‹ Le spiritisme dans le mondeChapitre 48 sur 74 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

La partie philosophique de notre œuvre est terminée. Sans doute une foule de points de ce vaste sujet, eussent demandé plus de développement, mais nous avons tenu avant tout à donner une idée d’ensemble, des spéculations métaphysiques des initiés Indous, et à montrer comment leur croyance aux esprits n’est qu’une conséquencede leur système sur la nature de Dieu, ses attributs et l’existence de l’univers. Dans la comparaison de cette doctrine, qui a sa base même dans les Védas, avec celles des autres peuples de l’antiquité, nous avons fait une part plus large à la kabale hébraïque, parce que, moins connue que le magisme, la philosophie de Platon et de l’école d’Alexandrie, elle a |cru en outre aux manifestations des esprits, à la puissance des évocations et des phénomènes extérieurs, exactement comme la philosophie des Pitris, son ancêtre traditionnelle des bords du Gange.

Nous aurions pu faire remarquer encore que le christianisme primitif, avec ses thaumaturges, apparaissant tout à coup malgré les portes clo.ses, ressuscitant les morts, s’élevant dans les airs et recevant le don des langues, avec ses initiés des catacombes, ses esprits supérieurs, ses démons, ses exorciseurs, entretenait avec la kabale et la doctrine des pitris les rapports les plus étroits. Nous avons dû nous borner à déclarer que

celle révoliilion religieuse des premiers siècles de noire ère n’élail qu’une synthèse des vieilles croyances de l’Asie. Une étude complète sur ce sujet mériterait les honneurs d’un livre spécial, que nous aurons peut-être les loisirs d’achever.

La spécialité de notre cadre actuel ne pouvait nous permettre une excursion complète sur ce terrain. Puis nous eussions été conduit fatalement, par cela même, à accorder la même importance aux initiations mystérieuses de l’Égypte, de la Ghaldée et de la Perse, et l’on peut voir que cela nous eût entraîné à faire une histoire générale des anciennes civilisations de l’Orient, ce qui serait rentré dans les études ethnographiques que nous publions d’autre part L

Avant d’aborder le récit des phénomènes et manifestations extérieures, par lesquels les Indous ont la prétention de prouver qu’ils sont en possession de la puissance occulte, puissance qui est la conséquence logique de leur croyance religieuse au rôle des esprits dans l’univers, nous tenons par-dessus tout à dégager notre responsabilité personnelle. - Nous n affirmons absolument rien sur la plupart des faits étranges que nous allons raconter! Habileté que donne un long exercice, — charlatanisme, hallucination même, tout peut ■ concourir à les expliquer, nous devons cependant dire, pour être impartial et vrai, que malgré le contrôle le plus sévère auquel les fakirs et les initiés se sont toujours prêtés volontiers, nous ne sommes jamais parvenu à ,en prendre un seul en flagrant délit de supercherie... ce qui, nous le reconnaissons, n’est pas une preuve irréfragable de leur bonne foi.

Le missionnaire Hue, qui reud compte également de quelques-uns de ces phénomènes, dont il a été témoin au Thibet, pas plus que nous n’a pu en surprendre le secret.

(i) La Bible dans l’Inde, — les Fils de Dieu, — Christna et le Christ,

— Histoire des Vierges, — la Genèse de l’Humanité, — Fétichisme, Pohj théisme, Monothéisme. *— Lacroix, éditeur.

LA DOCTRINE DES PITRIS

Nous ne faisons nulle difficulté d’avouer également que nous n’avons pas connu, ni dans l’Inde, ni à Ceylan, un seul européen, même parmi les plus anciens résidents, qui ait pu nous indiquer quels étaient les moyens employés par les sectateurs des pitris pour la production de ces phénomènes...

Est-ce à dire que nous croyons à l’intervention des invisibles?...\

Nous ne sommes pas un adepte du spiritisme., et si nous estimons que la négation quand même est un acte que l’homme

dans sa faiblesse n’a guère le droit de se permettre nous

devons ajouter d’autre part, que l’affirmation scientifique n’a le devoir de se produire, qu’après un long examen, basé sur des preuves contradictoires.

Nous restons donc, suivant la position prise dans notre préface, l’historien pur et simple de faits, dans lesquels les uns verront des manifestations occultes, d’autres d’habiles jongleries indoues. \

Il est cependant un certain nombre de phénomènes que, sans nous engager plus que de raison, nous serions portés à attribuer à des forces naturelles dont l’homme n’a pas encore saisi les lois.

Quelles sont ces forces? ou plutôt cette force que les Indous placent tout entière dans le fluide pur Agasa dirigé par les esprits ?

Nous ne sommes et ne pouvons pas être une autorité sur ce point... Mais chaque fois que nous voyons attaquer par le dédain ou l’ironie l’illustre William Crookes, membre de la Société royale de Londres, en raison des études auxquelles il se livre, pour^ arriver à découvrir les lois de cette force, involontairement nous reviennent en mémoire les paroles suivantes de Galvani, à qui le monde occidental^ doit les premières expériences sur l’électricité ;

(1) L’Inde a connu ce fluide dès lapins haute antiquité.

m LE SPliUTISME DANS LE MONDE.

« Je suis attaqué par deux catégories de personnes différentes, les savants et les ignorants. Toutes deux me tournent en ridicule, et me traitent de mailre de danse des grenouilles. Cependant je crois avoir découvert une des plus grandes forces de la nature. »

En résumé, sur certains faits qui n’ont rien de commun avec les. évocations, apparitions et manifestations surnaturelles, et qui ne contredisent pas formellement lesloisde la nature, faits physiques qui n’ont rien de plus merveilleux que les résultats produits par l’électricité, nous pensons que la négation o\iY affirmation, après une étude approfondie et scientifique, valent mieux que la négation ou V affirmation a priori.

La négation a priori nous la connaissons. N’a-t-elle pas déjà proscrit la vapeur et l’électricité?

Les phénomènes dont nous allons rendre compte appartiennent aux trois catégories suivantes :

1° Les faits et phénomènes de manifestations extérieures^ obtenus par une force spirite , et Iq plus souvent à l’aide d’objets matériels,

2° Les faits d’ordre magnétique et somnambulique ,

3° Les phénomènes d’évocations et'd’apparitions, et d’apports. d’objets matériels par les esprits.

La première catégorie de phénomènes est d’un contrôle .facile en apparence, nous dirons ce que nous avons fait à ce .sujet dans la mesure du possible, sans exprimer cependant aucune opinion personnelle sur leurs causes.

Quant à la dernière, nous l’aurions supprimée de cet ouvrage, comme échappant à l’examen scientifique, si, nous rappelant que l’antiquité tout entière avait cru aux évocations et

LA DOCTRINE DES PIÏRIS

apparitions , que toutes les religions, le christianisme en tête, avaient compris ces phénomènes dans leurs mystères et leurs miracles, nous n’avions pensé qu’il y avait au moins un intérêt de curiosité historique à dévoiler la nature de ces pratiques singulières — encore en usage dans l’Inde, — destinées à agir sur l’esprit des masses, et qui ont fait la base de toutes les superstitions antiques.

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PHBî^OMÈNES ET MANIFESTATIONS EXTÉRIEURS

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