LA MAGIE VULGAIRE
Les formules de conjurations magiques, qui s’adressent aux diverses catégories de malins esprits, sont tenues aussi secrètes que celles des évocations des esprits supérieurs. Elles font même partie d’un livre spécial de V Agrouchada, qui reçoit le nom à! Àgroucliada-Parikchai, des enchanteurs.
Les mêmes pratiques d’écriture et de lecture que nous venons de signaler sont également employées pour cacher aux profanes le sens de ces conjurations. Nous les négligerons pour ne nous occuper que des manifestations extérieures, d’exorcismes et de possessions si communes dans ITnde.
Nous raconterons en impartial historien 'les faits nombreux dont nous avons été témoin, et dont quelques-uns sont aussi extraordinaires au point de vue physiologique qu’au point de vue spirite pur, sur lequel nous déclinons toute compétence.
Nous nous bornons donc à signaler ce chapitre de VAgroucMda traitant des formules de conjurations, sans pouvoir donner de plus amples renseignements, sur les paroles magiques auxquelles les initiés, prêtent la vertu d’exorciser les rakchasas, pisatchas, nagas, souparnas et autres esprits mauvais, qui fréquentent les cérémonies funéraires, s’emparent du corps des hommes et troublent les sacrifices.
DOCTRINE PHILOSOPHIQUE
Nous nous sommes déjà occupé i de celle partie un peu vulgaire du livre des pitris, et nous n’avons pas à modifier l’opinion que nous avons émise, et qu’il nous paraît utile de rappeler. On nous excusera de nous citer nous-même.
La magie semble avoir établi son lieu de prédilection dans rinde. Rien n’est attribué dans ce pays à des causes ordinaires, et il n’est pas de sortilèges et de maléfices dont les Indous ne croient les enchanteurs capables.
Contradictions, contre-temps, événements malheureux, maladies, morts prématurées, stérilité des femmes, fausses couches, épizooties, tous les fléaux enfin auxquels l'humanité se trouve en butte sont toujours imputés aux pratiques occultes ou diaboliques de quelque méchant enchanteur soudoyé par un ennemi.
Si un Indien, au moment où il est affligé d’un revers, est en mésintelligence avec quelque personne, c’est sur elle que portent à l’instant ses soupçons, c’est elle qu’il accuse d’avoir eu recours à des procédés magiques pour lui nuire.
Mais celle-ci ne supporte jamais une pareille imputation, les esprits s’aigrissent, la discorde gagne les parents et les amis, et les suites de ce démêlé deviennent parfois très-sérieuses.
Les malins esprits étant exorcisés, poursuivis, traqués par les initiés sectateurs des pitris, [la croyance vulgaire admet qu’ils se mettent à la disposition des mauvais sujets et des vagabonds, leur enseignent des formules magiques spéciales, dans le but de faire ensuite avec eux, tout le mal possible aux autres hommes.
Plusieurs milliers d’années de despotisme sacerdotal, de superstitions et d’ignorance, habilement entretenues dans le peuple, ont porté la crédulité à sa dernière période.
A chaque pas, dans le sud de l’Indoustan surtout, on ren-