FANTOMES, FORMES, FIGURES
Ce sont les cas les plus rares. Les conditions requises pour ces apparitions sont si délicates, que la moindre des choses empêche cet ordre de manifestations. Je mentionnerai simplement deux cas .
Au déclin du jour, pendant une séance de M. Home, chez moi, les rideaux d’une fenêtre située à peu près à 8 pieds loin de M. Home, s’agitèrent; puis une forme d’homme, d’abord obscure, ensuite un peu éclairée, puis enfin demi-transparente, fut vue par tous les assistants, agitant les rideaux avec sa main. Pendant que nous la regardions, cette forme s’évanouit, et les rideaux cessèrent de se mouvoir.
Le fait suivant est encore plus frappant : comme dans le premier cas, M. Home était le médium; la forme d’un fantôme vint d’un coin de la chambre, prit un accordéon et glissa dans l’appartement en jouant de cet instrument; toutes les personnes présentes virent cette forme pendant plusieurs minutes. — Venant à s’approcher très-près d’une dame qui
était assise un peu plus loin que les autres assistants, le fan-
tome s’évanouit après un petit cri de cette dame. — Pendant ce temps M. Home était aussi parfaitement visible.
DIFFÉRENTS CAS PROUVANT l’iNTERVENTION d’uNE INTELLIGENCE EXTÉRIEURE.
Il a été déjà démontré que ces phénomènes sont gouvernés-
NOTES SUR DES RECHERCHES
par une intelligence. La question, maintenant, est de savoir quelle est la source de cette intelligence : Est-ce l’intelligence du médium ou celle d’une autre personne présente? ou bien, est- ce une intelligence extérieure? Sans parler positivement sur ce point, je puis dire que pendant mes observations, plusieurs circonstances paraissaient montrer que la volonté et l’intelligence du médium contribuaient beaucoup au phénomène ; j’ai observé que certains cas prouvent, d’une façon concluante, l’intervention d’une intelligence extérieure, ne pouvant appartenir à aucune des personnes présentes . L’espace ne me permet pas de donner ici tous les arguments qui prouvent ce que j’avance. Je mentionnerai brièvement un ou deux faits remarquables parmi tant d’autres que je puis citer.
En ma présence, plusieurs phénomènes ont eu lieu en même temps, quelques-uns n’étant point connus du médium. J’ai vu miss Fox, écrivant automatiquement un message pour une personne présente, pendant qu’une communication pour une autre personne lui était donnée au moyen de coups frappés, et parler en même temps à une troisième personne sur un sujet complètement différent des deux autres.
Le fait suivant est encore plus frappant peut-être : — Pendant une séance avec M. Home, une petite latte que j’ai déjà mentionnée, traversa la table, vint à moi, en pleine lumière, et me donna un message au moyen de petits coups frappés sur ma main. Je répétais l’alphabet, et la latte me frappait quand j’avais prononcé la lettre convenable. L’autre bout de la latte reposait sur la table, à une certaine distance des mains de M. Home. Les coups étaient si précis et si clairs, et la latte était si bien dirigée par une puissance invisible qui en conduisait les mouvements, que je dis : « L’intelligence qui dirige les mouvements de cette latte , peut-elle changer le caractère de ces mouvements et me donner un message télé-
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graphique, par l’alphabet de Morse, en coniinuant de frapper sur ma main .
Je savais très-bien que nulle des personnes présentes ne connaissait le code de Morse ; moi-même je ne le connaissais qu’imparfaitement. Immédiatement après, le caractère des coups changea et le message fut continué de la façon demandée. Les lettres me furent données si rapidement, que je pus à peine en saisir quelques mots par-ci par-lîi; conséquemment, je perdis le message, mais j’en compris assez pour me convaincre qu’il y avait là un bon opérateur de Morse.
Une autre fois, une dame écrivait automatiquement au moyen de la planchette; j’essayais alors de trouver un moyen pour prouver que cette écriture n’était pas due à un mouvement inconscient de son cerveau. La planchette, comme elle le fait toujours, indiquait très-bien ce qui suit : qu’étant mise en mouvement par la main et le bras de la dame, la volonté dirigeante appartenait à un être invisible, qui, en employant le système cérébral de cette personne, en jouait comme on le ' fait sur un instrument de musique; et c’est ainsi que l’être invisible faisait mouvoir ses muscles. Je dis alors à cette intelligence : « Pouvez-vous voir ce qu’il y a dans cette chambre? » « Oui, » écrivit la planchette. « Pouvez-vous lire ce journal? » dis-je en mettant mon doigt sur un numéro du Times qui était derrière moi, mais sans le regarder : « Oui, » fut la réponse de la planchette. « Bien, dis-je, si vous pouvez le voir, écrivez le mot qui est maintenant couvert par mon doigt et je vous croirai. » La planchette commença à se mouvoir doucement et avec grande difficulté ; le mot « however » fut écrit.. Je me retournai et je vis que le mot «however» était couvert par le bout de mon doigt.
J'avais exprès évité de regarder le journal en faisant cette expérience; il était impossible à la dame d’avoir vu aucun des mots du journal, car elle était assise à une table, et le Times
NOTES SUR DES RECHERCHES
était sur une autre table placée derrière mon corps qui le cachait complètement.
13e CLASSE
DIFFÉRENTS CAS d’uN CARACTÈRE COMPOSÉ.
Sous ce titre, je me propose de donner le récit de plusieurs faits qui ne peuvent être classés autrement, à cause de leur caractère complexe ; dans une douzaine j’en choisirai deux; le premier eut lieu en présence de miss Kate Fox ; pour le rendre bien intelligible, je dois entrer dans quelques détails.
