer, l’initié doit :

1° S’isoler des choses extérieures;

2° S’absorber dans la pensée unique de l’esprit qu’il veut faire apparaître ou dont il désire recevoir des communications ;

3° Enfermer dans un cercle magique les malins esprits qui voudraient le troubler;

4° Offrir le sacrifice aux mânes des ancêtres et aux esprits supérieurs ;

5° Prononcer les formules d’évocation.

Une partie spéciale du livre des pitris est consacrée à ces formules, conçues dans un sens kabalistique. Nous n’essaye- rons pas de faire la lumière sur ce point, n’ayant pu obtenir des brahmes la clef de ces combinaisons. Il ne faudrait pas accorder à ces matières, du reste, plus d’importance que de raison.

La première feuille du chapitre des formules, contient l’épigraphe suivante, dont les combinaisons de mots et de lettres sont des plus simples; nous le donnons à titre de spécimen pour montrer à quelle puérilité de moyens les initiés des temples anciens avaient recours pour voiler leurs pratiques.

Cette épigraphe ne contenant pas de formule d’évocation, les brahmes font peu de difficulté d’en donner le sens.

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE. Ü7

Nid -{-> Nand In

Mad uo — yâc — ad Irt

mav -f- id Irt

sam ad Irt

mal -f- àk Irt

Mam -{-ra-\- dî — y art Tag — aj Irt.

En lisant chaque syllabe de droite à gauche, et en commençant par la dernière syllabe de chaque mot, celte épigraphe cabalistique se rétablit de la manière suivante :

Tridandin

Tridaçâyoudam

Tridivam

Tridamas

Trikalam

Trayidarmam

Trijagat

Le langage des évocations, supprime les verbes, les prépositions, les conjonctions, les adverbes et, en conservant les noms, leur fait subir les différentes terminaisons des déclinaisons, indiquant ainsi l’action grammaticale des verbes et prépositions sous-entendus.

Ainsi, dans l’espèce qui nous occupe :

Tridandin est au nominatif et signifie Vinilié qui a droit aux trois bâtons. Ces trois bâtons indiquent l’initié du troisième degré qui a tout pouvoir sur les trois choses : la 'pensée^ la parole et V action.

Tridaçayoudam signifie Varme divine. Ce mot est à l’accusatif et doit être régi par un verbe dont Tridandin est le sujet,

Tridivam signifie le triple ciel. Ce mot est à l’accusatif également, et se trouve par conséquent dans la même situation que le mot précédent.

Tridamas, nom d’i4^;u\ aux trois feux, ce mot est au génitif du nominatif Tridâman.

Trikalani signifie les trois temps, le passé, le présent,. le futur. Ce mot affecte aussi la forme de l’accusatif.

Trayidarmam , à l’accusatif, signifie les trois livres de la loi.

Trijagat, forme neutre de l’accusatif, signifie les trois mondes : le ciel, la terre, la région inférieure.

Cette épigraphe, d’après les brahmes, doit être lue ainsi ;

Tridandin — L’initié qui a conquis les trois grades, qui porte les trois verges, et qui a pouvoir sur les trois choses : la pensée, la parole, Vaction,

Tridaçayoudam — s’il veut s’emparer de l’arme divine

Tridivam — et conquérir le pouvoir d’évocation sur les esprits des trois deux,

Tridamas — avoir à son service Agni aux trois feux

Trikalani — et connaître les trois temp^ le passé, le présent, le futur,

Trayidarmam doit posséder Tessence des trois livres de la loi.

T7Ûjagat — C’est ainsi qu’il parviendra à connaître les secrets des trois mondes, .

DOCTRINE PHILOSOPHIQUE

Nous n’insistons pas sur ces pratiques d’écriture occulte, dont le mécanisme change à chaque formule d’évocation. Il nous a été du reste impossible, ainsi que nous l’avons dit, d’obtenir des initiés des pagodes la communication de la partie du livre des pitris qui contient ces formules, que le vulgaire ne doit pas connaître.

Autrefois, la peine de mort punissait la divulgation d’un simple verset du livre des esprits, quel que fût le rang de l’initiateur et de l’initié, si ce dernier n’appartenait pas à la caste sacerdotale.

Les cabalistes hébraïques ne se contentèrent pas également du langage symbolique sous lequel ils voilèrent leurs doctrines, ils s’appliquèrent à introduire dans leur écriture des procédés secrets, identiques à ceux des pagodes de l’Inde.

Quant aux cérémonies particulières d’évocation, nous aurons occasion de les étudier dans tous leurs détails, lorsque nous nous occuperons des phénomènes extérieurs produits par les différents ordres d’initiés.

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