‹ Le spiritisme dans le mondeChapitre 6 sur 74 · L’original n’exisle plus · texte numérisé non relu

L’original n’exisle plus

LA DOCTRINE DES PITRIS

Ben Asaï regarda d’un œil curieux et perdit la vie. On peut lui appliquer ce verset de l’Écriture : C’est une chose précieuse devant les yeux du Seigneur que la mort de ses saints.

Ben Zonia regarda aussi, mais il perdit la raison, et son sort justifie cette parabole du sage :)\vez-vous trouvé du miel? mangez-en ce qui vous suffit, de peur qu’en ayant pris avec excès vous ne le rejetiez.

Acher fit des ravages dans les plantations.

Enfin Akiba était entré en paix et sortit en paix, carie saint dont le nom soit béni avait dit : Qu’on épargne ce vieillard, il est digne de servir avec gloire. »

«11 n’est guère possible de prendre ce texte à la lettre, et de supposer qu’il s’agit ici d’une vision matérielle des splendeurs d’une autre vie;. car d’abord il est sans exemple que le Talinud, en parlant du Paradis, emploie le terme tout à fait mystique dont il fait usage dans ces lignes; ensuite comment admettre qu’après avoir contemplé de son vivant tes puissances qui attendent dans le ciel les élus, on en perde la foi ou la raison, comme il arrive à deux personnages de cette légende. Il faut donc reconnaître avec les autorités les plus respectées de la Synagogue, que le jardin de, délices, où sont entrés les quatre docteurs n’est autre chose que cette science mystérieuse dont nous avons parlé, science terrible pour les faibles intelliligences, puisqu’elle peut les conduire à la folie... »

Ce n’est pas sans motifs que nous n’avons rien voulu retrancher de cette longue citation; en outre qu’elle soutient notre proposition avec une incontestable autorité, elle nous permet de faire un rapprochement bien extraordinaire entre les doctrines des anciens kabalistes hébraïques et celles des Indous sectateurs des Pi tris — esprits. — Ces derniers en effet, ainsi que nous le verrons bientôt, n’admettaient à l’initiation, dans les temps anciens, que des vieillards, et leur livre de science, l’Agrouchada-Parikcbai, comme les livres des premiers ka-

i8 LE SPIIUÏISME DANS LE MONDE.

balistes, le, récit de la création,, la Mercaba, el en dernier lieu le Zohar, est divisé en trois parties, traitant :

l» Des attributs de Dieu;

2o Du monde ;

3 De' l’ànie humaine.

Dans une 4® partie, l’Agrouchada-Parikchai expose les relations entre elles des âmes universelles, indique les modes d'évocation à employer pour obtenir que les pitris consenlent à se manifester aux hommes, et à leur enseigner les vérités immortelles, selon le degré plus ou moins élevé de perfection que chacun de ces esprits a conquis par ses bonnes œuvres.

Les ouvrages de kabale hébraïque, et notamment le Zohar, ne contiennent pas cette quatrième partie, non que les kabalistes n’aient pas admis ces relations des âmes, désincarnées^ avec les âmes qui n’ont pas encore dépouillé leurs enveloppes mortelles, l’âme de Samuel évoquée devant Saül parlapythonisse d’Endor et les nombreuses apparitions bibliques sont là pour.prouverla croyance par le fait. Mais ils en faisaient l’objet de l’initiation du second degré, et ces terribles secrets devaient s’enseigner de vive voix seulement dans les asiles mystérieux des temples.

Ce n’est pas l’étude de Dieu et du monde qui pouvait conduire à la folie les faibles intelligences dont parle le passage du Talmud que nous venons de citer, mais bien les pratiques kabbalistiques d'évocation de l’initiation suprême.

« Quiconque, dit le Talmud, a été instruit de ce secret et le garde avec vigilance dans un cœur pur, peut compter sur l’amour de Dieu et sur la faveur des hommes ; son nom inspire le respect, sa science ne craint pas l’oubli, et il se trouve l’héritier de deux mondes, celui où nous vivons maintenant et le monde à venir. »

LA DOCTRINE DES PITRIS

Commenl pouvait-on connaître les secrets du monde à venir, si l’on ne recevait pas les communications de ceux qui l’habitaient déjà.

Nous verrons que le Zohar des kabalistes, et l’Agrouchada- Parikchai des Indous professent les mêmes idées sur le germe primordial Dieu, le monde et l’âme. Nous inclinons donc à croire que nous sommes bien dans le vrai, lorsque nous pensons que l’enseignement des pratiques, que ne craint pas de dévoiler l’ouvrage indou, se donnait pour ainsi dire à l’oreille chez les anciens Thanaïmsdu judaïsme.

Il y a du reste des pagodes dans l’Inde, où cette quatrième partie de l'Agrouchada est séparée des trois autres, et forme pour ainsi dire un livre à part, ce qui prêterait à supposer qu’elle n’était révélée qu’en dernier lieu, et à un petit nombre d’adeptes seulement.

Ajoutons que kabalistes en Judée, et sectateurs des Pitris dans l’Inde se servaient de la même expression pour désigner uh adepte des sciences occultes ;

Il est entré au jardin de délices !

Aucun ouvrage de doctrine ne nous est parvenu des Égyptiens et des anciens Chaldéens sur ces matières, mais les fragments d’inscriptions que nous possédons prouvent qu’une initiation supérieure exista également chez ces deux peuples. Le grand nom, le nom mystérieux, le nom suprême, qui n’était connu que d’Ea, ne devait jamais être prononcé.

Ainsi, il est hors de doute que l’initiation, dans l’antiquilé, ne fut pas la connaissance des grands ouvrages religieux de l’époque, Védas, Zend-Avesta, Bible, etc., que tout le monde étudiait, mais bien l’accession d’un petit nombre de prêtres et de savants à une science occulte qui avait sa genèse, sa théologie, sa philosophie et ses pratiques particulières, dont la révélation était interdite au vulgaire.

L’Inde a conservé toutes les richesses manuscrites de sa civilisation primitive, ses initiés n’ont abandonné aucune des croyances et des pratiques anciennes.

Nous allons donc pouvoir soulever complètement le voile de l’initiation brahmanique.

Puis après avoir comparé les doctrines philosophiques des adeptes des Pitris, avec celles .des kabalistes juifs, nous dirons par quels points de contact les initiés des autres nations de l’antiquité se rattachent aux initiés des pagodes indoues.

f.A DOCTRINE DES PITRIS.

Page 1