Miss Fox avait promis de me donner une séance chez moi, un soir du printemps dernier. Pendant que je l’attendais, une dame de notre connaissance était avec mes deux fils aînés, assise dans la salle à manger, lieu ordinaire de nos séances ; pendant ce temps j’étais seul dans ma bibliothèque. Entendant une voiture s’arrêter et sonner à ma porte, j’ouvris à miss Fox et la conduisis dans la salle à manger, car elle ne pouvait rester longtemps; elle déposa son châle et son chapeau sur une chaise. Je dis alors à mes deux fils d’aller dans la bibliothèque où j’avais préparé leurs leçons ; je fermai la porte à clef derixière moi, et, selon mon habitude pendant les séances, je mis la clef dans ma poche.
Nous nous assîmes, miss Fox à ma droite et l’autre dame à ma gauche. Un message alphabétique nous fut donné, recora- .mandant d’éteindre le gaz, ce que nous fîmes, et nous restâmes dans une obscurité complète. Un autre message nous fut donné dans les termes suivants : « Nous nous disposons à vous rendre témoins d’un phénomène comme preuve de notre .pouvoir. » Immédiatement nous entendîmes les sons d’une sonnette, qui ne demeura pas stationnaire et se dirigea dans
toutes les parties de la chambre, tantôt contre la muraille, tantôt dans un coin éloigné, me touchant la tête et môme frappant le parquet. Après s’être fait entendre ainsi dans la chambre, pendant plus de cinq minutes, elle tomba sur la table auprès de mes mains. Pendant ce temps, personne ne remua, et les mains de miss Fox demeurèrent parfaitement tranquilles dans les miennes.
Je me disais, ma petite sonnette n’a pu faire ce bruit, car je l’ai laissée dans la bibliothèque.
Quelques instants avant l’arrivée de miss Fox, j’avais eu besoin d’un livre qui se trouvait sur un coin de l’étagère, la cloche était sur le livre, et je l'avais mise de côté pour le prendre.
Ce petit incident me faisait très-bien souvenir que la sonnette était dans ma bibliothèque. Le gaz éclairant le corridor qui donne dans la salle à manger, eût pénétré dans cette chambre si la porte en eût été ouverte. Du reste, pour l’ouvrir il n’y avait qu’une clef et je l’avais dans ma poche. J’allumai une bougie et vis en face de moi ma sonnette ; j’allais immédiatement dans la bibliothèque, et au premier coup d’œil je m’aperçus que la sonnette n’était pas où je l’avais laissée. Je dis à mon fils aîné : « Savez-vous où est ma petite cloche? » « Oui, papa, elle est ici, » me répondit-il en désignant l’endroit où je l’avais laissée. Il regarda de ce côté tout en parlant et ajouta ces mots : « Non, elle n’est pas là, mais elle y était il n’y a qu’un instant. » — « Quelqu’un est-il venu la prendre? » — « Non, père, personne n!est venu, mais je suis sûr que la sonnette était là, car lorsque vous nous avez envoyés ici, J. (le plus jeune garçon) s’est mis à sonner de façon que je ne pouvais étudier ma leçon ; j’ai dû le prier de cesser. » J. appuya ce que son frère venait de dire, et assura qu’après s’être servi de la sonnette, il l’avait remise où il l’avait trouvée.
NOTES SUR DES RECHERCHES. 3o5
Le second cas eut lieu avec la lumière, un dimanche soir ; M. Home et quelques membres de ma famille étaient présents. Ma femme et 'moi nous avions passé la journée à la campagne et nous en rapportions quelques fleurs, que nous donnâmes à une servante pour les mettre dans l’eau. M. Home vint bientôt après, et nous allâmes immédiatement dans la salle à manger. Comme nous étions assis, la servante apporta les fleurs arrangées dans leur vase, et je les plaçai au milieu de la table qui n’avait point de nappe. C’était la première fois que M. Home voyait ces fleurs.
Après avoir obtenu plusieurs manifestations, la conversation tomb^ sur un point qui nous semblait inexplicable : sur la présomption que la matière peut traverser un corps solide. Làdessus le message suivant nous fut donné : « Il est impossible à la matière de passer au travers de la matière, mais nous vous montrerons ce que nous pouvons faire. » Nous attendîmes en silence, et bientôt une apparition lumineuse se montra, planant sur le bouquet; à la vue de tout le monde, un brin d’herbe de Chine, long de 0“ 45 c., qui faisait l’ornement du centre du bouquet, s’éleva doucement d’entre les autres fleurs et descendit sur la table, entre le vase et M. Home. L’herbe ne s’arrêta pas sur la table, mais passa au travers ; nous l’examinâmes avec beaucoup d’attention jusqu’à ce qu’elle fût passée entièrement. Après la disparition de l’herbe, ma femme, qui était assise auprès de M. Home, vit une main qui, sortant de dessous la table et entre eux, tenait le brin d’herbe, dont elle frappa sur son épaule deux ou trois coups, avec un bruit que chacun entendit ; puis elle posa l’herbe sur le parquet et disparut. Deux personnes seulement virent cette main, mais toutes les autres aperçurent le mouvement de l’herbe. Pendant ce terhps, les mains de M. Home étaient devant nos yeux, il les tenait parfaitement tranquilles, placées en face^ de lui, à un demi-mètre à peu près de l’endroit où l’herbe disparut. Le
meuble était une très-grande table de salle à manger, sans battants, s’ouvrant avec une vis; la jonction, des deux côtés, formait une petite fente dans le milieu. L’herbe avait passé par cette fente que je trouvai, en la mesurant large de 4 millimètres. La tige de l’herbe était trop grosse pour pouvoir supporter qu’on la fît passer par cette fente sans la briser, et pourtant nous l’avions tous vue passer sans peine, lentement, et quand nqus l’examinâmes, elle n’offrait pas la plus petite marque de pression; elle était intacte."