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LES INITIÉS DES TEMPLES ANCIENS

Ce n’est pas dans les ouvrages religieux do l’antiquité, tels que les Védas, le Zend-Avesta, la Bible, qu’il faut aller chercher l’expression exacte des croyances élevées de leur époque.

Écrits pour être lus, ou plutôt chantés dans les temples, aux jours de grandes fêtes, ces Livres de la loi, conçus dans un but de domination sacerdotale, n’avaient point mission de livrer au vulgaire, le secret des sciences, dont les prêtres et les initiés occupaient leurs loisirs.

« Souviens-toi, mon fils, disaient les brahmes indous au néophyte, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, maître souverain et principe de toutes choses, et que tout brahme doit l’adorer en secret. Mais sache aussi que c’est un mystère qui ne doit jamais être révélé au stupide vulgaire. Si tu le faisais, il t’arriverait de grands malheurs. »

La même prohibition se montre à chaque pas dans Manou.

« La Sainte Syllabe primitive, composée de trois lettres A - U - M, dans laquelle la Trinité védique est comprise, doit être gardée secrète... j»

(Manou, liv. xi, sloca 263.)

Ces trois lettres symbolisaient tous les secrets de l’initiation aux sciences occultes.

VHonover ou germe primordial que le Zend-Avesta définit ainsi :

cc Le pur, le saint, le prompt Honover, je vous le dis clairement, ô sage Zoroastrel existait avant le ciel, avant l’eau, avant la terre, avant les troupeaux, avant les arbres, avant le feu fils d’Ormuzd, avant l’homme pur, avant lesDeous, avant fout le monde, il existait avant tous les biens...» ne devait-il pas être également expliqué dans son essence, qu’aux Mages seuls? Le vulgaire ne pouvait même pas connaître l’existence de ce nom vénéré, sous peine d’être frappé de mort ou de folie.

La même défense était faite aux Kabalistes anciens, dans ce passage de la Mischna :

« Il est défendu d’expliquer à deux personnes l’histoire de la création ; même à une seule l’histoire de la Mercaba — ou histoire du char qui traitait des attributs de l’Être irrévélé ; — si cependant c’est un homme sage ou intelligent par lui-même, il est permis de lui en confier le sommaire des chapitres. »

Nous empruntons à Téminent hébraïsant A. Franck, de l’Institut, l’explication de ce curieux passage de la Kabale hébraïque. On va voir s’affirmer cette opinion que nous venons d’émettre, que l’expression exacte des croyances, des castes

LA DOCTRINE DES PITRIS

sacerdotales et des initiés ne se rencontrait pas dans les ouvrages dont la lecture était permise à la foule.

« Évidemment il ne peut être ici question du texte de la Genèse, ni de celui d’Ézéchiel, où le prophète raconte la vision qu’il eut sur les bords du fleuve Chébar.

L’Écriture tout entière était, pour ainsi dire, dans la bouche de toutle monde; de temps immémorial, les observateurs les plus scupuléux de toutes les traditions, se font un devoir de la parcourir dans leur temple, au moins une fois dans une année. Moïse lui-même ne cesse de recommander l’étude delà loi, par laquelle on entend universellement le Pentateuque. Esdras, après le retour de la captivité de Bâbylone,la lutà haute voix devant tout le peuple assemblé. Il est également impossible que les paraboles que nous venons de citer, expriment la défense de donner au récit de la création, et à la vision d’Ézéchiel, une explication quelconque, de chercher à les comprendre soimême, et de les faire comprendre aux autres. Il s’agit d’une interprétation ou plutôt d’une doctrine connue, mais enseignée avec mystère; d’un science non moins arrêtée dans sa forme que dans ses principes, puisqu’on sait comment elle se divise, puisqu’on nous la montre partagée en plusieurs chapitres dont chacun est précédé d’un sommaire. Or il faut remarquer que la vision d'Ézéchiel ne nous offre rien de semblable; elle remplit non pas plusieurs chapitres, mais un seul, précisément celui qui vient le premier dans les œuvres attribuées à ce prophète.

, Mous voyons de plus que cette doctrine secrète comprenait deux parties à laquelle on n’accorde pas la même importance : car l’une peut être enseignée à deux personnes, l’autre ne peut jamais être divulguée tout entière, même à une seule, quand elle devrait satisfaire aux sévères conditions qu’on impose.

Si nousien croyons Maïmonides, qui, étranger à la Kabale,

n’en pouvait cependant pas nier l’existence, la première moitié, celle qui a pour titre : Histoire de la Genèse ou de la Création^ enseignait la science de la nature. La seconde, qu’on appelle Mercaba ou Histoire du char, renfermait un traité de théologie. Cette opinion a été adoptée par tous les kabalistes L

Voici un autre passage où le même fait nous apparaît d’une manière non moins évidente :

a Rabbi Jochanan dit un jour à Rabi Éliézer : Viens que je t’enseigne la Mercaba. Alors ce dernier répondit : Je ne suis pas assez vieux pour cela. Quant il fut devenu vieux, Rabi Jochanan mourut, et quelque temps après Rabi Assi étant venu lui dire à son tour : Viens que je t’enseigne la Mercaba, il répliqua : Si je m’en étais cru digne, je l’aurais déjà apprise de Rabi Jochanan ton maître . »

On voit par ces mots que pour être initié à cette science mystérieuse de la Mercaba, il ne suffisait pas de se distinguer par l’intelligence et une éminente position, il fallait encore avoir atteint un âge assez avancé, et même lorsqu’on remplissait celte condition, également observée par les kabalistes modernes on ne se croyait pas toujours assez sûr ou de son intelligence ou de sa force morale pour accepter le poids de ces secrets redoutés., qui n’étaient pas absolument sans péril pour la foi positive, pour l’observance matérielle de la loiTeligieuse. En voici un curieux exemple rapporté parle Thalmud lui-même dans un langage allégorique dont il nous donne ensuite l’explication.

« D’après ce que nos maîtres nous ont enseigné, il y en a quatre qui sont entrés dans le jardin de délices, et voici leurs noms : Ben Asaï, Ben Zoma, Acher et Rabi Akiba.

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