APPARITIONS LUMINEUSES
Ces phénomènes, étant assez faibles, demandent généralement que la chambre soit dans l’obscurité ; ai-je besoin de certifier à mes lecteurs que toutes les plus strictes précautions avaient été prises, par moi, pour empêcher qu’on ne pût attribuer ces lueurs à de l’huile phosphoréeou à d’autres moyens? De plus, je dois ajouter que j’ai essayé bien des fois à imiter ces lumières et que je n’ai rien obtenu.
J’ai vu, sous les conditions du plus scrupuleux contrôle, un corps lumineux solide, à peu près de la forme et de la grosseur d’un œuf de dinde, llotter sans bruit autour de l’appartement, une fois plus haut que le plus haut des assistants, et redescendre doucement à terre ; le corps a été visible plus de dix minutes, et avant de s’évanouir il a frappé trois fois la table, rendant un son semblable à celui que produit un corps solide très-dur.
Pendant ce temps, le médium était couché sur une chaise longue. Il était réellement insensible.
J’ai vu des points lumineux apparaître de place en place, et s’arrêter sur la tête de différentes personnes ; on a répondu à mes questions par la production (d’un certain nombre que j’avais limité) de flammes d’une vive lumière juste en face de moi. J’ai vu des étincelles de lumière s’élever de la table au plafond et retomber sur la table en rendant un son métallique très-distinct.
J’ai obtenu une communication alphabétique qui m’a été donnée au moyen de flammes se produisant dans l’air, en lace de moi, flammes parmi lesquelles je promenais ma main. J’ai vu un nuage lumineux flottant au-dessus d’une pendule. Plusieurs fois, un corps solide lumineux, paraissant être en cristal, fut apporté dans ma main par une main qui ne pouvait assurément appartenir à une personne présente. Avec 1a lumière, j’ai vu un nuage lumineux voltiger au-dessus d’un héliotrope placé au bout de la table, casser une branche de cet héliotrope et la porter à une dame. J’ai vu plusieurs fois des nuages semblables se condenser, prendre la forme d’une main et porter de petits objets ; mais ceci appartient à la classe des phénomènes suivants.
APPARITIONS DE MAINS LUMINEUSES PAR ELLES-MÊMES OU VISIBLES A l’aide DE LA LUMIÈRE.
Des attouchements donnés par des mains invisibles sont fréquemment ressentis dans des séances données dans l’obscurité ; mais bien plus rarement j’ai vu les mains ; je ne parlerai cependant, ici, que des cas où je les ai vues avec la lumière.
Une charmante petite main s’éleva d’une table de salle à manger et me donna une fleur ; cette main apparut et disparut trois fois, me donnant la facilité de me convaincre qu’elle était aussi réelle que la mienne. Cela eut lieu avec la lumière, dans ma propre chambre, pendant que je tenais les pieds et les mains du médium.
NOTES SUR DES RECHERCHES
L'ue autre fois, une petite main et un petit bras, qui paraissaient appartenir à un enfant, apparurent jouant sur une daine qui était assise près de moi ; puis, ensuite, ils vinrent frapper mon bras et tirer mon habit à plusieurs reprises.
Une autre fois, un doigt et un pouce furent aperçus effeuillant une fleur que M. Home portait à sa boutonnière et posant chaque pétale en face de plusieurs personnes qui étaient assises près de lui.
Une main fut plusieurs fois vue, par moi et d’autres personnes, jouant de Taccordéon. Pendant ce temps^ les mains du médium étaient tenues par les personnes assises près de lui. *
Les mains et les doigts ne m’ont pas toujours semblé être solides et animés. Quelquefois, vraiment, ils ressemblaient plutôt à une apparence nébuleuse, condensée en partie, de façon à prendre la forme d’une main. Ces phénomènes ne sont pas toujours également visibles pour toutes les personnes présentes. Par exemple : on voit une fleur ou un autre petit objet se mouvoir ; une personne présente verra un nuage lumineux voltiger au-dessus ; une autre apercevra une main fluidique, pendant que les autres ne verront que le mouvement de la fleur.
J'ai vu plus d’une fois, d’abord remuer un objet, puis une forme nuageuse apparaître, et enfin le nuage se condenser de façon à représenter une main parfaitement formée. Dans ce cas, la main est visible pour toutes les personnes présentes. Ce n’est pas toujours une simple forme, mais quelquefois l’apparition d’une main parfaitement animée et gracieuse; les doigts se meuvent et la-chair paraît être aussi humaine que celle de toutes les personnes présentes. Au poignet ou bras, cela devient nébuleux et se confond dans une espèce de nuage lumineux.
Parfois ces mains m’ont paru froides comme de la glace et
mortes; d’autres fois, chaudes et vivantes, serrant ma main avec la pression chaleureuse d’un vieil ami.
Une fois, j’ai retenu une de ces mains, résolu à ne point la laisser échapper. Cette main ne fit aucun effort pour se dégager, mais je sentis qu’elle se réduisait en vapeur et se dégageait de mon étreinte.
\ ÉCRIT ÜRE DIRECTE.
Cette dénomination est employée pour désigner une écriture qui n’est produite par aucune des personnes présentes. J’ai eu souvent des mots écrits sur du papier timbré à mon chiffre, sous le plus strict contrôle possible, et j’ai entendu le crayon remuer dans l’obscurité.
Ces cas, grâce aux précautions que j’avais prises pour m’assurer de leur identité, m’ont convaincu tout aussi bien que si j’avais vu l’écriture se former ; mais l’espace ne me permet pas d’entrer dans tous les détails, je me bornerai donc à mentionner deux circonstances dans lesquelles mes yeux aussi bien que mes oreilles ont été les témoins de l’opération.
La première de ces opérations eut lieu, à la vérité, dans une séance obscure, mais le résultat n’en fut pas moins satisfaisant; j’étais assis auprès du médium miss Fox; les seules personnes présentes étaient ma femme et une dame de nos connaissances. Je tenais les deux mains du médium dans une des miennes, pendant que ses pieds étaient posés sur les miens. Le papier était sur la table, devant nous, et ma main inoccupée tenait un crayon .
NOTES SUR DES REGHERGHES
Une main lumineuse descendit de l’endroit le plus élevé de la chambre, et après avoir plané quelques secondes au-dessus de moi, prit le crayon de ma main, écrivit rapidement sur une feuille de papier, rejeta le crayon et s’éleva au-dessus de nos têtes en s’évanouissant graduellement.
Ma seconde expérience peut être considérée comme un échec. Un bon échec quelquefois enseigne d’avantage que l’expérience la plus satisfaisante. Gela eut lieu avec la lumière, dans ma propre chambre, avec M. Home et quelques amis seulement. Plusieurs circonstances qu’il n’est pas nécessaire de rapporter, nous avaient montré que ce soir-là le fluide était très-fort; j’exprimai alors le désir d’obtenir un message écrit, semblable à celui dont j’avais entendu parler quelques temps avant par Tun de mes amis. Immédiatement après, j’obtins la communication alphabétique suivante : « Nous essayerons. » Quelques feuilles de papier et un crayon furent alors posés sur la table ; quelques instants après, le crayon s’éleva sur sa pointe et après- s’être avancé sur le papier par des secousses hésitantes, il tomba, il se releVa et retomba encore. Un troisième essai n’obtint pas de meilleurs résultats. Après ces trois tentatives infructueuses, une petite latte qui se trouvait sur la table glissa vers le crayon, et s’éleva à quelques pouces de la table, le crayon fit de même, et s’accrochant ensemble, ils firent un effort pour écrire sur le papier. Après trois essais sans résultat, la latte abandonna le crayon et retourna à sa place ; le crayon retomba sur le papier et nous reçûmes celte communication : « Nous avons essayé de faire ce que vous nous avez demandé, mais nous ne le pouvons pas : c’était au-dessus de nos forces. »